On dit souvent des ronds qu'ils sont bons vivants. Je crois que rien n'est plus faux. Une ronde passe la moitié de ses journées à se culpabiliser de ce qu'elle a ingurgité et l'autre moitié à regretter ce qu'elle s'est interdit de manger. Le pire c'est que cette frustration mortifère a souvent pour effet de la faire grossir.

On dit que les ronds sont affables et souriants, n'hésitent pas à rire d'eux même et à jouer les boute-en-train. Mais leur pardonnerait-on d'être désagréable ? Les gros sentent qu'ils n'ont pas le choix. C'est déjà bien assez d'imposer à la face du monde leurs kilos dégoulinants. S'ils n'ont pas la politesse de l'humour, c'est est trop. Le rond sait que la moindre de ses humeurs lui sera reprochée plus dûrement qu'à un autre. Il est donc condamné à sourire plus, à se moquer de lui même et accepter sans coup férir les plaisanteries minables sur sa surcharge pondérale.