La ronde passa des mois allongée, à couver. Autour d'elle, on louait son calme et sa patience. Ce que ses proches n'avaient pas l'air de comprendre, c'est qu'elle n'aurait échangé sa place contre rien au monde. Elle savourait au contraire chaque seconde de cette parenthèse enchantée. Cette pause hors du temps ne lui coûtait aucun effort, tant son corps n'aspirait qu'à la survie de ses bébés. Plus elle grossissait, plus elle s'épanouissait. Elle était trois et ne faisait plus qu'un.

Lorsque l'homme posait sa main sur ce ventre mouvant, la ronde savait qu'elle touchait du doigt l'instant parfait.