Je me lance. Je me souviens que la seule contrainte était d'introduire dans la nouvelle un élément de science-fiction.

Sally

Dix fois que Sally entre dans la cuisine et ressort. Il est 15 heures et la faim la tenaille. Enfin la faim... Plutôt l'envie de manger. Comme tous les mercredis après-midi, l'ennui et l'oisiveté aidant, Sally n'a que ça en tête. Jusque là, elle a résisté. Pour combien de temps ? Elle peut déjà sentir le carré de chocolat convoité fondre dans sa bouche et le jus sucré couler dans sa gorge. Le bien-être qui s'empare alors d'elle est indescritptible. L'espace d'un instant, plus de bruit, plus de peur. Elle s'oublie et devient elle-même ce chocolat en fusion. Lorsque sa salive redevient fade et sans saveur, le charme d'interrompt. Et la descente est aussi dûre que l'extase était bonne. La culpabilité s'immisce, pernicieuse et vicieuse, dans chaque parcelle de son corps. Une seule façon de la chasser: reprendre un autre carré.

Mais aujourd'hui, Sally voudrait arrêter ça. Faire autre chose. Faire quelque chose. Oublier cette boule qui pèse au creux de son ventre. Elle a dix-sept ans et elle pourrait en avoir 80 tant elle n'attend rien des années à venir. Si seulement tout pouvait être moins gris, si seulement elles n'étaient pas que deux dans cet appartement. Elle, et sa mère. Sa mère sans sourire.

La suite plus tard, peu de temps aujourd'hui...