Hier, à table, alors qu'on parlait du judo et du fait que lorsqu'on est trop léger, il est difficile de battre l'adversaire - enfin, vous l'aurez compris, la conversation avait lieu entre père et fils - l'homme expliquait à ses enfants que petit, il était tout freluquet, ce qui avait bien changé depuis. "Mais t'es pas du tout gros; papa", s'exclamèrent d'une seule voix mes chouchous. Ce qui soit-dit en passant est tout à fait vrai.

Puis, bien sûr, ce fut mon tour. "Et toi maman ? Tu étais comment quand t'étais petite ?"

"Moi, j'étais un peu ronde petite, et ça, ça n'a pas vraiment changé", répondis-je, m'efforçant de paraitre très à l'aise, tout en redoutant les fameuses "vérités" qui parfois s'échappent un peu trop de la bouche des enfants.

Mon fils, chair de ma chair, me regarda alors, réflechissant manifestement à la meilleure façon de me répondre. "Maman, tu n'es pas grosse du tout. En fait tu es presque mince." Et je sentis que tout était dans ce presque...