31 août 2006
Ciel bleu, avis de tempête
Il y avait du vent ce jour là. Tellement de vent que la méditerranée avait l'air de se prendre pour l'atlantique. Des vagues à première vue inoffensives se cassaient tout près du bord avec une violence inattendue.
La baignade devenant dangereuse, on est remontés dans notre appartement "vue sur mer" à flanc de rocher. Après le déjeuner, les enfants ont gentiment été invités à jouer dans leur chambre, pendant que nous prenions le café.
Un peu lasse et sonnée par ce mistral fou, je me suis allongée sur le canapé du balcon. A travers la rambarde et les pins parasols affolés, je voyais les petites barques amarrées disparaitre régulièrement dans le creux des vagues. Au dessus de moi, le ciel restait d'un bleu insolent, semblant ignorer les rafales.
L'homme s'est assis à mes côtés avec son journal. J'ai posé une jambe sur ses genoux et je me suis assoupie. Plongée dans un exquis demi-sommeil, j'imaginais les frolements de sa main sur ma cuisse. Etaient-ce les effleurements du vent, les effluves de pins mêlés à son eau de toilette ou la sensation d'interdit renforcée par les éclats de voix enfantines qui parfois parvenaient jusqu'à moi, je ne sais pas. Mais l'envie s'est faite plus pressante. Pourtant, je ne bougeais pas d'un milimètre. Parce qu'à cet instant précis, si des mots étaient prononcés, la chaleur qui commençait à m'embraser s'évanouirait, j'en étais sûre.
Alors je me suis tue, jouant mon éventuel plaisir à pile ou face. Je l'ai regardé lire, paupières mi-closes derrière mes vers fumés et de le savoir à la fois si accessible et si ignorant de ma secrète excitation n'a fait que l'exacerber.
Et puis soudain, comme dans un songe, j'ai senti sa main me frôler et se frayer un chemin. J'ai lu l'amusement puis le trouble sur son visage au fur et à mesure de sa progression. Sa caresse s'est alors faite plus fébrile et sa respiration s'est accélérée. Au cours de ces minutes suspendues, nous nous sommes à peine regardés, faisant mine, lui de terminer son article et moi d'observer les bateaux à bascule.
Pas un mot, pas un murmure. Mes soupirs se sont mêlés au bruissement des pins.
Après, je ne sais plus, tout s'est accéléré, tout s'est enchevêtré, les rires étouffés des enfants jouant dans leur chambre, les hurlements des goêlants et l'explosion des vagues. Il n'y avait plus que sa main, plus que cette chaleur. Plus que les bourrasques, plus que les crêtes mousseuses de la houle.
Il y avait du vent cet après-midi là. Quelques heures plus tôt, un homme s'était noyé.
Se souvenir, toujours, que le fil est fragile.
29 août 2006
Madonna et moi, la rencontre, suite
Donc, la suite...
21h33: La petite femme se met à chanter et là, l'expression "hystérie collective" est faible. Derrière elle il y a des écrans géants où passent en boucle des images hyper sexuelles d'elle avec des chevaux.
21h34: Madonna donne des coups de cravache à des hommes enchainés qu'elle tient en laisse. L'homme me regarde avec un sourire bizarre.
21h40: Changement de costume. En combinaison lamée, Madonna chevauche une sorte de selle pailletée et chante "Like a virgin". Elle fait des trucs avec son bassin qui prouvent bien qu'elle, ça fait tout de même un bail que sa virginité...
21h43: Cette femme n'a pas 48 ans.
21h44: Moi et mes birkenstock on n'a que 35 ans mais rien qu'à la regarder danser on est très fatiguées.
21h46: C'est un hologramme de Madonna. Personne ne devrait avoir le droit d'avoir ce corps là à 48 ans.
21h48: En fait c'est l'homme qui est devenu homosexuel, il fait les même choses que Madonna avec son bassin.
21h50: "Jumpez, jumpez", crie la Ciccone. 17000 personnes qui jumpent dans Bercy ça fait des vibrations étranges. Les mots Heysel et Furiani me viennent à l'esprit.
21h52: Je me rapelle soudain que je suis agoraphobe.
21h53: En pensée, je passe en revue le système ultraperfectionné de sécurité mis en place pour un événement pareil et je pense à tous ces pompiers et médecins du SAMU prêts à me réanimer au cas où mon coeur lache.
21h54: Ma crise de tachychardie commence à se calmer.
21h58: Madonna danse comme une possédée. C'est fou ce qu'une femme si petite peut avoir comme présence.
22h03: ""Le premier qui dit que c'est du play back je lui explose sa gueuuuuuuuuuule" hurle mon voisin.
22h04: Il a l'air super sérieux alors je ne lui dis surtout pas que tout de même y'a des moments où on l'entend drôlement mieux que d'autres.
22h05: "T'as raison, vu comme c'est faux parfois, ça peut pas être du play-back", je dis, d'un air entendu à l'homme. Non parce que je suis fan, d'accord, mais moi je ne suis pas comme ces 17000 malades, là. J'ai su garder raison, recul et sens critique.
22h06: Vu le regard qu'il me lance, l'homme n'a pas su garder raison, recul et sens critique.
22h15: Madonna est en smocking blanc et elle danse sur Music. J'oublie mon recul et mon sens critique et je dis merde à ma tachycardie.
22h16: Je shake my hands, my humps et tout ce qui peut bouger dans mon corps et dont je ne connais pas le nom en anglais.
22h45: Les chansons défilent et ma vie avec. Ladisla Bonita me rappelle ma meilleure amie de lycée. "Tell me" une nuit magique, "Erotic"...
22h50: La boule à facette qui était remontée redescend. Bercy devient tout rose. Madonna arrive perchée sur des talons de 20 cm et gansée dans un justaucorps étincelant.
22h51: "ça va être hung uuuuuuuuuuuuuuup"!!! vocifère mon voisin, les yeux exhorbités.
22h51: J'ai peur de mon voisin.
22h52: Je réalise que mon voisin, c'est l'homme.
22h53: Bercy est transformé en dance floor. C'est la folie. "Times goes by. So slowly". On est en totale fusion avec elle. D'ailleurs on sent qu'elle non plus n'a pas envie que ça se termine. On est 17000 et pourtant on ne fait qu'un.
22h54: Là je crois qu'on lui a montré que le public parisien c'est quand même autre chose. D'ailleurs, même de là où je suis on sent qu'elle est émue. Il s'est passé quelque chose de spécial.
23h00: Les dernières notes de "Hung up" s'évanouissent dans le ciel étoilé de Bercy. J'ai l'impression qu'il est 6h du matin.
23h01: Madonna a disparu. Les lumières s'allument.
23h02: "Mais elle est ouuuuuuuuuuuuuu ?", hurle l'homme, comme un possédé. Mon voisin de gauche m'explique qu'elle part toujours comme ça, sans rappel, sans rien. "On serait les premiers avec lesquels elle reviendrait", me dit-il.
23h03: Je suis sûre qu'au fond d'elle elle aurait voulu revenir. Tout ça c'est sûrement la faute de son manager. Sans compter qu'elle a des enfants, cette femme. Pas facile de gérer tout ça. Et puis bon, comme ça ça se termine sur un instant de communion inoubliable.
22h04: L'homme me dit qu'il a l'impression d'avoir été interrompu en plein coït.
23h05: Madonna, si tu reviens je t'explose ta gueule.
28 août 2006
Madonna et moi, la rencontre.
Bon, à la demande générale et aussi parce que je ne PEUX pas passer sous silence une soirée comme celle-ci, voici, heure par heure, minute par minute, le déroulé de ce jour où j'ai rencontré Madonna...
9H00: Je me lève avec un coin de soleil dans la tête, ce soir je vais voir Madonna avec l'homme.
9h02: Je me rappelle le prix des places et je demande pardon intérieurement à mes enfants. C'était Madonna ou leur compte épargne.
9h10: Je n'ai rien à me mettre pour rencontrer Madonna.
11h00: Après plusieurs essais déprimants - je n'ai tout compte fait pas à proprement parler maigri pendant mes vacances - je décide d'aller à contre sens des 17 000 personnes qui seront avec moi ce soir et de jouer la carte de la sobriété. Madonna saura apprécier, j'en suis sûre.
11h02: Je retrouve une paire de stilletos quasiment jamais mis, avec ça, la simplicité prendra toute sa dimension de classitude absolue. Madonna, accroche toi, tu vas recevoir une leçon de mode parisienne.
11h15, 12H08, 13h45, 16h56, 17h12... : Je vais voir madonnaaaaaaaaaa !
18h16: Après deux mois de Birkenstock, mes pieds ont manifestement décidé de changer de vie. Ils se sont pour ainsi dire légèrement étalés et pris la forme... de mes birkenstock. Je remets au fond du placard mes talons aiguilles.
19h30: Je pars voir Madonna en Birkenstock.
19h32: La honte sur moi et toute ma génération.
20h00: Pour aller à contre courant, je suis allée à contre courant. Personne n'a opté pour le sobre, il y a des madonnas partout, période Like a virgin, période In bed with Madonna, période gothique, disco, etc. Les gens doivent penser que je me suis trompée de concert. Au mieux je ressemble à une fan de Cabrel.
20h01: Je n'ai rien contre les fans de Cabrel, d'ailleurs à mes heures, j'aime beaucoup Cabrel. C'est juste que j'ai mal choisi mon jour pour ressembler à une fan de Cabrel.
20h03: L'homme en assez que j'essaie de cacher mes chaussures. Il me rappelle que les 17 000 madonnas qui sont ici ne sont pas venues pour moi.
20h04: C'est un peu douloureux mais ça remet les choses à leur place.
20h05: On doit être le seul couple hétéro du public, ça aussi c'est la honte.
20h12: A coté de moi c'est Philippe Manoeuvre. Il regarde mes Birkenstock, je sens qu'il a la nausée.
20h13: Je me suis trompée, devant il y a Loana et Jean-Edouard, on est deux couples hétéros.
20h14: Ah non, Loana vient de se retourner, elle a un zizi et de la moustache.
21h00: On est enfin assis dans les gradins. On est bien placés, ça valait le coup de sacrifier les études des enfants.
21h12: Toute la salle trépigne, on appelle Louise, la Ciccone, la Madone, Madonna, quoi.
21h30: Les lumières s'éteignent. 17 000 personnes qui retiennent leur souffle, ça fait du bruit.
21h31: Une énorme boule à facettes descend du plafond, la musique vrombit, 16698 garçons sensibles sont au bord de l'évanouissement.
21h32: "Elle est à l'intérieuuuuuuuuuuuur", hurle mon voisin en transe.
21h33: Elle est à l'intérieuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuur", répètes-je à moitié en larmes à l'homme.
21h34: La boule à facettes s'ouvre. Elle est à l'intérieuuuuuuuuuuuuuuuuuuur !
21h35: Je ne sais pas si c'est la ferveur collective, les 45°, la boule à facettes, la petite femme en costume de cavalière qui en sort auréolée d'un je ne sais quoi qui donne des frissons, mais je dois l'avouer. A cet instant, je pleure.
21h36: Je me tourne vers mon voisin, il pleure aussi mais lui il n'a pas honte.
21h37: C'est officiel, je suis homosexuel.
A suivre...
27 août 2006
Madonna et moi
J'avais 15 ans à l'époque de "Like a virgin". Et j'étais vierge, moi. Ce qui ne m'empêchait pas de chanter à tue-tête ce tube interplanétaire, en prenant l'air de celle qui bien sûr ne l'était pas du tout. Vierge, je veux dire.
Et puis il y a eu "Papa don't preach". Et là, bien que toujours vierge - on ne rigole pas, je ne faisais évidemment pas partie des précoces à ce niveau là - je m'y croyais totalement. Moi aussi j'étais enceinte par accident, et moi non plus je ne voulais pas "loose my baby".
Quelque temps après - ou avant je ne me souviens pas très bien - il y a eu "Recherche Susan désepéremment".
Oui, bon, d'accord, là encore, toujours vierge. Je sais, je sais, je sais. Mais peu importe, depuis je ne regarde plus jamais un sèche-main dans les toilettes d'un resto pourri ou d'une aire d'autoroute sans revoir la Ciccone lever les bras pour y aérer ses aiselles trempées. Je crois que ce film a été parmi les premiers à me faire des guilis, là, oui, juste là. Le lendemain de la séance de cinéma, j'achetais une énorme croix gothique et je tentais une permanente pour ressembler à la Madone. Sauf que bien sûr, ma mère très bon chic bon genre et prof dans mon lycée a vite calmé mes ardeurs. A ce jour je n'ai toujours pas retrouvé mon médaillon incrusté de fausses pierres rouges et noires. Ne parlons pas de mes cheveux brulés et lamentablement crêpés qui n'ont jamais ressemblé au subtil décoiffé faussement gras de Madonna. En revanche, je me suis mise à fumer, en singeant Susan derrière les barreaux du poste de police. Franchement, peut-on trouver plus sexy ? Oui, bon, chez moi c'était tout de suite très vulgaire. Et puis le filtre se mouillait, et la cigarette finissait par pendouiller lamentablement.
Passons sur le reste de ses interprétations qui ne resteront pas dans les anales. Mais tout de même, dans Shanghai Surprise, elle séduit Sean Penn ! Et ça, ça vaut un navet, non ?
Après, l'eau a coulé sous les ponts, et malgré mes tonnes de complexes et de bourrelets, j'ai fini par perdre cette foutue virginité. Au moment où Louise s'est piquée de catholicisme aigü. Qu'à cela ne tienne, j'ai hurlé "Like a prayer" tout en fantasmant sur tout ce qui avait un zizi - oui, c'est souvent comme ça, lorsque qu'on fait ces choses là plus tard que tout le monde, on ressent le besoin idiot de se rattraper.
Et puis Madonna s'est affichée au lit avec des femmes dans un livre torride. Je ne l'ai pas suivie mais j'ai trouvé ça follement excitant malgré tout. Ensuite, j'ai un peu moins adhéré. La Kabbale et toutes ces conneries spirituo-sectaires, là, désolée, mais non. Je ne parle pas de ses 9 heures par jour de sport intensif et des trois graines qu'elle avale en guise de repas. Difficile de s'identifer. Mais ça ne m'a pas empêchée de continuer à danser sur ses rythmes tout à tout électros, techno puis disco.
Il me suffit aujourd'hui d'entendre "Hey mister DJ..." pour partir en live, oublier que j'ai 35 ans et 10 voire 15 bons kilos de trop. La boule à facettes se met à virevolter dans ma tête et le dance floor de mon salon n'a rien à envier à celui du Baron, du Cab' ou autre boite de la hype. Avec Madonna, la queen de la night qui sommeille en moi prend le power.
Inutile de vous dire que j'ai passé 47 fois Hung up au dernier réveillon, à tel point que même le plus sensible de mes copains gays en avait sa claque.
Pourquoi je vous raconte tout ça sur Madonna et moi ? Pourquoi ? Parce que ce soir...
JE SERAI A BERCY !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
26 août 2006
Trouver les mots
C'est l'histoire d'une femme qui saigne. Des flots ininterrompus depuis des mois, sans qu'aucun médecin ne comprenne. C'est l'histoire d'une femme qui pense que ce sang la rend folle, et qui va comprendre petit à petit que ces écoulements ne sont que l'expression de sa folie. C'est l'histoire d'une femme qui part à la découverte d'elle-même grâce à la psychanalyse. C'est l'histoire d'un sauvetage et d'une renaissance.
"Les mots pour le dire". J'ai découvert ce livre par Julie, dont je ne saurais que vous recommander encore et encore la lecture du blog, intitulé "Tout ce que j'aimais". J'ai dévoré ce petit ouvrage, comme on dévore un roman policier. Cette histoire n'est pas la mienne et pourtant, une porte s'est ouverte en moi.
Non seulement Marie Cardinal, l'auteure, parle avec une honnêteté et une simplicité incroyable de son long cheminement - sept ans - vers le recouvrement de la raison, mais elle fait en plus preuve d'une véritable poésie lorsqu'elle évoque l'Algérie et les souvenirs de son enfance. Pas à pas, on comprend avec elle pourquoi au fond de son ventre la "chose" a pris racine. Et à chaque révélation, on a la sensation qu'un noeud se défait aussi en nous. Bref, je ne trouve pas les mots, peut-être parce que cette lecture est trop récente. Mais je ne saurais que vous inviter à vous plonger dans ce petit livre, de ceux qui comptent et qui restent.
Mais peut-être l'avez-vous déjà fait, parce qu'à mon grand étonnement, moi qui n'avais jamais entendu parler de cet ouvrage - alors que je suis plutôt du style bouffeuse de bouquins - je découvre, en en parlant autour de moi, que bon nombre d'amis et de proches l'avaient déjà lu.
25 août 2006
Débriefing de vacances...
Avant de partir en vacances, j'avais donc pris de grandes résolutions, dont je vous avais fait part ici. Et bien figurez-vous que j'en ai tenu certaines.Mais siiiiiiii. Jugez plutôt.
J'ai VRAIMENT nagé jusqu'au bateau bleu. Une fois. Si je n'ai pas recommencé c'est parce que la méditerranée est beaucoup plus traitre qu'on ne croit et qu'un courant hyper fort a failli m'empêcher de revenir.
Tous les marins savent que la grande bleue est ultra vicieuse, alors ceux qui ricanent sont priés d'arrêter immédiatement.
J'ai couru sur la plage. A chaque fois que mon chapeau s'envolait. Et dans ces moments là, je vous garantis que j'ai pris conscience de mon corps.
Je n'ai pas lu Voici. Enfin, les premiers jours. Ensuite, j'ai trouvé une boutique qui vendait des journaux français. Alors là, j'avoue que me suis un peu lachée sur la presse people. De toutes façons, le sable était bien trop gros pour faire des chateaux de sable et mes enfants ont ado-ré Closer...
J'ai cuisiné les légumes et produits locaux.
Ben quoi, les pommes de terre du coin sont VRAIMENT réputées.
QUI a dit que la pomme de terre n'était pas un légume?
Et la tortilla, c'est pas une spécialité espagnole peut-être ? Hein ?HA !!! Casséééééé...
Bon, pour l'apéro, je ne vais pas essayer de raconter des salades.
Mais mais mais... Je n'ai pas bu de sangria
Je me suis gavée de Tinto de verrano.
Ok, je lache le morceau, le Tinto de verrano, c'est du vin rouge avec du soda au citron.
Je sais, il n'y a même pas de fruits dans le Tinto de verrano.
Quand à la dernière résolution... Comment dire ? Si je dis que malgré un régime sardines à l'huile, pan con tomate et à l'huile, tortilla à l'huile, calamars à la plancha et à l'huile, crème catalane et à l'huile, je n'ai apparemment pas grossi – si j'en crois mon jean fétiche, parce que nous avons décidé mon corps et moi de nous laisser quelques jours avant de monter sur la balance – , vous en déduisez quoi ?
Que j'ai fait du sport ? Et bien oui, il paraît que c'est du sport...
Bon, et vous, ces vacances ?
La maison rouvre...
Et voilà. Je suis là. Emue par tous les messages postés pendant mon absence. Vous m'avez manqué. Vous écrire, vous lire. Je savoure à l'avance le plaisir de vous retrouver, j'ai hâte de savoir comment se sont passées vos vacances ou vos non-vacances pour les moins chanceux.
Je vais tenter de répondre à chacun, mais d'ores et déjà, bienvenue aux nouveaux et nouvelles, il me semble que certains que je ne connaissais pas ont poussé la porte restée entrouverte pendant ces trois semaines. Le temps de reprendre mes esprits, de faire le tour du propriétaire, de me réhabituer aux lieux et de ranger deux trois choses et je reviens.
En attendant, voici une vraie ronde, photographiée à la dérobée sur une plage d'Espagne. Parce que je l'ai trouvée juste belle, dans ce deux-pièces à la Ségo R., amoureuse et langoureuse. Son homme ne se lassait pas de la couver du regard, il posait sans cesse ses mains sur ses courbes voluptueuses et une telle harmonie émanait d'eux que je n'ai pas résisté à l'envie de capturer leur image. De dos, pour ne pas violer leur droit à l'anonymat, bien sûr.
Je ne sais pas vous, mais personnellement, je trouve qu'elle aurait sa place dans un VERITABLE spécial rondes...
02 août 2006
"Cet été, je me prends en main..."
Alors voilà, ça y'est, ce soir je pars en vacances. Trois semaines loin de mon clavier, trois semaines de désintoxication bloguesque. Je ne sais ce qui va le plus me manquer, écrire ces billets, lire vos commentaires, vous répondre ou encore me promener sur vos plages heu, pages pardon...
Quoi qu'il en soit, je pars avec une tonne de bonnes résolutions que je ne tiendrai probablement pas - mais les résolutions n'est-ce pas fait pour ça ? - mais auxquelles pourtant je crois mordicus, en tous cas ce matin... Donc, c'est promis, c'est juré, c'est même craché, cette année, pendant mes vacances:
- Je laisse tomber les taboulés tous faits et je cuisine les produits locaux
- J'apprends enfin à mes enfants, à l'homme et à moi même apprécier à leur juste valeur les légumes.
- J'y vais mollo sur l'apéro.
- Je me lève plus tôt le matin pour aller courir sur la plage et vivre un vrai moment d'intimité avec mon corps. (Qui a ri ? hein ? QUI ?!!!)
- J'arrête de dire que j'ai grossi, même si là, à vrai dire, j'ai tout de même vraiment gr...
- J'ose le deux pièces sur la plage parce qu'après tout, des bourrelets bronzés, c'est toujours moins vilain que des bourrelets blancs.
- Je n'oublie pas que pour bronzer, même en deux pièces, il faut parfois enlever son paréo.
- Je nage VRAIMENT jusqu'au bateau bleu.
- Je fais des châteaux de sable avec mes enfants au lieu de me contenter d'un "je te regarde, je te regarde...", alors qu'en vrai je lis Voici.
- Je ne lis pas Voici.
- Je lis juste Gala.
- Je garde à l'esprit que la Sangria, c'est bien sûr des fruits mais aussi du vin et du sucre. Surtout du sucre, d'ailleurs.
- Au cas où j'aurais oublié cette dernière recommandation, ainsi que celle du footing matinal, des légumes et de l'apéro "mollo", je fais beaucoup, beaucoup beaucoup l'amour, parce qu'il parait que c'est aussi du sport.
Et vous ? Vous en avez des grandes résolutions ?
01 août 2006
Vous les femmes...
A vous toutes, qui hier et aujourd'hui, avez clamé votre colère contre l'hypocrisie manifeste des magasines féminins qui ne savent pas appeler un chat un chat. A vous toutes, que je ne connais pas mais que j'imagine, grandes, petites, minces, grosses, carrées, étroites, mal foutues ou super bien carossées, blondes, brunes, ou rousses, à peau grasse ou trop sèche, à la fesse plate, basse ou rebondie, je voulais juste vous dire que je vous aime.
Je vous aime d'être des femmes et de lutter un peu, beaucoup ou passionnément, tous les jours, contre ces forces obscures qui voudraient faire de nous de la chair à mâle, des poupées qui disent surtout oui, des filles bien faites et bien pensantes. Enfin bon, surtout bien faites.
Je vous aime d'oublier la date de vos règles, d'avoir des seins qui passé 20 ans regardent vers le bas, d'avoir le ventre plat mais un peu de cellulite là, oui là, exactement, d'aimer péter sous vos draps quand l'homme n'est pas là - ah bon, même quand il est là ? - de fumer comme un pompier ou d'avoir arrêté mais d'y penser quand même, de ne pas refuser parfois une bonne cuite ou de craquer pour un énorme pain au chocolat - ou un super saucisson d'Ardèche - alors que pourtant ce matin, la balance n'était pas de votre côté.
Je vous aime d'avoir eu des enfants et de revendiquer à la fois le droit de travailler ou pas, de séduire encore et toujours et d'en avoir marre, souvent, de ces enfants. Je vous aime de tenir debout alors qu'il est parti et d'avoir la grace d'en parler sans geindre. Je vous aime aussi de ne pas vouloir d'enfants parce qu'après tout votre corps c'est le votre, en premier. Je vous aime de mater les mecs et de trouver qu'ils ont un beau cul parce qu'après tout, y'a pas de raison.
Je sais, ce matin je fais mon Julien - d'ailleurs, Julien, je t'aime aussi - mais bon sang, femmes, je vous aime. Vous êtes belles, je n'en doute pas une seconde, n'en doutez pas non plus. Oui, toi qui pèse 100 kilos aussi, toi qui ne reconnais plus ton corps parce qu'un géranium a essayé de le manger, toi qui est grand-mère et toi qui ne lis pas encore ces lignes parce que tu n'as que six ans et que déjà, je suis si fière de toi...
Signé: Julio











