pantalonAprès avoir parlé des bottes qui n'ont été conçues que pour les filles aux mollets de mouche, je voudrais aborder en ce lundi un sujet crucial et traumatisant pour la ronde que je suis, le PANTALON.

Je ne sais pas vous mais moi, des tee-shirts, des pulls et des tuniques/djellabahs/burkas j'en ai des tonnes. C'est simple, je dois avoir douze hauts pour un pantalon. Et encore.

En gros deux jeans se battent en duel dans ma penderie. L'un est flambant neuf, acheté trop petit dans l'espoir imbécile qu'un jour j'entrerais dedans - ce qui ne s'est évidemment jamais produit. L'autre - mon chéri d'amour - est usé jusqu'à la corde, tout mou tout doux et pourtant n'a pas été porté non plus depuis dix ans, date à laquelle il moulait à la perfection mes fesses. Ok, il y en a un troisième, celui qui me fait la faveur de m'aller, mais que forcément j'aime moins, rapport au numéro de taille inscrit sur l'étiquette et qu'aujourd'hui encore, à 35 ans passés ce qui devrait faire de moi une femme mature, je n'assume pas.

Et puis il y a les autres pantalons, trois quatre, achetés en désespoir de cause et rarement portés.

Il y a le taille-basse. Au départ, le taille basse, tu te dis que c'est le bon plan quand tu as du ventre. Très vite pourtant tu te rends à l'évidence, le taille basse te donne des allures de buveur de bierre allemande. Le bouton ferme, certes, mais sous ton abdomen, qui rebondit sur la ceinture. Quand à tes poignées d'amour - si un jour je retrouve le stupide inventeur de ce nom débile, je le tue - elles sont sciées en deux par le pantalon taille basse, celui-ci n'ayant pas été inventé pour les filles grasses des hanches. Du coup c'est un peu comme si tu avais VRAIMENT des poignées de chaque côté, histoire que genre on puisse te faire sécher en cas de pluie. Pour couronner le tout, le taille basse te serre le kiki et laisse quasiment deviner la plus intime de tes anatomies. Un effet zezette moulée du meilleur goût.

En même temps, il y a aussi le taille haute qui te prend bien là, et qui enveloppe ton ventre façon obelix. Autant dire que ce n'est pas mieux. D'autant qu'après un repas normalement arrosé ton voisin d'en face a toutes les chances de se prendre ton bouton de pantalon dans la figure.

Il y a aussi le pantalon en tweed large qui ressemble à une jupe-culotte, celui à pinces qui te rajoute dix ans ou pire, le velours acheté un jour d'absence, en violet clair qui plus est, dans lequel bien sûr tu n'as jamais ressemblé à Sarah Jessica Parker qui portait pourtant exactement le même sur tous les quatre par trois de la ville.

Bref, le fait est qu'il est extrèmement difficile de trouver fût à son pied. Si de sucroit - c'est joli, non, "de surcroit" ? - cette garce de dame nature ne s'est pas contentée de vous refiler une dizaine de kilos totalement superflus mais vous a également ratiboisée de dix bons centimètres - oui, parfaitement, en VRAI j'aurais dû mesurer 1m75 - ça devient presque impossible.

Le plus dûr, c'est que les rares fois où vous vous retrouvez dans une cabine avec sur vous un pantalon ajusté à la perfection, ni trop bas de la taille ni trop haut du nombril, une de ces bénédictions de pantalons qui pourraient presque vous laisser penser que finalement vous n'êtes pas si mal foutue, et bien dans ces très rares occasions, se pose malgré tout une question essentielle: comment se débarrasser de ces douze mètres de tissu qui trainent par terre ?

Mesdames et messieurs les stylistes, j'ai en effet un scoop ! On peut TRES BIEN faire un bon 44 - même sous la torture je n'avouerai pas que c'est dans le 46 que je me sens le mieux - tout en atteignant péniblement le mètre soixante-trois. Oui, oui, oui c'est possible, tout à fait et parfaitement possible d'avoir à la fois un gros cul et être courte de la patte. Dingue, non ?

En général, malgré tout, le pantalon trop long, vous l'achetez, parce qu'en même temps il vous va et qu'on l'aura compris c'est pas un truc qui vous arrive tous les jours. "Après tout, une retouche ce n'est pas grand chose à faire", vous dites-vous. A ce moment là, vous avez deux options. La première, c'est de le faire faire par le magasin. Au bas mot, une rallonge de 30 euros. 200 FRANCS ! Alors que quand on y pense, ils devraient vous rendre de l'argent puisque tout de même ils COUPENT la moitié du pantalon !

Deuxième option, apporter votre butin à la retoucheuse du coin de la rue. Mauvaise idée. D'abord elle vous prendra autant que le magasin d'origine. Ensuite le résultat ne sera pas forcément à la hauteur - il faut dire que ma retoucheuse, adorable chinoise ne parlant que le mandarin, donne également dans l'épicerie, la téléphonie et le bibelot japonais. En gros, la couture n'est pas sa vocation première. Surtout, surtout, il y a le risque que vous n'y alliez JAMAIS. Parce que pas le temps, parce surtout la perspective de vous retrouver avec votre pantalon de Gulliver au milieu d'une boutique qui sent le curry avec des épingles plantées dans les chevilles ne vous fait pas délirer.

Personnellement en tous cas, je suis l'heureuse propriétaire d'une dizaine de pantalons trop longs, achetés au fil des années et jamais retouchés, et qui restent bien pliés dans leurs sacs.

Enfin tout ça, c'était avant GAP. Parce que chez GAP, ils ont inventé un truc de dingue: les trois tailles en longueur. Trois lettres qui ont changé ma vie: A (ankle = jambes  de naine), R (régular = jambes de naine moyenne) et L (long = jambes de garce). Est-il nécessaire que je précise laquelle est la mienne ?

GAP, je veux t'épouser. Même si tes jeans ils coûtent la peau de mes fesses, ils ont la gentillesse de vouloir les héberger. Mes fesses, je veux dire.