Pensées d'une ronde

Chroniques de la vie ordinaire d'une ronde. Les épreuves, les tracas, les visites chez le nutritionniste, etc

29 septembre 2006

Fausse manip

Alors aujourd'hui il faudra vous contenter du billet d'hier... Tout ça pour une bonne raison, le billet posté hier soir sur le nutritionniste altermondialiste était prévu pour aujourd'hui. Vous me suivez ? J'ai fait une fausse manip, quoi...

Et en plus, cela n'aura pas échappé aux plus perspicaces d'entre vous, c'est un vieux billet. Quelle faignasse je fais n'est-ce pas ? Remanié cependant, remanié... j'y tiens !

Allez, si quelques minutes s'offrent à moi je reviens.

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28 septembre 2006

Le nutritionniste altermondialiste

Au chapître des nuritionnistes il y a le fervent défenseur d'un nouvel équilibre alimentaire.

Ce médecin là ne te parle pas en kilos mais en IMC (Indice de masse corporelle), et rapport masse maigre/masse grasse. Tu n'y comprends absolument rien, mais c'est moins déprimant que les 15 kilos à perdre. Pour calculer tout ça, il te fait monter sur un appareil qui ne ressemble en rien à ta balance à toi - oui, celle que tu trafiques tous les matins en déplaçant innocemment la mollette - et qui par l'opération du Saint-esprit est capable de repérer tous les capitons que tu as en toi.

En deux secondes, sans AUCUNE préparation psychologique, tu apprends que tu es composée à 46% de matière grasse. Tu te dis alors que c'est plus que le camembert et que c'est sûrement trop. En revanche le médecin refuse de te donner ton poids, "parce que ce n'est pas ça qui compte". Là tu te fais un gros flip parce que c'est la première fois qu'un nutritionniste ne te balance pas tes dix ou quinze kilos à perdre à la figure et qu'à tous les coups c'est parce que là, c'est 20 ou 30 en trop que tu affiches au compteur.

Histoire de te saper définitivement le moral, l'adepte du nouvel équilibre alimentaire t'explique alors que tu ne seras jamais mince – ah ? – et que l'objectif est de réapprendre à manger – pourtant tu pensais que manger tu savais bien le faire -, en se faisant PLAISIR et en stabilisant son poids. Donc là, tu ne dois plus maigrir, mais plutôt arrêter de grossir.

C'est bien gentil tout ça, tu te dis, mais bon, là on est en avril et si tu viens à cette date là, c'est parce que t'as compté qu'il te reste trois mois avant l'été et que cette année, c'est la bonne. Alors bon, arrêter de prendre du poids, oui, mais pas que, si ?

Et bien si, l'adepte du nouvel équilibre alimentaire te gratifie d'un sermon digne d'un alter-mondialiste, t'expliquant qu'il faut arrêter de céder à la pression sociale et que pour le concours de mannequinat de toutes façons, ça fait un bail que c'est foutu. A ce moment là, ça y'est, tu le hais, comme les douze autres qui l'ont précédé. Mais comme tu vas lacher 80 euros tu tiens quand même à repartir avec quelques conseils.

Au final, après un discours ultra-scientifique sur les oligo-éléments les glucides lents et l'horloge nutri-biologique tu te retrouves tout de même avec un régime – pardon, un nouvel équilibre alimentaire – sans gras et sans sucre. La nouveauté vient plutôt du maintien des féculents. Le résultat est peu concluant : les premiers temps, tu te tiens à ce que Jose Bové t'a dit, mais petit à petit, tu ne manges plus que du pain – autorisé, certes, mais théoriquement en quantité restreinte – et tu arrives péniblement au bout d'un mois à perdre un kilo. Malgré tout, tu es contente et fière de toi, puisque l'objectif était de « stabiliser ». Hélas, José, lui, ne te félicite pas : tu as réussi, tout en perdant du poids, à passer à 50% de masse grasse. Tu ne sais pas comment c'est possible, d'ailleurs lui non plus.

Tu continues quelques mois à suivre les conseils qu'il te prodigue à chaque séance : cuire le poisson en papillote, remplacer l'huile par des herbes aromatiques ( ?), cuisiner les lasagnes sans pâtes, avec, à la place, des lamelles de courgettes (...), éliminer les carottes râpées, qui sont – si si !– de dangereux « pièges à gras », etc. Tu finis par rêver que tu te noies dans un gaspacho sans huile et que José Bové lui même t'appuie sur la tête. Plus personne ne veut venir manger chez toi. Lassée, tu espaces les visites et finis par ne jamais le revoir.

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Mon plaisir en solitaire

Ce mercredi, j'ai eu deux heures sans enfants - un conseil à toutes les futures mères, apprenez TRES VITE à vos petits l'importance capitale d'avoir des amis - et je les ai passées... sur mon canapé. Oui, je sais, il faisait beau, et j'aurais pu en profiter pour aller me promener. Seulement voilà, on est à la fin du mois et si je m'avise de glisser ma carte bleue dans quelque terminal que ce soit, il y a de fortes chances qu'on voie débouler le GIGN, les forces spéciales ou la garde républicaine.

Et puis de toutes façons, pour moi, rester deux heures, seule, totalement seule, à glander sur mon canapé, c'est comme qui dirait la quintessance du bonheur. Surtout qu'hier, c'était une vraie belle journée d'automne. La fenêtre de mon salon donnant sur un square, je pouvais voir les feuilles tout juste dorées des arbres. L'air entrait, frais juste comme il faut et ça sentait la noisette. Si, vraiment.

En somme, toutes les conditions étaient réunies pour que je puisse m'offrir un petit plaisir solitaire, le meilleur d'entre tous. ..

Noooooooon, stop, il ne sera pas question ici de sexe. Rangez vos "Sonia", ce n'est pas du tout de ça que je parle. Mon plaisir solitaire à moi - ok, parfois c'est mon sonia mais PAS LA - c'est un film. Toujours le même, regardé des dizaines et des dizaines de fois, sans que jamais je ne sois le moins du monde déçue.

Ce film là, il m'emmène à New-York, un jour d'automne qui sentirait la noisette. Il me téléporte à Central Park, ou dans un Deli appelé "chez Katz", où l'on mange les meilleurs bagels de la ville. Il me fait croire à l'amitié qui un jour devient de l'amour. Ce film là a la patine des jours heureux, il me ramène des années en arrière lorsque je croyais vraiment - imbécile... - qu'un jour l'amitié deviendrait de l'amour.

Ce film là c'est un gateau qui sort du four, un baume qui calme les douleurs, une histoire vieille comme le monde de deux amis qui un jour deviennent des amours.

Un jour, j'ai rencontré Harry qui rencontrait Sally. Et depuis ce jour, parfois, sur mon canapé, j'allume ma télé et je retrouve Meg et Billy, à Greenwich, à Soho ou Time Square... Pendant deux heures à peine, j'oublie alors la fureur et les cris, la terreur et l'ennui, j'oublie même ce con de Johnny. Je me pelotonne sur mon canapé et je goute aux délices de mon plaisir en solitaire...

H_S

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26 septembre 2006

C'est quoi ça sur ta tête ?

bonnet_de_bainUne fois tous les dix ans, je vais à la piscine. Je vous arrête tout de suite au cas où vous voudriez m'en féliciter, l'initiative ne vient jamais de moi.

C'est toujours le même scénario. Une copine, de préférence sublime - sinon ce ne serait pas drôle - semble décidée à me prendre en main et me propose, d'un ton ferme et sans appel, d'aller nager avec elle. Qu'est-ce qui motive ces amies touchées par la foi ? J'avoue qu'encore aujourd'hui je l'ignore. Tout ce que je sais c'est qu'en général la proposition n'est jamais réitérée. Il suffit d'une fois pour comprendre que la piscine et moi, ce n'est pas ça.

Donc, une fois que j'ai dit oui - au risque de me répéter, une fois tous les dix ans - et que j'ai fait part avec une vraie sincérité de mon enthousiasme à l'idée d'une telle expédition - enthousiasme dû au fait que les années passant j'OUBLIE, un peu comme on décide de refaire un enfant parce que le corps, cet imbécile, n'a pas de mémoire - une fois disais-je que j'ai dit oui, je commence à ressentir les premiers assauts de l'angoisse.

Je veux parler de l'angoisse de la piscine.

L'angoisse de la piscine, c'est, comment dire ? C'est l'angoisse du premier jour de plage en pire. A cause d'un truc qui parait peut-être vraiment anodin, un détail pour vous mais qui pour moi veut dire beaucoup: le bonnet de bain.

Celui qui a inventé le bonnet de bain est encore plus vicieux que celui qui a créé les Dim-Up. Comme chacun a pu le comprendre, la seule partie de mon anatomie avec laquelle je ne sois pas fachée, c'est ma chevelure. Elle n'a jamais failli, ne m'a jamais lachée, n'a jamais pris de cellulite, ne s'est pas ramollie au fil des ans et ne s'affaisse pas comme deux lacheurs de premier ordre que je ne nommerai pas mais qui se reconnaitront sûrement. Quand je suis boudinée dans mon maillot, mes cheveux me soutiennent, ils cachent mon visage gêné, ils flottent et j'en suis sûre détournent l'attention des regards cruels qui m'assaillent.

Mais le bonnet de bain gâche tout.

Déjà, personnellement, après avoir enfilé cet énorme préservatif même pas lubrifié, il me faut quelques minutes pour calmer ma crise de larmes. Et bien oui, c'est comme ça, moi quand on s'y prend à quinze pour me tirer les cheveux et tout spécialement les tous petits, les bébés qui poussent au creux de la nuque ou derrière les oreilles, je pleure. Parfois, même, je crie.

Une fois calmée, il faut affronter l'immense glace posée là uniquement pour remuer le couteau. Là tu te trouves face à une race de chien dont le nom m'échappe mais assurément de la famille des bouledogues, reconnaissable aux plis qui s'accumulent au-dessus des yeux. Un effet bizarre, qui te donne l'air à la fois très en colère et en même temps morte de rire, sans qu'un son ne sorte évidemment de ta gorge. En gros tu fais peur. Même à toi tu fais peur. Ne parlons pas des enfants qui pressent le pas quand ils te croisent. Bref tu te retrouves défigurée par un rictus horrible sans qu'il soit possible de changer ton expression. Même si tu le pouvais d'ailleurs tu ne le ferais pas parce que dès que tu essaies de soulever tes paupières, ça t'arrache les cheveux qui te restent.

Le bonnet est également à l'origine d'un effet d'optique curieux mais incontestable: il réduit le volume de ta tête. Est-ce nécessaire de préciser que du coup le reste parait plus gros?

Enfin, une fois que l'objet de torture a été retiré et avec lui les trois quarts de ce qui te restait de ta tignasse, il te laisse en souvenir une très esthétique marque rouge juste au dessus des yeux qui reste incrustée sur ton visage le reste de la journée. Un peu comme si ton front hurlait à qui veut l'entendre: "je suis allée à la pisciiiiiiiiine, moaaaaaaaaa".

Demain je vous raconterai ma séance de piscine...

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25 septembre 2006

Le casse-tête du pantalon

pantalonAprès avoir parlé des bottes qui n'ont été conçues que pour les filles aux mollets de mouche, je voudrais aborder en ce lundi un sujet crucial et traumatisant pour la ronde que je suis, le PANTALON.

Je ne sais pas vous mais moi, des tee-shirts, des pulls et des tuniques/djellabahs/burkas j'en ai des tonnes. C'est simple, je dois avoir douze hauts pour un pantalon. Et encore.

En gros deux jeans se battent en duel dans ma penderie. L'un est flambant neuf, acheté trop petit dans l'espoir imbécile qu'un jour j'entrerais dedans - ce qui ne s'est évidemment jamais produit. L'autre - mon chéri d'amour - est usé jusqu'à la corde, tout mou tout doux et pourtant n'a pas été porté non plus depuis dix ans, date à laquelle il moulait à la perfection mes fesses. Ok, il y en a un troisième, celui qui me fait la faveur de m'aller, mais que forcément j'aime moins, rapport au numéro de taille inscrit sur l'étiquette et qu'aujourd'hui encore, à 35 ans passés ce qui devrait faire de moi une femme mature, je n'assume pas.

Et puis il y a les autres pantalons, trois quatre, achetés en désespoir de cause et rarement portés.

Il y a le taille-basse. Au départ, le taille basse, tu te dis que c'est le bon plan quand tu as du ventre. Très vite pourtant tu te rends à l'évidence, le taille basse te donne des allures de buveur de bierre allemande. Le bouton ferme, certes, mais sous ton abdomen, qui rebondit sur la ceinture. Quand à tes poignées d'amour - si un jour je retrouve le stupide inventeur de ce nom débile, je le tue - elles sont sciées en deux par le pantalon taille basse, celui-ci n'ayant pas été inventé pour les filles grasses des hanches. Du coup c'est un peu comme si tu avais VRAIMENT des poignées de chaque côté, histoire que genre on puisse te faire sécher en cas de pluie. Pour couronner le tout, le taille basse te serre le kiki et laisse quasiment deviner la plus intime de tes anatomies. Un effet zezette moulée du meilleur goût.

En même temps, il y a aussi le taille haute qui te prend bien là, et qui enveloppe ton ventre façon obelix. Autant dire que ce n'est pas mieux. D'autant qu'après un repas normalement arrosé ton voisin d'en face a toutes les chances de se prendre ton bouton de pantalon dans la figure.

Il y a aussi le pantalon en tweed large qui ressemble à une jupe-culotte, celui à pinces qui te rajoute dix ans ou pire, le velours acheté un jour d'absence, en violet clair qui plus est, dans lequel bien sûr tu n'as jamais ressemblé à Sarah Jessica Parker qui portait pourtant exactement le même sur tous les quatre par trois de la ville.

Bref, le fait est qu'il est extrèmement difficile de trouver fût à son pied. Si de sucroit - c'est joli, non, "de surcroit" ? - cette garce de dame nature ne s'est pas contentée de vous refiler une dizaine de kilos totalement superflus mais vous a également ratiboisée de dix bons centimètres - oui, parfaitement, en VRAI j'aurais dû mesurer 1m75 - ça devient presque impossible.

Le plus dûr, c'est que les rares fois où vous vous retrouvez dans une cabine avec sur vous un pantalon ajusté à la perfection, ni trop bas de la taille ni trop haut du nombril, une de ces bénédictions de pantalons qui pourraient presque vous laisser penser que finalement vous n'êtes pas si mal foutue, et bien dans ces très rares occasions, se pose malgré tout une question essentielle: comment se débarrasser de ces douze mètres de tissu qui trainent par terre ?

Mesdames et messieurs les stylistes, j'ai en effet un scoop ! On peut TRES BIEN faire un bon 44 - même sous la torture je n'avouerai pas que c'est dans le 46 que je me sens le mieux - tout en atteignant péniblement le mètre soixante-trois. Oui, oui, oui c'est possible, tout à fait et parfaitement possible d'avoir à la fois un gros cul et être courte de la patte. Dingue, non ?

En général, malgré tout, le pantalon trop long, vous l'achetez, parce qu'en même temps il vous va et qu'on l'aura compris c'est pas un truc qui vous arrive tous les jours. "Après tout, une retouche ce n'est pas grand chose à faire", vous dites-vous. A ce moment là, vous avez deux options. La première, c'est de le faire faire par le magasin. Au bas mot, une rallonge de 30 euros. 200 FRANCS ! Alors que quand on y pense, ils devraient vous rendre de l'argent puisque tout de même ils COUPENT la moitié du pantalon !

Deuxième option, apporter votre butin à la retoucheuse du coin de la rue. Mauvaise idée. D'abord elle vous prendra autant que le magasin d'origine. Ensuite le résultat ne sera pas forcément à la hauteur - il faut dire que ma retoucheuse, adorable chinoise ne parlant que le mandarin, donne également dans l'épicerie, la téléphonie et le bibelot japonais. En gros, la couture n'est pas sa vocation première. Surtout, surtout, il y a le risque que vous n'y alliez JAMAIS. Parce que pas le temps, parce surtout la perspective de vous retrouver avec votre pantalon de Gulliver au milieu d'une boutique qui sent le curry avec des épingles plantées dans les chevilles ne vous fait pas délirer.

Personnellement en tous cas, je suis l'heureuse propriétaire d'une dizaine de pantalons trop longs, achetés au fil des années et jamais retouchés, et qui restent bien pliés dans leurs sacs.

Enfin tout ça, c'était avant GAP. Parce que chez GAP, ils ont inventé un truc de dingue: les trois tailles en longueur. Trois lettres qui ont changé ma vie: A (ankle = jambes  de naine), R (régular = jambes de naine moyenne) et L (long = jambes de garce). Est-il nécessaire que je précise laquelle est la mienne ?

GAP, je veux t'épouser. Même si tes jeans ils coûtent la peau de mes fesses, ils ont la gentillesse de vouloir les héberger. Mes fesses, je veux dire.

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24 septembre 2006

Mon blog de fille libéré

blogfille

Cela fait sept jours aujourd'hui que nous sommes sans nouvelles de notre confrère "Mon blog de fille", victime d'un enlèvement informatique. Ne l'oublions pas.

FLASH SPECIAL: Hélène est arrivée hier à Villacoublay en falcone. Le président et son épouse l'attendaient pour la féliciter de son courage et de sa dignité dans l'épreuve. A sa descente de l'avion elle était fraiche comme une rose, le cheveu lisse, le teint à peine brouillé et l'ongle manucuré.

Seule inquiétude: elle brandissait un tube de Nok en hurlant: "le cuisseau sanglant ne passera pas par moi". Les psychologues ne sont pas inquiets, ils expliquent ce comportement étrange par un choc post-traumatique.

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21 septembre 2006

Un soir, au Paradise hôtel...

paradise_afficheVous aimez Agatha Christie ? Vous aimez également l'humour au 345ème degré ? Vous aimez l'humour corrosif du Splendid à la sauce gay ? Vous aimez aussi les toutes petites salles de théâtre, celles où on s'entasse à quarante sur des bancs de velours rouge et dont le premier rang touche la scène ? En plus vous aimez la rue de la Gaîté avec tous ses théatres de boulevard ?

Et dites-moi, au fait, vous aimez l'aligot ?

Vous ne me suivez plus ? Alors je m'explique.

"Paradise Hôtel", c'est une pièce hilarante, qui jongle avec l'absurde, multiplie les références à la grande Agatha - bon ok, une Agatha qui aurait pris du poppers ou un peu d'extasy - et qui depuis des mois se joue au théâtre d'Edgar, probablement un des plus petits de Paris. Ce théâtre, il se trouve sur le bd Edgar Quinet, au 58 exactement, métro Edgar Quinet dans le 14ème à Paris. A deux pas de la rue de la Gaîté. Je ne vais pas vous raconter l'histoire, d'abord parce qu'il n'y aurait plus d'effet de surprise et puis aussi parce que c'est tout de même assez déjanté et que si je vous raconte, vous allez peut-être prendre peur. Disons qu'il y a du suspense, des meurtres, de l'amour, du sexe même. Il y a un frigo, très important le frigo, et aussi des bottes de pluies et un ciré jaune. Bon, disons que c'est un "Cluedo" façon "Priscilla folle du désert", quoi !

Sérieusement, c'est difficile de ne pas rire.

Et à part ça, me direz-vous, pourquoi l'aligot ? Parce que rue de la Gaîté, juste à côté donc du théâtre, pour ceux qui ne suivraient pas, se trouve le bien nommé "Plomb du Cantal". Dans lequel on vous sert de l'aligot et de la truffade à vous en faire péter la panse. Alors avant ou après le spectacle... Moi je dis ça, je ne dis rien !

Ah, j'oubliais, Stéphane Navarro, un des acteurs et accessoirement co-auteur de la pièce est un ami. Alors bien évidemment, je ne suis absolument pas objective !

PLACES :18€, Réduction Coll et Etud : 12€ (Sauf Samedi) Lundi tarif unique :12€, forfait 2 spectacles : 24€(Sauf Vend/Sam) Plein tarif veilles et jours de fête.

Représentations du lundi au samedi. Relâche dimanche
attention: relâche exceptionnnelle le 3 octobre - Tél: 01 42 79 97 97
Site du spectacle: http://www.paradise-hotel.info/

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20 septembre 2006

Un seul blog vous manque et tout est dépeuplé

blogfilleLe "Blog de fille" d'Hélène, la papesse du net, en tous cas la mienne, est en rade. Tout ça à cause d'un tsunami informatique, d'après ce que j'ai compris. Hélène nous donne quelques nouvelles sur les pages de Deedee.

Elle semble avoir décidé de lancer un nouveau blog d'ici la fin de semaine si Mabulle, son hébergeur, ne parvient pas à remettre les choses en place. Dès que cela sera fait, comptez sur moi pour vous refiler l'adresse.

En attendant, Hélène, sache qu'il me manque un truc. Je m'étais résolue à ne pas acheter Elle en me disant qu'après tout depuis peu, je l'avais ma madeleine, et tous les jours en plus...

Reviens-nous vite et bon courage

Posté par Caroline71 à 11:29 - Commentaires [30] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Un noisetier dans Paris...ça n'existe pas !

noisetierDans ma rue, il y a des noisetiers. Ils bordent un square et depuis quelques jours, ils perdent leurs fruits qui s'accumulent sur le trottoir, sans que personne ne songe à les rammasser. Manger des noisettes à Paris, ça ne vient pas à l'idée des hommes et des femmes pressés qui le soir se hâtent de regagner leur maison, en regardant leurs pieds.

Et puis hier, alors que je rentrais tard, à la nuit tombée, il y avait sous les noisetiers une famille. Le père, la mère, et trois ou quatre enfants. Ils venaient d'Inde ou du Pakistan, la mère aux cheveux longs était en sari. Le père avait le plus petit de ses fils sur ses épaules. Celui-ci, hilare, secouait les branches qu'il parvenait à saisir du bout des doigts. Les autres sautaient en criant de joie lorsqu'ils arrivaient à attraper quelques grappes.  La mère ramassait en souriant le butin. Lorsque je suis passée, l'un des gamins m'a tendu une noisette, comme ça, en m'assurant qu'elles étaient drôlement bonnes ces cacahuètes...

C'était un moment de joie. Je me suis dit que c'était un instant dont ces enfants se souviendraient plus tard. Un peu comme moi je me rappelle un cerisier dans lequel on grimpait l'été. Oui, c'est ça, je crois. Hier soir, j'ai traversé le souvenir à venir d'enfants venus de loin. J'ai traversé le bonheur des seules personnes du quartier qui aient pris le temps de lever la tête et d'admirer ces braves noisetiers qui d'année en année essaient d'attirer en vain l'attention des passants pressés.

Posté par Caroline71 à 10:47 - Pensées en vrac - Commentaires [18] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

19 septembre 2006

Quand Elle découvre l'anorexie...

elleBon, alors forcément, vous vous en doutez, va bien falloir que je parle un peu du Elle de cette semaine... Une fois n'est pas coutume n'est-ce pas ? Sauf que là, et bien voyez-vous, je ne l'ai pas acheté. Voilà, c'est la première fois depuis au moins cinq ans que je n'ai pas demandé à mon kiosquier adoré ma sucrerie du lundi, mon croissant hebdomadaire, ma gâterie de début de semaine. Mon Elle, quoi.

Je ne l'ai pas acheté parce que lundi matin, sur France-Inter, j'ai entendu que le dossier de ce numéro était consacré au drame de... tin tin tin, je vous le donne en mille: l'anorexie chez les actrices. Un titre du genre: "Les actrices ne cessent de maigrir. Enquête sur un phénomène inquiétant"

Je pousse un grand cri ? Je pousse un grand cri.

NOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOON ! Déconne !

Les actrices sont trop maigres ??? Et ce serait dangereux ? Même peut-être très maaal ? Un mauvais exemple pour les adolescentes qui pourraient être tentées de faire pareil pour ressembler à leurs idoles ? Ouh là là, berk berk berk l'anorexie, bah, pas toucher la maigreur, vilains les régimes dissociés, criminels ces gourous de la diététique. Très très graaaave... Pfeuh pfeuh pfeuh (là en fait il faut m'imaginer en train de faire semblant de cracher un truc dégueu)...

Alors là, vraiment, moi je dis, bravo. Bravo pour ce courage éditorial. Pour cette prise de risque maximale. Fallait oser. Même que parait-il qu'un photographe aurait le cran de dire que Nicole Kidman, avec ses 38 kilos, elle ne serait pas au top de la sexitude sur les photos. Ah, c'est vrai que la Nicole, elle manque un peu de... ben de tout, je crois. On a envie de lui acheter des joues. Le problème, c'est qu'il y a deux semaines, on la montrait encore en exemple dans ces mêmes pages pour son style, son allure, son choix de fringues, etc... Mais aujourd'hui, pouah pouah pouah, cache tes côtes Nicole, s'il te plait...

Enfin bref, ne faisons pas les mauvais esprits, "Elle" a levé un lièvre. La dictature de la maigreur aurait des effets néfastes sur toute une générations. Oui, je sais, ça fait un choc, c'est un truc qu'on ignorait. Un scoop pareil, ça laisse groggy un bon moment. Heureusement que parfois, il y a des journalistes qui tapent du poing sur la table.

Bon, je ne l'ai pas lu, hein, donc peut-être qu'il y a un mea culpa de la part de l'équipe du journal, pour toutes les fois où ces derniers temps des filles décharnées ont été brandies comme étendards de l'élégance et de la branchitude dès la deuxième page de l'hebdomadaire. Peut-être.

Mais je ne sais pas pourquoi, sans doute mon mauvais esprit, justement - rahhh, le coriace ! - j'en doute. Oh, des coupables, je leur fais confiance pour en trouver. La mode, sûrement, la publicité, ou l'industrie impitoyable du cinéma, le poids de la société, la météo, que sais-je...

Vous l'aurez compris, loin de trouver l'initiative bénéfique ou audacieuse, je la réprouve. Je la réprouve parce que montrer des corps osseux et maladifs c'est alimenter le voyeurisme et la curiosité malsaine des lectrices. Si "Elle" croit une seconde que regarder les articulations saillantes de Nicole Kidman va dégoûter les aspirantes à l'anorexie, elle se fourre le doigt dans l'oeil jusqu'à sa maigre omoplate. Au contraire, ces dernières y verront l'apologie de leur idéal de beauté et s'empresseront de découper ces clichés morbides pour les coller sur la porte de leur frigo, histoire de se motiver dans leur diète. Tout le monde sait bien qu'il y a un plaisir malsain à contempler ces corps squelettiques

Personnellement, je trouve que le courage éditorial, voire l'originalité aurait plutôt consisté à vanter la beauté de vraies girondes. Avec, sur la couverture, dans les pages modes, dans les pages people, partout, des seins, des fesses, des petits ventres rebondis. On ne donnera pas envie de manger aux jeunes filles en leur faisant soit-disant peur. En revanche, bouleverser leurs repères en glorifiant les formes, les pleins et les déliés, alors là, peut-être.

Mais une fois de plus je rêve. Je crains que plutôt, la semaine prochaine, "Elle" ou un de ses confrères frappe encore un grand coup: pourquoi pas par exemple un article sur la cocaïne, cette drogue atroooooce, qui coupe l'appétit, fait maigrir et donne de l'énergie ? Avec, deux pages plus loin, une série de clichés de Kate Moss, qui n'a jamais été plus tendance depuis qu'elle s'est fait chopper en aspirant la poussière du studio de Pete Doherty... De quoi décourager les plus téméraires, hein ?

Posté par Caroline71 à 08:30 - Commentaires [57] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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