littlemisssunshineposterbigUne petite fille replette à lunettes qui veut participer à un de ces fameux concours américains de "mini-miss". Son grand frère, ado révolté qui depuis neuf mois fait voeu de silence et se cache derrière une longue frange quand il ne parvient pas à retenir un sourire. Un oncle universitaire, homosexuel et suicidaire. Un grand père qui pourrait être notre professeur Choron à nous, lubrique et provocateur, viré de sa maison de retraite après avoir été surpris en train de sniffer de l'héro. Et puis le père, obsédé par sa théorie de la réussite qui pourtant va d'échecs en échecs. Enfin, la mère, un peu dépassée, mais très débordée d'amour pour cette tribu improbable.

Voilà, ce sont les personnages pas très glamour d'un petit film qui n'en finit pas de faire des entrées, "Little Miss Sunshine". Ils vous emmènent avec eux dans un combi WW jaune pour une épopée qui bien sûr les fera tous grandir d'une façon ou d'une autre. On rit, on pleure, on finit par trouver la rondouillarde Olive belle à pleurer. On a envie que Toni Collette, la mère, soit la notre, rien que pour cette scène de petit déjeuner sur l'autoroute. Un instant de tendresse pendant lequel une maman dit cette chose qu'on a toutes eu besoin d'entendre sans que ce soit toujours arrivé: "Pour moi tu es la plus belle, ronde ou non. Alors si tu as envie de cette glace, c'est toi qui décide, moi je t'aime".

ça n'a l'air de rien et écrit comme ça cela perd de son intensité mais Little Miss Sunshine c'est un film sur ça, sur la norme dont on se fout. "Fuck les concours de beauté, la vie n'est qu'une sucession de concours de beauté, refusons de nous y plier", explose dans une autre scène l'ado révolté.

Comment aurais-je pu ne pas aimer ?...

Allez-y, je vous garantis un grand sourire en sortant de la salle, un de ces sourires qui donne les larmes aux yeux.