robeA force de m'entendre râler comme un putois contre les magasines, les stylistes, les magasins, et que sais-je encore, je finirais presque par me fatiguer moi même. C'est dire si j'imagine à quel point vous aussi parfois vous pouvez en avoir ras le pompon. Alors aujourd'hui, ce sera un petit message d'espoir. Parce que figurez-vous que la semaine dernière, je me suis acheté... une ROBE. Oui, exactement, une robe. En plus, cette perle rare, cet objet de désir, ce rêve éveillé, je l'ai trouvé chez Zara. Et rien que pour ça, cet événement valait un billet.

Pour la première fois depuis dix ans j'ai donc acheté quelque chose d'autre qu'un tee-shirt - et encore jamais mis parce qu'en lycra genre seconde peau qui pue - chez Zara. Bon, je vous arrête tout de suite, ce n'est évidemment pas une robe pull. Si ça ne vous fait rien je ne reviendrai d'ailleurs pas sur ce douloureux épisode au cours lequel j'ai découvert non seulement mes deux seins supplémentaires mais aussi le chapelet de bourrelets qui se planquent dans mon dos, profitant lâchement du fait que je ne peux pas les voir.

Donc ce n'est pas une robe pull. Ce n'est pas non plus une robe chasuble, autre must have de l'hiver, parce que premièrement je n'ai plus 4 ans depuis 31 ans et deuxièmement je ne tiens pas à ce qu'on me demande "c'est pour quand" trois fois par jour.

Non, c'est une robe... robe. Taille XL. Avec des motifs... bof. Mais bon, elle m'allait. Je n'allais pas faire ma difficile non plus. Une robe qui me va ça n'a pas dû m'arriver depuis les années 80. Et encore. Non sans déconner, quand je l'ai essayée et que je l'ai passée sans me démonter une épaule ni entendre le moindre craquement de tissu, j'ai écrasé une larme de joie. Je me suis d'ailleurs empressée d'appeler la vendeuse pour lui montrer mon exploit. Mais forcément, hein, pour une fois que je ne vivais pas un psychodrame en cabine, y'avait plus personne. Ah, ça, pour ouvrir le rideau et vous prendre en flagrant délit de fermeture éclair coincée, écarlate et en sueur, elles sont toujours là, les charmantes hôtesses. Mais quand tout va bien, et bien vous avez juste le droit de triompher en solo. N'empêche que lorsque je suis sortie de ma cabine, j'ai hurlé d'une voix de stentor que oui oui oui, je prenais TOUT même cette paire de leggins en XL qui à l'instant présent me sert de caleçon de nuit et remonte au niveau des genoux après douze pas en moyenne.

Et donc j'ai ma robe, que je peux mettre avec des collants ou un jean, des ballerines ou des bottes. Cela n'a l'air de rien mais nom d'un chien, je l'avoue, je me sens carrément bombasse en robe. Sentir ce tissu vivre sa vie sur mon corps ça me fait des trucs. Limite je serais tentée de mettre un string.

Bon, forcément, il y a un hic. Un détail dont je ne m'étais pas forcément rendue compte en l'essayant. Pas grand chose, une pécadille, presque rien. Même pas un problème. Juste un paramètre imprévisible.

Assise, j'ai une autonomie respiratoire de 14 secondes environ.

Edit: Je ne pourrai vous lire que ce soir, je suis en déplacement toute la journée.