31 octobre 2006
Une ronde dans ton lit
Alors voilà. Après "Les noirs ont le rythme dans la peau", "les nains ont une grosse bite" , "les gays savent mieux faire la fête" ou "les femmes à lunettes aiment la quéquette", un nouveau poncif est en train d'émerger: "Les rondes sont de sacrées baiseuses". Je sais je suis vulgaire, mais c'est un effet secondaire de ma nouvelle célébrité, j'éprouve le besoin irrépressible de faire de plus en plus d'audience.
En tous cas, pour ce qui est des qualités particulières des filles pulpeuses, c'est le Elle qui nous le dit. Et vu que le Elle est en passe de devenir expert en rondes étant donnés le nombre d'articles que notre magazine chéri leur consacre - je vous le dis, y'a un filon, nom de nom ! - moi je les crois. D'ailleurs à titre personnel, ronde parmi les rondes, je dois vous avouer qu'au lit, je suis une bombe...
Bon, vous l'aurez compris, ça me chauffe. D'abord parce qu'évidemment, les femmes censées illustrer ces fameuses grosses expertes en kamasutra sont juste pas rondes, exemple:
Mais ça, comment dire... on commence à s'y faire...
Non, mais surtout, c'est quoi cette connerie ? D'où parce qu'on a des bourrelets on est meilleures amantes que les poids-plume ? Et là je m'adresse à vous, mes copines minces, révoltez-vous ! On vous traite ni plus ni moins de mauvais coups, là !
Ce genre de soit-disant vérités, moi j'appelle ça du racisme à l'envers. D'autant qu'à lire l'article, on apprend de la bouche d'éminents sexo-nutritio-socio-psychologues que les femmes mal dans leur peau sont forcément moins enclines à donner et recevoir du plaisir. Donc en fait, le message c'est surtout que les filles affamées par des régimes draconiens et hantées par la crainte de ne plus flotter dans le 36 ne sont pas super chaudasses, parce que complètement centrées sur leur frustration. Là c'est une info, bon, pas un scoop, mais une info intéressante: les régimes c'est mauvais pour la libido. Et c'est à mon avis là dessus qu'il fallait titrer. Et ça ne signifie pas que les grosses sont toutes des super pros du sexe, nuance. Ni que les maigres sont de vrais bonnets de nuit.
Quand on poursuit la lecture, on nous explique par ailleurs que les hommes - ah oui parce que bien sûr ce qui est sous entendu tout de même, c'est que notre but ultime dans la vie, surtout nous les pauvres grosses, c'est de séduire un mâaaaale - préfèrent avoir une fille bien pôtelée dans leur couche. En gros c'est parait-il moins cool de faire l'amour avec "une planche dûre qu'avec un édredon douillet". Soit-dit en passant, personnellement, le premier mec qui me compare à un édredon, je lui fais passer l'envie de me toucher pendant un bon moment. Sauf qu'en même temps, ils veulent pouvoir se montrer en public avec une bimbo, bien plus valorisante.
Le gros problème, c'est que passée cette fine analyse psychologique de l'homme d'aujourd'hui, on ne nous explique pas trop comment ce dernier peut faire pour résoudre ce dilemme: parader avec une top ou coucher avec un boudin ? Bah, moi je dis, faut pas se gêner les mecs ! Quand on hésite, faut prendre les deux, non ? De toutes façons, les grosses sont faites pour les plaisirs de la chair, c'est comme ça. Elles vont pas non plus exiger qu'on les sorte au resto, après tout elles devraient déjà être bien contente qu'on les saute, non ? Et puis quand vous aurez envie de danser, prenez une noire, parait qu'elles sont trop fortes sur le dance floor.
Non mais franchement. Je suis en colère. Ah, ça se voit ? Et ben tant qu'à faire, tant mieux. Faut pas me chatouiller à l'endroit de mon féminisme, c'est comme ça.
Une femme bonne au lit, c'est une femme qui aime et qui s'aime. Peu importe son poids. Si l'auteur de cette enquête a pu croire une seconde qu'en tant que ronde je pourrais être flattée de me voir qualifier de bonne, alors il y a un sérieux problème chez Elle. Les rondes sont des femmes. Comme les autres. Jamais on ne lira un article qui nous explique que les minces sont plus fortes en maths ou que les grandes font mieux la cuisine. Personnellement quand j'ai vraiment des kilos en trop - j'en ai globalement tout le temps mais certains jours moins que d'autres - je suis une catastrophe au plumard. Parce que je ne supporte pas l'image de mon corps en action. S'il suffisait d'avoir des gros seins et des fesses bombées pour savoir baiser, ça se saurait. Et si les hommes ne voient dans les filles enveloppées qu'un objet de jouissance je ne suis pas sûre que la cause des rondes aura avancé.
Et tant qu'à être de super mauvaise foi, ma devise à moi c'est qu'il n'y a pas de femmes frigides, il y a juste des mecs pas doués.
Voilà, c'est dit. Je sais, je m'emporte peut-être trop et certain(es) trouveront que j'exagère, que l'article n'est pas insultant, qu'il a pour intention de nous redonner confiance en nous. C'est vrai, les propos dans le texte sont plus nuancés que ne l'est le titre. Sauf que ce qui sera le plus lu, c'est le titre, à savoir, "Ce sont les hommes qui le disent: les rondes font mieux l'amour". Si c'est pas réducteur et racolleur, je suis soeur Emmanuelle.
Petite précision: si des femmes noires me lisent, ce que j'espère parce que le but c'est de parler à tout le monde, que les choses soient claires, mes allusions sont à prendre au second degré. Par ailleurs, je ne doute pas que certaines d'entre vous dansent très bien... ;-) C'est juste, on l'aura compris, que les généralisations de la sorte me semblent nauséabondes.
30 octobre 2006
Ma liberté commence là où s'arrête la tienne.
La scène se déroule un soir, après le boulot.
- Elle: Au fait, jeudi je sors avec mes collègues. ça ne te pose pas de problème ?
- Lui: Quels collègues ?
- Elle: Ben toujours les mêmes, Laurent, Pascale et Stéphane, pourquoi ?
- Lui: Tu l'aimes bien hein, ce Laurent ?
- Elle: Oui je l'aime bien, il est hyper drôle. Mais c'est juste un copain, tu le sais très bien. C'est même un collègue.
- Lui: N'empêche que tu l'aimes bien.
- Elle: Arrête.
- Lui: Non mais c'est juste que t'es déjà sortie la semaine dernière, alors je me dis que tu l'aimes bien.
- Elle: Ecoute, il faut que tu comprennes que moi j'ai besoin de voir du monde. C'est comme ça, je ne suis pas qu'une mère et une épouse. Je suis aussi une femme, tu vois ? Ce n'est pas bon d'être enfermée dans son couple. C'est pour nous que je sors aussi, tu comprends ? Pour qu'on ne se sclérose pas.
- Lui (narquois): Ouais c'est surtout pour aller picoler avec tes copains.
- Elle : Heu... Je... Non, pas seulement. Et quand bien même, j'ai le droit. Je suis libre que je sache, non ? On n'est plus au 19ème siècle. Je te rappelle qu'on a le droit de vote depuis un demi-siècle. Va falloir que tu sois un peu moins exclusif mon chéri. J'ai besoin de mon indépendance. Ce n'est pas contre toi c'est une question d'épanouissement personnel. D'ailleurs tu devrais faire pareil. Crois-moi jamais je ne t'empêcherai de sortir avec des copains. Je serai même RA-VIE que tu le fasses. Parce moi, que ce qui te fait plaisir me fait plaisir.
- Lui: C'est bon, c'est bon, Yvette Roudy. Sors avec tes copains mais le Laurent, là, il n'a pas intérêt à regarder tes seins.
- Elle (caline): T'es bête toi... Non mais tu sais, c'est important pour moi de bien m'entendre avec mes collègues. ça permet de décompresser, et puis ça rend le boulot plus humain, tu vois ?
- Lui: Je comprends, je comprends... Tiens, en parlant de collègues, tu sais, Patricia, et bien elle court avec Pierre et moi maintenant, le mercredi à midi. Et elle a été IMPRESSIONNEE par ma foulée.
- Elle (après un temps d'arrêt): Ah oui ? Et elle a rien d'autre à foutre que te regarder, cette garce ? Tu sais quoi ? Je t'interdis d'aller courir à partir de maintenant. Quelle salope tout de même. Elle sait que tu as des enfants ? Y'en a qui reculent devant rien, c'est incroyable. Et toi bien sûr, tu roucoules, hein ? Tu devrais avoir honte. Oui, honte, parfaitement. Tu n'as qu'à le dire si je ne te suffis plus. Tu sais quoi pour jeudi ? Et bien je vais mettre un grand décolleté.
29 octobre 2006
Jasmin
D'accord, c'est Axel Ganz qui est derrière. D'accord, Axel Ganz c'est le papa de Voici. D'accord, la maquette n'est pas aussi belle que celle du Elle. D'accord, la couverture est un peu "eighties". D'accord, "Jasmin", c'est un peu bizarre comme nom, pour un magasine féminin.
Mais franchement, si le numéro deux est à l'avenant du numéro un, alors peut-être bien que je vais devenir une fidèle. Parce que j'ai lu dans ce nouvel hebdo des articles censés, voire osés. Une enquête sur les tabous féminins révèle ainsi qu'avouer qu'on n'aime pas jouer avec ses enfants est plus choquant que de se vanter d'être échangiste. Je l'avoue ? Je ne suis pas échangiste. En revanche, les legos, les playmobils et les barbies, et bien... ça me barbe. C'est comme ça, je n'y arrive pas. "Alors pourquoi t'as fait des enfants, hein ?". Et bien... parce que j'aime des tonnes de choses dans le fait d'être mère, mais sûrement me mettre à quatre pattes pour jouer à Charlotte Aux fraises n'en fait pas partie. Et puis tant que j'y suis, les châteaux de sable, c'est une torture.
Mais revenons-en à Jasmin, le sujet de ce billet. Croyez-moi ou non, il n'y a PAS UN SEUL conseil minceur dans ce premier numéro. Si. Vous pouvez chercher, rien. Rien que pour ça, j'aurais envie de rouler un patin à ce grand Axel Ganz. Il y a aussi un certain Patrick Cabasset, qui s'insurge contre "L'invasion des poupées barbantes", faisant allusion aux nouvelles tops prépubères et à la mode actuelle qui non contente "de rajeunir les femmes, les renvoie en enfance". "Les femmes sont en voie de disparition, remplacées par les poupées barbies", ajoute ce grand journaliste. D'ailleurs à bien y réfléchir, c'est lui que je veux embrasser à pleine bouche. Et là où il y a une vraie cohérence, c'est que les filles photographiées ensuite dans les pages modes, et bien ce sont... des femmes. Ah, bien sûr, ce sont des belles femmes, grandes et minces. Mais elle n'ont pas l'air d'avoir 15 ans. Et elles ont des joues. ça n'a l'air de rien, mais ça remonte à quand la dernière fois que vous avez vu une mannequin qui avait des joues ? Ah ! Vous voyez !
Voilà, côté people c'est Ludivine Sagnier qui s'y colle, côté culture on apprend des tonnes de trucs sur la future Foire internationale d'art contemporain. Et puis il y a les inévitables critiques ciné. Et là, nouvelle surprise: ce sont de VRAIES critiques. Avec de VRAIS avis, positifs ou négatifs. C'est pareil, ça semble être un détail, mais pour moi c'est énorme.
Bon, pour conclure, je ne veux pas m'emballer trop vite, parce qu'encore une fois, c'était le premier numéro. Mais si ça continue de la sorte, j'en connais quelques unes qui vont devoir se remuer les méninges pour trouver des sujets un peu différents dans les semaines à venir. Parce que pour la première fois depuis longtemps, je ne suis pas bien sûre que demain, lundi, ce soit le Elle qui accompagne mon trajet en bus et me console de ne plus être en week-end...
27 octobre 2006
Le questionnaire qui tue sa race
The questionnaire...
Après avoir été harcelée par Hélène, j'emboite le pas à Pomme, Julie et Laure et je vous livre mes réponses affligeantes à ce questionnaire au demeurant amusant...
1) Attrapez le livre le plus proche, allez à la page 18 et écrivez la 4ème ligne :
Ananas, [nm], pinapple. C'est mon mini Larousse Français/Anglais. Ben oui, je suis au boulot.
2) Sans vérifier, quelle heure est-il ?
Mmmmm... pas loin de 18h30, je vais pouvoir rentrer à ma maison d'ici peu.
3) Vérifiez :
16h12.
C'est absolument impossible il y a une heure il était 15h55.
Donnez moi une corde.
4) Que portez-vous ?
La poisse, souvent. Du coup je porte Chance, de Chanel. Pour compenser.
5) Avant de répondre à ce questionnaire, que regardiez-vous ?
La bande annonce de la sixième saison de 24h. Désolée pour ceusses et celles qui n'aiment pas Jack Bauer mais là présentement je dois le confesser j'ai mouillé ma culotte.
Pardon, j'ai tellement envie d'être plus drôle qu'Hélène, Pomme, Julie et Laure que je viens d'aller trop loin, je m'en rends compte. J'ai dérapé.
Et en plus je vais, comme Julie, me faire licencier.
6) Quel bruit entendez-vous à part celui de l'ordinateur ?
Le raclement de gorge caractéristique et EXTREMEMENT irritant de mon collègue d'en face.
Egalement le grincement de ma chaise, qui semble ne faire ce bruit atroce que sous le poids de mes fesses à moi. Les objets me détestent, surtout ma chaise de bureau.
7) Quand êtes-vous sortie la dernière fois, qu'avez-vous fait ?
Je préfère ne pas répondre à cette question, c'est ma vie privée.
Tout ce que je peux dire c'est qu'il ressemblait à Georges Clooney.
Je déconne.
8) Avez-vous rêvé cette nuit ?
Oui. Un horrible cauchemard. Mon homme me hurlait dessus au téléphone et finissait par se foutre de moi avec une méchanceté que je ne lui soupçonnais pas. Depuis, je lui en veux terriblement, parce que ça ne se fait pas de crier aussi fort alors que je suis en galère, complètement nue dans une gare surbondée et qu'on vient de me piquer mon sac avec toutes mes affaires dedans.
9) Quand avez-vous ri la dernière fois ?
Là tout de suite, parce que c'est terrible mais je me trouve hilarante.
10) Qu'y a t'il sur les murs de la pièce où vous êtes ?
Des affiches pourries qu'on a collées pour rendre la pièce délabrée qui nous sert de bureau un peu moins glauque, une carte de Paris à ma gauche et derrière moi une carte du monde. En dessous, une photo de mes deux lascars prise à Saint Tropez en aout 2005. Et là du coup je viens de les regarder et je me dis que c'est tout de même étonnant qu'une fille qui peut avoir la vulgarité de se vanter de mouiller sa culotte devant Jack Bauer ait pu donner naissance à deux anges pareils.
11) Si vous deveniez multimillionnaire dans la nuit, quelle est la première chose que vous achèteriez ?
Une maison dans Paris, très exactement celle qui fait l'angle avec le pont Sully et la rue Saint Louis en l'Ile et qui parait-il a été habitée par Jeanne Moreau. Si. C'est le monsieur des bateaux mouche qui l'a dit. Et même si c'est Michèle Torr qui l'a habitée, elle me va quand même.
12) Quel est le dernier film que vous ayez vu ?
"Dans Paris". Romain Duris, je tiens d'ailleurs à te féliciter parce que tu t'améliores de film en film. Et dans cet espèce de caleçon en coton tout mou tout doux, tu es tout simplement... torride.
13) Avez-vous vu quelque chose d'étrange aujourd'hui ?
Oui, du crottin de cheval sur le trottoir de la rue monge. Après enquête il semble que la garde républicaine sorte ses chevaux dans le coin.
14) Que pensez-vous de ce questionnaire ?
Que c'est une torture, à force de vouloir être fine et drôle je réalise que je suis juste parvenue à être d'une grossièreté sans nom.
15) Dites-nous quelque chose de vous que ne savons pas encore :
J'ai été membre du fan club de Rose Laurens. Seules les filles qui avaient 13 ans aux alentours de 1984 peuvent comprendre la honte que j'éprouve aujourd'hui. "Africa, j'ai envie de danser... Comme toi... j'ai envie de chanter... AFRICAAAA"
16) Quel serait le prénom de votre enfant si c'était une fille ?
Je ne pourrai jamais faire mieux qu'Autoroute, Hélène je ne m'en remets pas.
Ma fille s'appelle L.
17) Quel serait le prénom de votre enfant si c'était un garçon ?
Pareil, pas mieux que Butagaz.
Mon fils s'appelle M.
18) Avez-vous déjà pensé à vivre à l'étranger ?
Oui, à Bruxelles. Si, bien sûr que c'est l'étranger.
19) Que voudriez-vous que Dieu vous dise lorsque vous franchirez les portes du paradis ?
M'en fiche de ce qu'il me dit, si quelqu'un me parle alors que je suis morte alors pour moi c'est que je ne suis pas morte. Et comme j'ai tout de même très peur de mourir, c'est en soi une bonne nouvelle.
20) Si vous pouviez changer quelque chose dans le monde en dehors de la culpabilité et la politique, que changeriez-vous ?
Non mais là, si je ne réponds pas la faim dans le monde je passe pour un monstre. Julie, laisse moi te dire d'ailleurs que le coup des apparts, c'est pas joli joli. Quand à toi Hélène, si tu crois que c'est par une boutade de la sorte qu'on se sort de ce genre de questions, et bien je ne te félicite pas. Non, je ferais comme Pomme, je changerais tout et je consacrerais ma vie à l'amour. D'ailleurs peut-être qu'on s'aimerait avec Pomme. Parce qu'avec Julie et Hélène ce ne serait pas possible, elles sont trop matérialistes.
21) Aimez-vous danser ?
Si se déhancher de manière obscène à contre-temps signifie danser, oui j'adore.
22) Georges Bush ?
Si on peut pas faire autrement, mieux vaut marcher dessus avec le pied gauche, parait que ça porte bonheur.
23) Quelle est la dernière chose que vous ayez regardée à la télévision ?
"Urgences". Abby fait un bébé avec Kovazc. ça n'a l'air de rien mais c'est une info énorme. On avait pas eu d'enfant au Cook County depuis que Weaver était tombée enceinte de sa copine pompier. Ou l'inverse.
24) Quelles sont les 4 personnes qui doivent prendre le relais sur leur blog ?
Je crois que là, j'ai définitivement mis la barre trop haut. Mais qui m'aime relève le défi...
26 octobre 2006
La meilleure mangue du monde
Elle était parfaite. La couleur d'abord. D'un orange doré inimitable. Et puis l'apparence, lisse, juteuse sans être spongieuse. La présentation était soignée, chaque moitié était précoupée, quadrillée comme un damier. C'était une mangue parfaite. A la fois douce et adiculée en bouche, fondante sans qu'aucun filament ne vienne se coincer dans nos dents. Oui, ce mercredi là, ma fille, mon fils et moi, nous avons mangé la mangue idéale. "La meilleure du monde", comme l'ont immédiatement baptisée les enfants.
C'était il y a longtemps, peut-être un an. Depuis, tous les mercredis, on tente de la retrouver. On part à la chasse aux mangues parfaites. Le rituel est toujours le même. Vers 12h30, on se rend, munis de crayons et de feuilles de papier, dans notre petit restaurant vietnamien préféré, juste à coté. On commande toujours la même chose, des nems pour mon fils, du riz cantonnais pour ma fille et un bo-bun pour moi. En attendant les plats, les enfants dessinent des princesses et des spiderman. Moi je fais des "ah" et des "oh" tellement c'est beau, et puis je rêvasse. Parfois aussi on parle, des copains, de Jean-Thomas le mytho qui cette semaine est un espion, d'Aïcha qui est devenue gentille, de Jade qui est trop forte à la corde à sauter ou de Théophile qui s'est fait baisser le pantalon à la récré, la honte.
On mange assez vite nos plats, qui ont le grand mérite d'avoir toujours le même goût. Ensuite, je pose toujours la même question, comme si le doute était possible: "On prendrait pas une mangue ?". Et immanquablement bien sûr, on commande le fruit chéri, avec trois cuillères s'il vous plait.
Quand elle arrive, on la jauge, chacun y va de son commentaire. Trop jaune, trop blanche, elle n'a pas l'air mure, elle est à point on dirait... Puis on attrape le premier morceau. Dès la première bouchée, le verdict tombe. Bonne mais pas assez sucrée, un peu fadasse, trop filandreuse, pas assez de jus, presque parfaite. Quelques fois, on se rapproche de notre idéal, de notre référence ultime, la mangue étalon, la meilleure du monde. La dernière fois, on était à deux doigts de décréter qu'on y était, mais finalement non, un poil trop acide.
Je crois qu'on sait, eux et moi, au fond de nous, qu'on ne la retrouvera jamais. Je crois même qu'on sait que certaines des dizaines de mangues goûtées depuis étaient peut-être aussi bonnes voire meilleures. Mais voilà, elles n'y peuvent rien, la fameuse, la meilleure mangue du monde, est devenue un souvenir d'enfance.
Et qui peut rivaliser avec un souvenir d'enfance ?
25 octobre 2006
Un matin, au lit
La scène se déroule dans un lit, un matin, après un réveil crapuleux...
(L'image n'a pas grand chose à voir avec la suite mais ça fait partie de mes incontournables...)
- Elle: J'ai grossi. Au moins deux kilos.
- Lui: mrpfffffhhpfff...
- Elle: C'est cette nouvelle pilule. Je ne vois que ça. Parce que sinon, on ne peut pas dire non plus que je me gave. C'est simple je ne mange rien.
- Lui: mmmmmmm...
- Elle: Non mais je te jure, cette saloperie me donne ENVIE de manger du sucré. Je résiste je résiste, mais bon, parfois, je craque. Je vais apeler ma gynéco. J'ai déjà un terrain favorable, si les hormones s'y mettent moi je déclare forfait.
- Lui: mmmmmmmmm...
- Elle: ça te dérange ?
- Lui: Quoi ?
- Elle: Que j'ai grossi. ça te dérange ?
- Lui : Mais non...
- Elle: AH !
- Lui (sentant qu'il vient de faire une GROSSE boulette, sans vraiment parvenir à savoir laquelle): Quoi, "AH !" ?
- Elle: J'ai bien grossi, tu viens de le dire très clairement. Merci, c'est vraiment le moment approprié. Un vrai gentleman.
- Lui: Non mais t'es dingue, j'ai RIEN dit !
- Elle: Je te demande si ça te dérange et tu me dis non. Donc IMPLICITEMENT tu admets que j'ai grossi.
- Lui: (gros, gros, très gros soupir)
- Elle: Je te donne un exemple. Si tu me dis: "je perds mes cheveux. ça te dérange, que je perde mes cheveux ?", et que je te réponds: "Non, pas du tout". Tu comprends quoi ? Que tu perds tes cheveux, mais que ça ne me dérange pas. Alors que si je te réponds: "non mon amour, tes cheveux sont magnifiques, ils sont tous là", c'est différent.
- Lui, affolé: Je perds mes cheveux ?
- Elle: Ne t'inquiète pas mon chéri, de toutes façons ça ne me dérange pas...
24 octobre 2006
Quand Elle se fait du beurre sur notre gras...
Il n'aura échappé à personne qu'"Elle" nous remet le couvert cette semaine. Fidèle à ma nouvelle habitude, je n'ai pas lu l'article censé m'expliquer comment faire plus mince dans mes vêtements. J'aimerais vous dire que c'est par rébellion symbolique, que c'est ma façon à moi de pousser un grand cri et de dire NON. Mais la réalité est moins glorieuse, je n'ai pas eu le temps hier, en raison d'une journée très chargée. En même temps je savoure à l'avance la lecture de ces conseils avisés, même si mon petit doigt me dit que je vais encore prendre la mouche. Laissez moi deviner, Scarlett Joahnsson, Liv Tyler ou Laetitia Casta, comme exemples de rondeurs ?
Non mais tout de même, est-ce que c'est moi qui vire parano à enfermer, ou est-ce que les journalistes de Elle font une fixette sur nos kilos ? Parce que c'est toutes les semaines, là, ou je rêve ? Me demande si y'aurait pas un filon, moi...
En même temps, l'air de rien, tout ça est mû par une logique implacable et n'est surtout pas fait en dépit du bon sens. C'est vrai, regardez, il y a un mois, "Elle" nous donnait des conseils pour maigrir "sans s'en rendre compte" - et quels conseils, je m'en souviens encore, entre le bouillon à gogo et la folle partie de step-dentifrice, on a bien rigolé, merci les filles, vous êtes de sacrées coquines.
La semaine suivante, constatant qu'on était rien que des cancres de la perte de poids, nos copines rédactrices ne baissent pas les bras et nous expliquent qu'on peut s'aimer en rondes. Là, elle n'hésitent pas à jeter un gros pavé dans la marre et osent dire ce que beaucoup pensent tout bas sans avoir le culot, pour ne pas dire autre chose, de le dire haut et fort: "ce n'est pas parce qu'on est un peu serrées dans un 38 que c'est la fin du monde, meeeeeeerde enfin !" Ce jour là, ce sont des milliers de grosses de 54 kilos qui se réconcilient avec leur corps.
La semaine d'après, de peur que quelques obèses irréductibles finissent par devenir anorexiques après avoir constaté que le 40 leur était juste, le Elle persiste dans sa croisade contre les ravages du diktat de la minceur. N'écoutant que son courage, notre magasine adoré n'hésite alors pas à brandir les photos qui font mal. La vision des côtes de cette pauvre Nicole R. fera date dans l'histoire de la presse. Un tabou est levé: A Hollywood les actrices fondent comme neige au soleil, frappées d'un mal incurable. Il y aura un avant et un après cette révélation.
Et puis, logiquement, "Elle" nous explique aujourd'hui qu'il n'est pas besoin de faire un 34 pour avoir l'air mince. Non, vraiment, un jean 36 s'il est bien coupé peut tout à fait cacher vos rondeurs, les filles...
Quoi, aigrie, moi ? Noooooooooooooooooon, pensez-vous...
EDIT: Ay'est je l'ai lu. Ok, y'a des conseils pas mal, je le reconnais. Ah, vous voyez que j'en suis capable ! Même si j'en conviens c'est pas mon fort, de reconnaitre mes torts. Ok, Alicia Keyes a du cuisseau et Liv Tyler est pulpeuse. Mais soyons sérieuses, Scarlett, la ravissante et bombesque Scarlett ? Elle est fine, finie, fine. Juste elle a une taille si étroite qu'on remarque ses hanches... Quand aux filles choisies pour illustrer les conseils, elles sont définitivement... minces. Et je n'en démordrai pas. Je ne parlerai pas du prix des fringues parce que là je crois que ça va faire l'objet d'un billet très prochainement. On atteint des sommets ces derniers temps...
23 octobre 2006
Je m'éclate en robe
A force de m'entendre râler comme un putois contre les magasines, les stylistes, les magasins, et que sais-je encore, je finirais presque par me fatiguer moi même. C'est dire si j'imagine à quel point vous aussi parfois vous pouvez en avoir ras le pompon. Alors aujourd'hui, ce sera un petit message d'espoir. Parce que figurez-vous que la semaine dernière, je me suis acheté... une ROBE. Oui, exactement, une robe. En plus, cette perle rare, cet objet de désir, ce rêve éveillé, je l'ai trouvé chez Zara. Et rien que pour ça, cet événement valait un billet.
Pour la première fois depuis dix ans j'ai donc acheté quelque chose d'autre qu'un tee-shirt - et encore jamais mis parce qu'en lycra genre seconde peau qui pue - chez Zara. Bon, je vous arrête tout de suite, ce n'est évidemment pas une robe pull. Si ça ne vous fait rien je ne reviendrai d'ailleurs pas sur ce douloureux épisode au cours lequel j'ai découvert non seulement mes deux seins supplémentaires mais aussi le chapelet de bourrelets qui se planquent dans mon dos, profitant lâchement du fait que je ne peux pas les voir.
Donc ce n'est pas une robe pull. Ce n'est pas non plus une robe chasuble, autre must have de l'hiver, parce que premièrement je n'ai plus 4 ans depuis 31 ans et deuxièmement je ne tiens pas à ce qu'on me demande "c'est pour quand" trois fois par jour.
Non, c'est une robe... robe. Taille XL. Avec des motifs... bof. Mais bon, elle m'allait. Je n'allais pas faire ma difficile non plus. Une robe qui me va ça n'a pas dû m'arriver depuis les années 80. Et encore. Non sans déconner, quand je l'ai essayée et que je l'ai passée sans me démonter une épaule ni entendre le moindre craquement de tissu, j'ai écrasé une larme de joie. Je me suis d'ailleurs empressée d'appeler la vendeuse pour lui montrer mon exploit. Mais forcément, hein, pour une fois que je ne vivais pas un psychodrame en cabine, y'avait plus personne. Ah, ça, pour ouvrir le rideau et vous prendre en flagrant délit de fermeture éclair coincée, écarlate et en sueur, elles sont toujours là, les charmantes hôtesses. Mais quand tout va bien, et bien vous avez juste le droit de triompher en solo. N'empêche que lorsque je suis sortie de ma cabine, j'ai hurlé d'une voix de stentor que oui oui oui, je prenais TOUT même cette paire de leggins en XL qui à l'instant présent me sert de caleçon de nuit et remonte au niveau des genoux après douze pas en moyenne.
Et donc j'ai ma robe, que je peux mettre avec des collants ou un jean, des ballerines ou des bottes. Cela n'a l'air de rien mais nom d'un chien, je l'avoue, je me sens carrément bombasse en robe. Sentir ce tissu vivre sa vie sur mon corps ça me fait des trucs. Limite je serais tentée de mettre un string.
Bon, forcément, il y a un hic. Un détail dont je ne m'étais pas forcément rendue compte en l'essayant. Pas grand chose, une pécadille, presque rien. Même pas un problème. Juste un paramètre imprévisible.
Assise, j'ai une autonomie respiratoire de 14 secondes environ.
Edit: Je ne pourrai vous lire que ce soir, je suis en déplacement toute la journée.
21 octobre 2006
Julie et son bibliobus cherchent une bannière...
Julie, elle lit. Elle lit, elle lit, elle lit. Jusque là, vous me direz, pas de quoi en faire un fromage. Sauf que Julie sait parler des livres qu'elle lit. Tellement bien qu'on en a l'eau à la bouche et que je vous mets au défi de ne pas vous précipiter dans la première librairie du coin pour vous procurer un des ouvrages qu'elle a recommandé.
Ce que j'aime surtout dans les billets de Julie, c'est qu'il n'est pas question de critique, de style ou autre. Julie a ce don particulier de réveiller des émotions, de faire remonter de vieux souvenirs à la surface, tout ça l'air de rien, juste en vous parlant d'une de ses lectures.
Autre chose, les livres sur lesquels Julie écrit ne sont pas forcément issus du top ten de la FNAC, ou ceux mis sur un piedestal dans le dernier Elle ou le Télérama de mercredi prochain. Parfois, elle remet sur le devant de la scène un de ces petits bijoux des années passées, un vieux poche qui traine sur vos étagères et dont vous ne savez plus d'ailleurs si vous l'avez vraiment lu. Un de ces bouquins dont les pages sont parfois souillées de chocolat, cornées ou gondolées par des larmes aujourd'hui séchées.
Bon, vous l'aurez compris, Julie, j'y tiens. Et figurez-vous qu'elle m'a confié récemment qu'elle rêvait d'une bannière. Une bannière qui lui ressemblerait, qui rendrait son Bibliobus plus cosy, plus intime, quoi. Alors comme je sais que parmi vous se cachent des dessinateurs géniaux, des designers de talent, des photoshopeurs de folie, je me suis dit que je pouvais lancer un appel ici, pour elle...
Et puis même si vous ne pouvez pas l'aider, franchement, allez faire un tour dans cette librairie virtuelle, c'est par ici...
19 octobre 2006
GEOOOOOOOOOOOORGES...
Bon, une fois n'est pas coutume je, je vous assène une deuxième note. Mais quand il y a de l'actu pareille, il faut être RE-AC-TIF. Surtout après avoir chougné sur tous ces horribles malheurs pas graves qui s'abattent sur moi, sur la conspiration de tous les cons - parce que bien sûr, les gens sont cons, sauf moi et aussi vous - et sur la vie qu'est pas drôle tous les jours.
Bref, je viens de lire un truc qui me fait faire des bonds partout. Un truc qui me donne la pêche. Peut-être que vous ça ne vous fera ni chaud ni froid. Mais tout de même. Georges Clooney, le grand, le beau, le drôle, l'intelligent, le sexissime, le brûlantissime, le sexualissime, le... bref, le plus canard de tous les sex toys, a récemment couché avec une femme de... 52 ans.
Et je n'en ai QUE 35. Ce qui veut dire... que c'est encore possible.
Ok, je sors. Mais je vous copie tout de même la brève, parce que la nana, en plus, elle a l'air de s'être bien amusée. Georges tu me réconcilies avec la vie, les cons et les chiens.
Source: Actustar
Ellen Barkin : George Clooney est un bon coup !
L'actrice de 52 ans qui a joué dans Ocean's 13 avec le séduisant acteur, de six ans son cadet, a évoqué leurs relations sexuelles...
Ellen Barkin a déclaré avec fierté avoir couché avec George Clooney lors d'un dîner-gala organisé à l'hôtel Beverly Hilton à Los Angeles vendredi soir pour la remise de la récompense de la Cinémathèque américaine à l'acteur...
Elle a annoncé : "J'avais toujours entendu dire que George avait une étonnante alchimie avec toutes ses partenaires à l'écran. Maintenant, je vois pourquoi. Je suis certainement la seule à bien vouloir l'admettre. Oui, j'ai couché avec George Clooney. J'en suis très fière en fait. Si vous n'avez pas d'alchimie avec George Clooney, vous devriez vous faire faire un check-up !"




