Docteur_mamourJe dois vous l'avouer, je suis une droguée. Une camée, une accro, une addictive. Ma dope ? Les séries américaines. Je ne suis pas bien originale, j'en conviens, on est tout de même très nombreux dans ce cas.

Quand je dis que je suis camée, c'est parce que m'enfiler cinq épisodes de 24H c'est aussi bon pour moi que fumer l'était lorsque j'étais nicotinomane. Et que je suis capable de traverser Paris à une heure tardive pour trouver le DVD de la saison 5. Je suis même prête à payer très cher. Que ceux qui n'ont jamais laché 10 euros dans un bar super glauque un dimanche soir pour un paquet de Marlboros et ce en éprouvant une joie presque charnelle me jettent la première pierre.

En gros, ce que je veux dire c'est que la perspective de regarder deux heures durant le Docteur Derek Sheperd de Greys Anatomy - un peu ce qu'on a fait de mieux tout de même depuis Doug Ross, désolée Georges, mais en bonne droguée je suis super infidèle - me rend heureuse. Oui, heureuse, autant que si j'étais conviée à une fête super hype de la jet set parisienne. Bon, ok, je ne suis pas vraiment friande des fêtes de la hype parisienne, d'autant que bizarrement, la hype parisienne ne me harcèle pas non plus tous les samedi soir.

N'empêche que même si c'était le cas, rien ne pourrait rivaliser avec la prochaine saison de L Word qui au passage a révélé à moi même la part homosexuelle qui se cachait à l'intérieur de moi. Alors les mecs du Baron ou du Paris Paris, c'est même pas la peine d'essayer de me faire venir dans vos boîtes où même Georges Clooney il vient peut-être, parce que là tout de suite maintenant je suis en train de vivre un truc de folie avec une nana super chaude. Et en plus l'homme qui regarde avec moi est juste comme un fou, sans vraiment que je sache si ce sont les ébats de ces filles qui l'excitent ou si c'est le fait que ça me fasse des trucs qui le rende dingue.

Je sais, c'est pathétique, rien ne devrait valoir la vraie vie. Sauf que dans la vraie vie, les Jack Bauer ne courent pas les rues. Dans la vraie vie les cafés dans des verres en polystyrène sont juste dégueulasses. Alors que je ne sais pas vous mais quand c'est Abby Lockhart qui boit le sien devant le Cook County ça me donne super envie d'être à sa place. Bon, d'accord c'est peut-être parce que je sais qu'après elle va s'envoyer en l'air avec Kovacz.

Dans la vraie vie quand on va aux urgences, on a juste le droit de pourrir dans une salle d'attente jusqu'à ce qu'il devienne évident qu'on va peut-être mourir. A ce moment là un interne absolument pas glamour - Carter, merde, t'es où ? - vous emmène prendre vos constantes en ne vous expliquant rien de rien. Et jamais, non jamais on entend les mots magiques qui pourtant nous rassureraient: "chimie ionno nfs et gaz du sang".

Dans la vraie vie, enfin, quand on est victime d'un complot ourdi par les RG, le KGB ou encore la CIA et que du coup on se retrouve injustement accusé d'avoir tué le frère de Jacques Chirac, il y a une très faible éventualité que cette bombasse de Mickael Scoffield vienne nous faire évader de Fleury Merogis.

Bref, voilà, la vraie vie, par rapport à celle des séries américaines, ça craint. Ok, en même temps c'est moins stressant. Parce que hier Georges et Alex, les deux mignons de Greys Anatomy, ont été obligés d'opérer à coeur ouvert un blessé par balle dans un ascenseur coincé entre deux étages. Et ils l'avaient jamais fait. Et ça, je ne suis pas tout à fait sûre que j'aurais pû y arriver.