18 décembre 2006
Comme un lundi...
Bonne ou mauvaise nouvelle, je ne sais pas, mais en ce lundi, je suis remontée comme une horloge. Et je crois que je vais pousser mon grand cri. Je peux ? Dites, je peux pousser mon grand cri ?
Arrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh.
Je sais, je sais, je deviens un peu casse bonbons à hurler ma colère comme ça un lundi sur deux, voire plus. D'autant que quand je vous aurai raconté la raison de mon énervement, vous allez vous dire que ben quoi, c'est pas la première fois et que je devrais commencer à lacher du lest. Oui... mais non, après tout, ralouiller de la sorte me fait un bien fou et c'est déjà ça, non ?
Donc, après cette digression beaucoup trop longue - je digresse de plus en plus, moi, non ? - voilà donc pourquoi je suis un peu grognon. Samedi, je regardais l'émission de Daphné Roulier sur le cinéma. Déjà, souvent, ça me gonfle un peu, parce qu'il ne se passe pas une fois sans qu'un des invités ne lui serve un couplet sur comment qu'elle est belle Daphné. Ok, elle est belle, d'accord, mais elle est surtout journaliste, est-ce qu'on peut passer à autre chose ? En même temps, vu que quand c'est pas ses seins qu'elle met sur la table c'est sur ses jambes que la caméra zoome avant, y'a des chances qu'elle cherche un tout petit peu le compliment, la dame. L'air de rien, hein, parce que Daphné Roulier, c'est la classe, c'est Canal, on est pas chez les beaufs non plus. Bref, encore une digression inutile d'autant que ce samedi je n'ai rien eu à redire à ce sujet, probablement parce que les invités étaient des invitéES.
Tout se passait donc bien, même très bien vu que sur le plateau étaient présentes Cameron Diaz et Kate Winslet, deux actrices qui ne sont tout de même pas souvent chez Drucker ou Cauet ou ailleurs. Et vu que j'adore regarder les pipoles à la télé surtout les pipoles des states, j'étais ma foi plutôt contente.
Quand à la fin, Daphné, experte en beauté, annonce à la magnifique Kate Winslet: "Les Anglais viennent de vous décerner le prix de la silhouette la plus sexy d'Angleterre. Est-ce que pour vous c'est une revanche contre les diktats de la beauté classique ?"
Daphné, Daphné, Daphné (à lire en imaginant mon air exaspéré, fatigué et blasé)... Tu te serais adressée à Marianne James, Marilou Berry ou autre gironde, j'aurais compris ta question. Mais là, c'était Kate Winslet, you ouh... En quoi, je te le demande, Daphné, le fait de dire que Kate Winslet est sexy est une revanche contre les diktats de la beauté classique ? Kate Winslet est certes légèrement plus charnue que Cameron Diaz. Elle a de la poitrine. Jusqu'ici, rien de trop exceptionnel vu que c'est une femme. Elle a probablement des hanches. En même temps, encore une fois, hein, c'est une femme. Mais de là à voir en elle un étendard contre le diktat de la minceur, non, je ne vois pas. Enfin chais pas, moi, un truc m'a peut être échappé, mais dans Titanic, genre, Kate Winslet n'était pas trop du genre obèse, si ?
Et puis quand bien même. Quand bien même Kate serait vraiment ronde. Est-ce que formuler la question ainsi n'est pas insultant ? Est-ce que si elle s'était adressé à Cameron Diaz, Daphné lui aurait demandé si un tel titre était une victoire pour tous les tas d'os d'Hollywood ?
Enfin bref, à priori, pour toi, Daphné, Kate Winslet est donc une grosse fille qui assume sa différence. Et les Anglais sont donc des mecs qui aiment les rondes. Hey, les rédactrices de Elle, y'a un sujet, là, ouais ouais ouais ! Je vois le titre d'ici: "Ces Anglais qui aiment les grosses: enquête sur un phénomène de société". Vous pourriez même nous ressortir des trucs comme quoi les rondes elles sont trop chaudes au lit en plus. Vendeur, ça les filles. Super vendeur.
Quoi qu'il en soit, Daphné, on a un gros, gros gros problème. Enfin, à bien y réfléchir, TU as un gros problème. TOI et quelques autres...
04 décembre 2006
Monde de dupes
Bon, je fais une troisième tentative. Même si à force j'ai peur d'avoir perdu en spontanéité...
Qu'à cela ne tienne, je prends le risque, parce que tout de même, le sujet me turlupine depuis quelques jours. Et en ce lundi - pourri, donc, mais ça vous l'aurez compris - je voulais pousser mon grand cri.
Ahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh !
L'objet de mon énervement ? Les milliers d'affiches qui fleurissent un peu partout sur les murs de Paris et des couloirs de métro avec en vedette ma copine Manu. Oui, Manu. Ben quoi, Manu Béart, enfin. Qui a donc... 22 ans. Et qui n'a jamais subi une seule intervention chirurgicale.
Et mon cul sur la commode.
Bon, j'en entends certains qui se disent, à raison, qu'après tout j'ai qu'à tourner la tête si elle ne me revient pas. Sauf que si je tourne la tête je la vois encore. Elle est partout je vous dis. Avec ses 22 ans. Voire 17. Attention, je n'ai rien contre les filles de 22 ans. Quoi que, mais c'est une autre histoire. En revanche, j'ai du mal avec les filles de 41 ans... qui ont 22 ans.
Pourquoi ? D'abord parce que j'ai 35 ans. Et que le lundi souvent j'en fais 40. Mais pas 40 limite 22, vous voyez ? Non, 40... 40. Avec les cernes, le teint gris et tout ce qui va avec. Et puis parce que pour une fois qu'une pub pour des dessous - moches, ces dessous, d'ailleurs, non ? - nous montre une femme de 41 ans, et bien j'aurais aimé qu'elle fasse VRAIMENT 41 ans. Sinon, tant quà faire, monsieur H et madame M, vous auriez dû prendre une vraie fille de 22 ans. Le calcul est vite fait tout de même. Entre le prix des opérations qu'elle n'a bien sûr jamais subi - mais on va tout de même les prendre en compte - et les heures passées à photoshoper les clichés d'origine, je ne vous dis pas les économies qu'aurait représenté une véritable poupée de 22 ans.
Non, plus sérieusement, je ne sais pas vous mais personnellement, bien que la miss Béart ait une légère tendance à m'exaspérer dès qu'elle prend son air inspiré pour raconter des inepties faussement philosophiques, j'avais malgré tout flashé sur la une du fameux Elle de l'été 2005. Ou 2004, peu importe. Et ce que j'avais aimé, c'était son cul. Qui la faisait ressembler à un violoncelle. Et aussi ses hanches rondes. Et puis bien sûr, ce sein plein et ferme mais qu'on devinait pourtant un peu lourd. Un sein qui avait vécu. Un sein de femme vivante.
Jamais je crois les kiosques n'avaient à ce point été dévalisés. Et jamais les hommes ne l'avaient tant piqué à leurs femmes.
Alors Emmanuelle, pourquoi ? Pourquoi accepter cette mascarade ? Quelque chose me dit que ça n'est même pas que pour l'argent même si forcément ça joue. Quelque chose me dit que tu y crois, à cette image tronquée, à ce reflet qui n'est pas le tien.
Mais après tout, pourquoi s'étonner ? Pourquoi s'indigner alors que nous vivons dans un monde où l'on engraisse tous les trois ans une américaine famélique pour lui faire jouer le rôle d'une anglaise rondouillarde ? Pourquoi être surpris alors qu'Angelina Jolie actuellement en tournage entre deux adoptions - j'y reviendrai, ça aussi ça me donne envie de pousser des cris - se tartine de fond de teint tous les jours pour incarner une métisse ?
Monde de dupe, monde de menteurs, où on n'a pas le droit d'être VRAIMENT gros, VRAIMENT noir, ou VRAIMENT vieux.
Vous savez quoi ? Quand je la regarde, cette pauvre vieille de 22 ans, exhibée et jetée en pature dans les couloirs de métro sordides, et bien je me surprends à aimer mes bourrelets, mes seins trop lourds et mes rides naissantes.
Parce qu'ils sont à moi. Et qu'ils me font, moi. Dans cet océan de fausses apparences, ce n'est déjà pas si mal, non ?
09 octobre 2006
La grossesse c'est trop fashion
En cette semaine de "Fashion week", j'ai trouvé un nouveau motif d'énervement. Je me demande d'ailleurs parfois si je ne suis pas en train de devenir caractérielle. Non c'est vrai, j'ai parfois l'impression de virer Tatie Danielle. Mais figurez-vous, gros scoop, que je ne vais pas vous parler aujourd'hui du Elle. Enfin, pas spécifiquement. Non, ce qui m'a donné cette fois-ci en vie de pousser un grand cri, c'est une photo qui orne les kiosques parisiens, la couverture du dernier Vogue. Avec une très jolie top model filiforme - Natalia Vodianova - qui nous présente celui qu'elle prétend être son bébé. En accroche, l'habituel désormais: "Mes conseils pour retrouver la ligne après Neva" - un prénom qui signifie sûrement "pureté du ciel" ou "petite rivière enchantée", parce que bien sûr les people ne peuvent pas appeler leurs enfants de prénoms aussi cons que Thomas, Claire ou même Manon, mais là je m'égare.
Quand je dis "celui qu'elle prétend être son bébé", j'émets en effet un doute certain. Non parce que je sais bien que je ne suis pas un exemple avec mes 28 kilos pris en même pas 9 mois et toujours pas totalement perdus six ans après - ouais mais attention, j'en avais deux tout de même hein ! - mais là, je n'y crois pas. Je veux dire que ne crois pas que ce nourrison joufflu d'à peine dix semaines soit sorti de ce corps adolescent. Et puis, soyons sérieux, elle a douze ans. Elle pèse 35 kilos. Et a le teint d'une fille qui dort douze heures par nuit. Ce qui, étant donné l'âge de son rejeton n'est PAS POSSIBLE.
Je n'y crois pas parce que même les plus vernies de mes copines, celles qui sont aujourd'hui plus minces qu'avant leur grossesse - oui, toi, là, tu vois très bien de qui je parle, oui oui... -, ont tout de même eu droit à leur traversée du désert. Je parle de ces trois mois pendant lesquels votre ventre jusque là joliment tendu prend la consistance et l'apparence de la jelly anglaise. Ces semaines durant lesquelles tout porte à croire que vous êtes encore enceinte - d'ailleurs votre boulangère en semble convaincue puisqu'elle vous a demandé à votre retour de la maternité quand est-ce que "ce petit compte se décider à sortir" -, sauf que bébé chéri est bel et bien en train d'hurler dans son couffin. Ces jours funestes où le moindre mot de votre belle-mère déclenche une crise de larmes et pendant lesquels l'idée même que l'homme s'aventure à toucher autre chose que vos cheveux déclenche en vous des envies de l'émasculer. Au moins, vous dites-vous, il vous fichera la paix et surtout il ne risquera plus jamais de vous refiler sa fameuse petite graine.
Non, vraiment, franchement, je me répète, mais ces femmes - et là je ne parle pas uniquement de cette Natalia Vodianova - qui nous exhibent leurs nouveaux-nés tout en se pavanant en skinny et torse nu histoire de bien nous montrer que leurs seins n'ont pas subi la moindre loi de la pesanteur - n'y aurait-il que les miens qui se soient soumis à ce phénomène physique sans même tenter de se battre? - et bien moi je N'Y CROIS PAS. Je soupçonne même très sérieusement l'existence d'un véritable business parallèle là-dessous. Un genre de marché noir de mignons moutards aux yeux bleus - avez-vous remarqué qu'en plus jamais un seul des bébés de people n'est moche ? Pas d'acné du nourrisson, pas de strabisme, pas de conjonctivites ni de crâne déformé par les forceps - qui permettrait de choisir son bébé sur catalogue le temps d'un reportage pour Gala.
Non parce que je vous parle de l'après et de cette ligne retrouvée miraculeusement trois jours après l'accouchement. Mais pendant la grossesse, tout porte également à croire que nous ne sommes pas logées à la même enseigne. Autant les actrices/tops/chanteuses/people s'exhibent les trois quatre premiers mois, autant après... plus rien. Et soudain, alors que quelques semaines plus tôt on les voyait la main posée sur un délicieux petit ventre rebondi, les fesses moulées dans un jean qu'elles se "contentent de laisser ouvert au deuxième bouton" - alors que vous, au deuxième mois déjà, votre 501 était roulé en boule au fond du sac à linge sale, suite à un refus de passer le cap des cuisses -, on vous apprend qu'elles ont accouché.
Je vous dis, il y a anguille. Soit cette grossesse n'a jamais eu lieu, soit un savant génial a trouvé le moyen de raccourcir la gestation à cinq mois mais les retombées de cette invention sont réservées à une élite. Et pendant que la femme lambda - genre moi ou vous - se voit, à compter du 7ème mois transformée en baleine perclue de douleurs condamnée à compter jour après jour les nouvelles vergétures qui viennent à jamais zébrer son ventre, les ELUES, elles, passent à côté de toutes ces réjouissances. Elle ont à peine le temps de se dandiner en robes ultra-moulantes, de continuer "une vie de femme active parce que la grossesse n'est pas une maladie" et de préparer un trousseau Bonpoint, Baby Dior et compagnie, que hop, l'enfant parait, "dans la sérénité et sans douleur grâce à tous les cours de Pilates et de Yoga suivis ces derniers mois".
Je le pousse mon grand cri ?
AAHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH.
Encore une fois, je ne vois pas comment expliquer la présence de ces jeunes femmes sur les bancs des défilés, deux semaines après la délivrance. Je ne sais pas vous, mais j'aurais alors mordu le premier malade qui m'aurait proposé de parader en public. Quand à l'inconscient qui m'aurait suggéré une séance photo à moitié nue, mes bébés dans les bras, et bien soyons claire, il aurait eu toutes les chances de ne pas en réchapper.
Et je ne dis pas ça uniquement parce qu'il m'a fallu au bas mot quatre mois avant de ranger définitivement mes si charmants pantalons de grossesse, et au moins le double pour que les cernes qui me mangeaient littéralement la figure s'estompent. Je ne dis pas ça non plus parce qu'au lendemain de mon accouchement j'ai réalisé que tous ces amis qui m'assuraient, certains de leur fait, que je n'avais pris "que dans le ventre" s'étaient totalement plantés. Non qu'ils fussent flatteurs ou hypocrites ou qu'ils aient voulu me ménager. En réalité, mon ventre était devenu si gigantesque que tout le reste semblait svelte. J'étais à moi toute seule un exemple vivant de la théorie de la relativité, en somme.
Bon, bref, je digresse beaucoup mais vous l'aurez compris, je m'insurge contre cette image totalement inepte et dépourvue de vérité qu'on nous vend de la grossesse. Etre enceinte est devenu fashion nous dit-on une semaine sur deux dans Elle ou autre féminin. Si j'ai été heureuse comme jamais pendant ces mois de couvade, je voudrais pourtant m'inscrire en faux. Etre enceinte, c'edt tout ce qu'on veut, mais ce N'EST PAS FASHION. Et c'est une femme qui a constaté avec un intérêt presque scientifique quelques jours après avoir accouché qu'elle pouvait enfoncer son bras jusqu'au coude dans son abdomen sans rencontrer la MOINDRE RESISTANCE, qui vous l'assure.
05 octobre 2006
Panne sèche
Aujourd'hui... je suis sèche. Vidée, sans idée. Essorée, rincée, sans sujet. Pressée, centrifugée, sans pensée. Pourtant, Elle, par exemple, me sert encore cette semaine un énervement sur un plateau d'argent.
Franchement, ça devrait me mettre en pétard, non, cette grande interrogation existentielle, cette question de fond méritant une véritable enquête d'investigation: "Les mannequins sont-elles trop maigres ?".
Et ben même pas. Rien. J'ai même réussi à lire les propos pétris d'intelligence de Nathalie Rykiel sans frémir ou presque - ma chérie, t'as de la chance d'être la maman du Sonia (à moins que ce ne soit l'inverse ?) tout de même parce que là, franchement, t'y vas fort. Oui, je vous assure, aucun cri, aucun trépignement après avoir lu donc que "la mode c'est de l'art et qu'à partir de ce constat on ne peut porter aucun jugement".
Et en l'écrivant ici, cette phrase lumineuse, toujours rien. Bon, peut-être que... oui, j'admets, un minuscule gnroumpf. Non parce que si les leggings c'est de l'art, alors j'ai le maigre espoir que mon brushing raté de ce matin en était aussi. Sauf le respect que je dois à une femme qui a révolutionné l'univers du joujou pour clitoris en détresse, la mode c'est peut-être de l'art, mais ça n'excuse pas tout, loin s'en faut.
Et maintenant que j'y pense, cette directrice de casting qui nous explique que dans son petit 34 Kate Moss ne parait absolument pas maigre, rapport à sa mine radieuse et ses joues rebondies, et bien disais-je, maintenant que j'y pense, j'ai tout de même un peu des fourmis dans les doigts. C'est vrai que la Kate, elle respire la santé. Et surtout, ses bonnes joues, c'est vraiment ce qui frappe en premier chez elle. Ou peut-être en second. Juste après ses gros nichons.
Finalement, je préfère ne pas trop y penser, à cette enquête journalistique. Et puis je n'ai pas envie de critiquer, parce que pour le coup, ils ont fait un travail formidable, chez Elle. Pour répondre à cette question, ils sont allés demander à un nombre incroyable de personnalités. Des gens pas impliqués personnellement, vous voyez ? Des professionnels à qui tous ces os exhibés ne rapportent pas un sou et qui peuvent donc s'exprimer en toute liberté: Karl Lagerfeld - t'aurais pas un peu grossi, Karl ? - Isabelle Marant, Nathalie Rykiel, Vanessa Bruno et puis tout plein de responsables de casting. Ah oui, des photographes de mode aussi.
Alors moi, devant un tel parterre d'experts indépendants, et bien je m'incline. Et je les crois sur parole quand ils assurent unanimes que s'il y a un mannequin sur cent qui est anorexique, c'est bien le maximum.
Allez, je vous laisse, parce que vraiment, aujourd'hui... rien.
02 octobre 2006
Le grand cri du lundi...
En ce lundi je crois que je vais - encore - pousser un grand cri.
Pourtant, je vous assure, je m'étais promis de ne plus le faire, de ne plus m'emporter comme une possédée dès que je me plonge dans mon hebdo de moins en moins préféré. Ohhhh, j'en entends certaines qui se disent: "elle commence à nous courir sur le haricot, après tout, si "Elle" ne lui plait pas, elle n'a qu'à pas l'acheter. En plus à tous les coups, elle en crèverait d'avoir sa signature dedans".
Oui, oui... mais non. Je m'explique. Oui, c'est vrai, après tout, je ne suis pas obligée de donner 2 euros et des poussières tous les lundi à un fabriquant d'armes - ben oui, Lagardère au départ il vend des fusils, si si si - qui me fiche en rogne semaine après semaine. Le problème, c'est que tout n'est pas à jeter, dans le "Elle" bien au contraire et que les féminins, j'adore ça. Pourquoi ? Parce que la mode, parce que les potins, parce que parfois des prises de position courageuses et/ou féministes, parce que les recettes de cuisine que je ne fais jamais mais miam. Oh et puis surtout parce qu'il ne faut pas se voiler la face, je suis bourrée de contradictions, celles-là même qui nous rendent aimables, nous les femmes. Non ?
Par ailleurs, celles qui s'imaginent que le rêve m'a parfois effleuré de recevoir un mail de Valérie Toranian qui me supplierait d'accepter un pont d'or pour l'honorer d'une chronique hebdomadaire, ont... totalement raison. Mais étant donné que ce fameux mail tarde à venir et que je ne peux pas décemment répondre à cette chère Valérie Toranian AVANT d'avoir reçu sa proposition, et bien pour l'instant je profite de la liberté d'expression qui est la mienne pour leur dire très franchement et très courageusement - planquée derrière mon écran - ma façon de penser.
Parce qu'après - une fois que j'aurai accepté le contrat juteux de ma copine Valérie - faudra bien comprendre que ce ne sera plus possible, hein ?
Bon, bref, après cette légère digression voire après ce gros délire de fille qui se défonce au chlore, voilà pourquoi je pousse, en ce lundi, un grand cri:
AHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH !
Dans le Elle en vente la semaine dernière, donc, celui avec Emmanuelle Béart en une qui nous présentait son "nouveau visage" - on ne rit pas ce n'est pas charitable, puisqu'elle vous dit qu'elle n'a touché à RIEN, c'est dingue ça ! - on nous gratifie de 30 conseils pour mincir SANS Y PENSER. Je vous rappelle au passage que la semaine précédente on pleurait sur les côtes de Nicole, Richie ou Kidman, peu importe. Mais cette semaine, faut vous mettre à la page, la minceur, c'est cool.
Donc, 30 conseils. Et là, attention, ils ont atteint des sommets chez Elle. Je crois d'ailleurs que je pourrais vous épargner mes remarques perfides. Comme souvent s'agissant des bonnes choses, ce n'est pas la peine d'en rajouter. Ce n'est pas Maxwell qui me contredira.
Mais comme je n'ai jamais su me taire quand il le fallait, je vais tout de même vous gratifier de quelques exemples pris au hasard, même pas besoin de se creuser la tête pour sélectionner, à tous les coups on gagne.
- Tenez, prenez le Conseil n°10: Mangez vos pâtes dans des assiettes à dessert, ça vous en fera moins. "Chéri, tu me donnes 7 coquillettes, s'il te plait ?" ET POURQUOI PAS DANS UNE TASSE A CAFE ???
- Conseil n°25: Pimentez à fond vos plats histoire en gros que ce soit impossible à bouffer. Moi, là, j'ai plus efficace, tant qu'à faire: un gros caca dans le gratin dauphinois et là croyez moi vous n'y toucherez pas.
- Ah, y'a celui-ci aussi, le n°7, savoureux, intitulé "Inventez une glace": glissez au congélateur un yahourt light et dégustez le une fois givré. Celle qui a écrit ça n'a JAMAIS congelé un yahourt. Croyez-moi, parce que je l'ai fait, moi. A moins d'aimer un truc à mi-chemin entre le lait caillé et le vomi gelé, et bien no way.
- Le n°9 est soit un canular, soit un truc inventé pour nous humilier: "achetez un stepper et pédalez en vous brossant les dents". Je dis quelque chose ou je vous laisse juste visualiser ?
Bon, y'en a trente, hein, donc je vais vous épargner. Mais quand même, je vous ai gardé les deux meilleures pour la fin. La n°22, d'abord, qui consiste à EXIGER qu'on vous serve systématiquement au restaurant une demi-portion. Là, franchement, je dis stop et je ne rigole plus du tout. Non parce que déjà que les restaurateurs ne sont pas à proprement parler les êtres les plus généreux qui soient - je sais, c'est facile de généraliser, mais franchement, quand on vit à Paris, il devient de plus en plus difficile de vous défendre, messieurs et mesdames les restaurateurs. Mais si en plus on leur donne le bâton pour nous battre, il y a quand même des chances que bientôt on file 30 euros pour se gaver de trois tomates cerises accompagnées d'un dé de steack haché. Tout ça servi dans un ramequin. Merci ELLE...
Et la dernière, spécialement pensée pour les mères de famille débordées: "Ne vous levez pas le dimanche. Préparez-vous un bon bouillon de carottes, poireaux et cie et alternez avec du jus de pamplemousse, le lendemain vous aurez perdu un kilo". Et probablement gagné une gastro.
Sérieusement, vous croyez que dans la VRAIE vie, il y a VRAIMENT des VRAIES filles qui restent au pieu une journée entière en se sifflant du bouillon de poireau ?
"Désolée les enfants, aujourd'hui maman ne se lève que pour faire pipi, c'est son dimanche "soupe au lit""...
Dernière minute (merci Fyfe): Je me dois de vous informer que la toujours très juste et hilarante - en plus d'être une cuisinière hors-pair et photographe à ses heures, grrr... - Anaïk avait déjà, le 27 septembre poussé son grand cri dans un post vraiment excellent. http://anaikcuisine.canalblog.com/archives/2006/09/27/2734674.html. J'ai l'air fin moi, avec mes douze trains de retard !!!
