21 octobre 2006
Julie et son bibliobus cherchent une bannière...
Julie, elle lit. Elle lit, elle lit, elle lit. Jusque là, vous me direz, pas de quoi en faire un fromage. Sauf que Julie sait parler des livres qu'elle lit. Tellement bien qu'on en a l'eau à la bouche et que je vous mets au défi de ne pas vous précipiter dans la première librairie du coin pour vous procurer un des ouvrages qu'elle a recommandé.
Ce que j'aime surtout dans les billets de Julie, c'est qu'il n'est pas question de critique, de style ou autre. Julie a ce don particulier de réveiller des émotions, de faire remonter de vieux souvenirs à la surface, tout ça l'air de rien, juste en vous parlant d'une de ses lectures.
Autre chose, les livres sur lesquels Julie écrit ne sont pas forcément issus du top ten de la FNAC, ou ceux mis sur un piedestal dans le dernier Elle ou le Télérama de mercredi prochain. Parfois, elle remet sur le devant de la scène un de ces petits bijoux des années passées, un vieux poche qui traine sur vos étagères et dont vous ne savez plus d'ailleurs si vous l'avez vraiment lu. Un de ces bouquins dont les pages sont parfois souillées de chocolat, cornées ou gondolées par des larmes aujourd'hui séchées.
Bon, vous l'aurez compris, Julie, j'y tiens. Et figurez-vous qu'elle m'a confié récemment qu'elle rêvait d'une bannière. Une bannière qui lui ressemblerait, qui rendrait son Bibliobus plus cosy, plus intime, quoi. Alors comme je sais que parmi vous se cachent des dessinateurs géniaux, des designers de talent, des photoshopeurs de folie, je me suis dit que je pouvais lancer un appel ici, pour elle...
Et puis même si vous ne pouvez pas l'aider, franchement, allez faire un tour dans cette librairie virtuelle, c'est par ici...
28 septembre 2006
Mon plaisir en solitaire
Ce mercredi, j'ai eu deux heures sans enfants - un conseil à toutes les futures mères, apprenez TRES VITE à vos petits l'importance capitale d'avoir des amis - et je les ai passées... sur mon canapé. Oui, je sais, il faisait beau, et j'aurais pu en profiter pour aller me promener. Seulement voilà, on est à la fin du mois et si je m'avise de glisser ma carte bleue dans quelque terminal que ce soit, il y a de fortes chances qu'on voie débouler le GIGN, les forces spéciales ou la garde républicaine.
Et puis de toutes façons, pour moi, rester deux heures, seule, totalement seule, à glander sur mon canapé, c'est comme qui dirait la quintessance du bonheur. Surtout qu'hier, c'était une vraie belle journée d'automne. La fenêtre de mon salon donnant sur un square, je pouvais voir les feuilles tout juste dorées des arbres. L'air entrait, frais juste comme il faut et ça sentait la noisette. Si, vraiment.
En somme, toutes les conditions étaient réunies pour que je puisse m'offrir un petit plaisir solitaire, le meilleur d'entre tous. ..
Noooooooon, stop, il ne sera pas question ici de sexe. Rangez vos "Sonia", ce n'est pas du tout de ça que je parle. Mon plaisir solitaire à moi - ok, parfois c'est mon sonia mais PAS LA - c'est un film. Toujours le même, regardé des dizaines et des dizaines de fois, sans que jamais je ne sois le moins du monde déçue.
Ce film là, il m'emmène à New-York, un jour d'automne qui sentirait la noisette. Il me téléporte à Central Park, ou dans un Deli appelé "chez Katz", où l'on mange les meilleurs bagels de la ville. Il me fait croire à l'amitié qui un jour devient de l'amour. Ce film là a la patine des jours heureux, il me ramène des années en arrière lorsque je croyais vraiment - imbécile... - qu'un jour l'amitié deviendrait de l'amour.
Ce film là c'est un gateau qui sort du four, un baume qui calme les douleurs, une histoire vieille comme le monde de deux amis qui un jour deviennent des amours.
Un jour, j'ai rencontré Harry qui rencontrait Sally. Et depuis ce jour, parfois, sur mon canapé, j'allume ma télé et je retrouve Meg et Billy, à Greenwich, à Soho ou Time Square... Pendant deux heures à peine, j'oublie alors la fureur et les cris, la terreur et l'ennui, j'oublie même ce con de Johnny. Je me pelotonne sur mon canapé et je goute aux délices de mon plaisir en solitaire...
26 août 2006
Trouver les mots
C'est l'histoire d'une femme qui saigne. Des flots ininterrompus depuis des mois, sans qu'aucun médecin ne comprenne. C'est l'histoire d'une femme qui pense que ce sang la rend folle, et qui va comprendre petit à petit que ces écoulements ne sont que l'expression de sa folie. C'est l'histoire d'une femme qui part à la découverte d'elle-même grâce à la psychanalyse. C'est l'histoire d'un sauvetage et d'une renaissance.
"Les mots pour le dire". J'ai découvert ce livre par Julie, dont je ne saurais que vous recommander encore et encore la lecture du blog, intitulé "Tout ce que j'aimais". J'ai dévoré ce petit ouvrage, comme on dévore un roman policier. Cette histoire n'est pas la mienne et pourtant, une porte s'est ouverte en moi.
Non seulement Marie Cardinal, l'auteure, parle avec une honnêteté et une simplicité incroyable de son long cheminement - sept ans - vers le recouvrement de la raison, mais elle fait en plus preuve d'une véritable poésie lorsqu'elle évoque l'Algérie et les souvenirs de son enfance. Pas à pas, on comprend avec elle pourquoi au fond de son ventre la "chose" a pris racine. Et à chaque révélation, on a la sensation qu'un noeud se défait aussi en nous. Bref, je ne trouve pas les mots, peut-être parce que cette lecture est trop récente. Mais je ne saurais que vous inviter à vous plonger dans ce petit livre, de ceux qui comptent et qui restent.
Mais peut-être l'avez-vous déjà fait, parce qu'à mon grand étonnement, moi qui n'avais jamais entendu parler de cet ouvrage - alors que je suis plutôt du style bouffeuse de bouquins - je découvre, en en parlant autour de moi, que bon nombre d'amis et de proches l'avaient déjà lu.
21 juin 2006
112 kilos de femme
J'ai trouvé la couverture de ce livre...
Lily la tigresse
Une amie - oui, toi, Vie - m'a offert un livre pour mon anniversaire, sur lequel je louchais d'ailleurs depuis un bon moment. "Lily la tigresse". je suis sûre que vous avez vu la couverture, une femme très ronde, coupe "Louise Brooks", nue, sur fond mauve, semble souffler sur une énorme sucette. Je viens de le commencer, et dès les premières pages, je suis laissée emportée. Il y a une vivacité dans le style de cette écrivaine israelienne - Alona Kimhi - que je n'avais pas ressenti depuis un bail.
Et puis forcément, le fait que l'héroine pèse un peu plus de cent kilos et que cela ne semble en rien être un problème, ne pouvait que me toucher ! Allez, je ne résiste pas à vous en livrer quelques lignes. L'extrait est tiré des premières pages, Lily se plonge dans un bain...
"Je fais durer le dernier instant, avant d'entrer en contact avec l'eau. De la haute fenêtre, un vent de fin de journée me caresse la nuque. Du salon s'élève l'opus 100 de Schubert et recouvre les bruits de la rue de sa mélancolie nordique. Un verre de porto dans lequel se suicident lentement des glaçons est posé sur le rebord de la baignoire. C'est le moment, la seconde, j'inspire avec la plus grande des précisions et je me plonge tout entière.
112 kilogrammes de femme.
Mes seins obéissent au commandement universel de l'eau et se redressent, deux îles jumelles, avec les tétons en postes d'observation au contours généreux, qui remuent légèrement comme des corps indépendants aspirant à se détacher pour partir à la dérive vers d'hypothétiques grands espaces. Amikam, toujours fidèle à son affection pour la culture hellénique, les appelait Charybde et Scylla. Son membre était bien sûr le navire d'Ulysse et sa volonté était celle des dieux, capable de transformer le basalte de deux rochers menançants en un tissu humain doux et ondoyant"
Voilà... Je n'ai lu qu'une cinquantaine de pages, mais c'est un bijou de sensualité, d'humour et d'autre chose, qui pourrait être à la fois de l'insolence et de la fantaisie.
02 avril 2006
DParoles
Bon, un petit mot pour vous signaler ce joli site réalisé par Pierrot. Des textes d'auteurs de l'ombre, délicatement présentés. Pierrot fait cela par amour des mots et ça se sent. Il m'a fait l'extrême honneur en plus d'ajouter une des aventures de la ronde dans ce recueil. Et j'avoue, je suis drôlement fière de me lire ailleurs qu'ici. Je sais, c'est un peu vaniteux, mais faute avouée... à demi pardonnée ? Bref, allez visiter les pages de Pierrot, vous ne le regretterez pas: http://www.dparoles.net/
Je reviendrai plus tard finir ma petite histoire du "jour où..."
Mais là, il me faut me mettre aux fourneaux !
09 février 2006
Laurie Colwin
Tous les livres de Laurie Colwin sont de véritables petits bijoux. Elle en a écrit moins d'une dizaine et puis elle est morte, jeune. Ce sont les éditions "Autrement" qui ont eu l'idée merveilleuse de les traduire et de les publier en France. "Une épouse presque parfaite", "Une vie merveilleuse", "Comment se dire adieu"... Des histoires assez courtes, qui ne font finalement que conter les petits riens de femmes plutôt aisées new-yorkaises. Les mots sont élégants et toujours justes. Derrière l'apparente normalité de ses personnages, se cache souvent un anticonformisme réconfortant, une originalité baroque. Il y a une femme très comme il faut qui trompe son mari et se révèle passionnée, une petite bourgeoise blanche folle de musique noire et qui se damnerait pour devenir une chanteuse de blues noir-américaine, une très jeune veuve qui tente de se reconstruire...
Les mots sont chuchotés et l'amour est toujours évoqué avec une extrème délicatesse. Lisez-la...
04 février 2006
Je cherche la ronde...
Petite période de doute. Continuer ce blog ? Parler d'autres choses que de ces pensées de ronde ou raconter encore ses toutes petites aventures ? A lire les quelques commentaires qui sont déposés ici, je m'aperçois que finalement, les "lecteurs" ne sont pas nécessairement des rondes. Cela signifierait-il que les préoccupations des girondes ne sont pas si particulières ?
La ronde c'est un peu moi et c'est un peu vous, et puis elle et même lui. Peut-être a-t-elle besoin de réfléchir à tout ça, peut-être va-t-elle revenir d'elle-même, j'avoue que là, je l'ai un peu perdue.
A part ça, rien à voir, mais j'ai lu d'une traite "Falaises" d'Olivier Adam. C'est triste et beau, c'est plein de la pluie d'Etretat, c'est une plongée dans le ventre de la mer. Des pages de proses qui pourraient presque se lire comme des poèmes.




