11 octobre 2006
Mon corps n'aime pas le sport
Je tiens à informer le monde entier - en tous cas une partie de la blogosphère, celle qui me fait l'honneur de me lire - que suite à mon héroïque traversée de la piscine Pontoise, je souffre actuellement d'une otite aigüe. A ce jour, d'ailleurs, je ne suis absolument pas assurée de retrouver l'usage de mon oreille droite.
De plus, il semblerait que des colonies de Candida Albicans - que celles qui n'ont aucune idée de ce que sont les candida passent leur chemin, elles sont sûrement du genre à avoir un chignon parfait ou à savoir garder un tee-shirt blanc une journée entière et ne sont donc pas les bienvenues ici - aient décidé de s'installer DEFINITIVEMENT dans l'endroit le plus chaud et humide - climat de rêve pour ces charmantes bestioles - de mon anatomie.
A l'heure qu'il est, je guette l'apparition d'une verrue plantaire qui ne devrait pas manquer d'apparaitre incessament sous peu.
A ce niveau là, ce ne sont pas des signaux que mon organisme envoie désespérément mais de véritables balises argos. Il n'aime pas le sport, c'est une évidence. Encore moins la piscine.
On m'a toujours dit qu'il fallait écouter son corps. Pour une fois je vais respecter ce conseil à la lettre.
PS: Y'a-t-il vraiment des filles ici qui ne connaissent pas les candida ? Bon, peut-être pas sous leur nom savant, mais enfin, ne me dites pas que vous n'avez jamais eu envie de vous asseoir en pleine rue et de vous frotter contre n'importe quoi pourvu que ça cesse de vous gratter ?
Si ?
Veinardes.
PS 2: Pour celles qui ignoreraient vraiment ce qu'est un candida je tiens à préciser qu'il ne s'agit pas de morpions, à me relire on pourrait confondre.
26 septembre 2006
C'est quoi ça sur ta tête ?
Une fois tous les dix ans, je vais à la piscine. Je vous arrête tout de suite au cas où vous voudriez m'en féliciter, l'initiative ne vient jamais de moi.
C'est toujours le même scénario. Une copine, de préférence sublime - sinon ce ne serait pas drôle - semble décidée à me prendre en main et me propose, d'un ton ferme et sans appel, d'aller nager avec elle. Qu'est-ce qui motive ces amies touchées par la foi ? J'avoue qu'encore aujourd'hui je l'ignore. Tout ce que je sais c'est qu'en général la proposition n'est jamais réitérée. Il suffit d'une fois pour comprendre que la piscine et moi, ce n'est pas ça.
Donc, une fois que j'ai dit oui - au risque de me répéter, une fois tous les dix ans - et que j'ai fait part avec une vraie sincérité de mon enthousiasme à l'idée d'une telle expédition - enthousiasme dû au fait que les années passant j'OUBLIE, un peu comme on décide de refaire un enfant parce que le corps, cet imbécile, n'a pas de mémoire - une fois disais-je que j'ai dit oui, je commence à ressentir les premiers assauts de l'angoisse.
Je veux parler de l'angoisse de la piscine.
L'angoisse de la piscine, c'est, comment dire ? C'est l'angoisse du premier jour de plage en pire. A cause d'un truc qui parait peut-être vraiment anodin, un détail pour vous mais qui pour moi veut dire beaucoup: le bonnet de bain.
Celui qui a inventé le bonnet de bain est encore plus vicieux que celui qui a créé les Dim-Up. Comme chacun a pu le comprendre, la seule partie de mon anatomie avec laquelle je ne sois pas fachée, c'est ma chevelure. Elle n'a jamais failli, ne m'a jamais lachée, n'a jamais pris de cellulite, ne s'est pas ramollie au fil des ans et ne s'affaisse pas comme deux lacheurs de premier ordre que je ne nommerai pas mais qui se reconnaitront sûrement. Quand je suis boudinée dans mon maillot, mes cheveux me soutiennent, ils cachent mon visage gêné, ils flottent et j'en suis sûre détournent l'attention des regards cruels qui m'assaillent.
Mais le bonnet de bain gâche tout.
Déjà, personnellement, après avoir enfilé cet énorme préservatif même pas lubrifié, il me faut quelques minutes pour calmer ma crise de larmes. Et bien oui, c'est comme ça, moi quand on s'y prend à quinze pour me tirer les cheveux et tout spécialement les tous petits, les bébés qui poussent au creux de la nuque ou derrière les oreilles, je pleure. Parfois, même, je crie.
Une fois calmée, il faut affronter l'immense glace posée là uniquement pour remuer le couteau. Là tu te trouves face à une race de chien dont le nom m'échappe mais assurément de la famille des bouledogues, reconnaissable aux plis qui s'accumulent au-dessus des yeux. Un effet bizarre, qui te donne l'air à la fois très en colère et en même temps morte de rire, sans qu'un son ne sorte évidemment de ta gorge. En gros tu fais peur. Même à toi tu fais peur. Ne parlons pas des enfants qui pressent le pas quand ils te croisent. Bref tu te retrouves défigurée par un rictus horrible sans qu'il soit possible de changer ton expression. Même si tu le pouvais d'ailleurs tu ne le ferais pas parce que dès que tu essaies de soulever tes paupières, ça t'arrache les cheveux qui te restent.
Le bonnet est également à l'origine d'un effet d'optique curieux mais incontestable: il réduit le volume de ta tête. Est-ce nécessaire de préciser que du coup le reste parait plus gros?
Enfin, une fois que l'objet de torture a été retiré et avec lui les trois quarts de ce qui te restait de ta tignasse, il te laisse en souvenir une très esthétique marque rouge juste au dessus des yeux qui reste incrustée sur ton visage le reste de la journée. Un peu comme si ton front hurlait à qui veut l'entendre: "je suis allée à la pisciiiiiiiiine, moaaaaaaaaa".
Demain je vous raconterai ma séance de piscine...
28 juin 2006
Parle à mon cul...
"Tout pour être plus belle de dos". C'est ce que nous promet le Elle de cette semaine. Histoire de nous rappeler qu'en effet, le bourrelet du ventre qu'on essaie de camoufler du mieux possible avec une blouse un peu large, c'est rien comparé à l'énorme popotin qu'on se trimbale quotidiennement, sans qu'il ne nous soit - heureusement - imposé de le voir, mais que le reste du monde moque en silence, c'est sûr.
Donc, intriguée et pleine d'espoir, la ronde se précipite sur son magasine chéri - et pourtant ô combien souvent détesté - histoire de voir à quelle sauce son cul pourrait être mangé... Outre les conseils judicieux prodigués par de filles pourvues de fesses ressemblant à de charmants abricots veloutés, sur laquelle la ronde reviendra plus tard, "Elle" nous propose, dessins à l'appui, un inventaire de ces petits défauts de fessiers qui nous pourrissent la vie. Pour chaque type de cul, des astuces vestimentaires sont suggérées, afin de "tirer parti" de nos imperfections. Sur le principe, rien à dire.
Seulement voilà... il y a certes la fille aux fesses basses, la fille à la culotte de cheval, la fille aux fesses plates, ou celle aux grosses fesses. Mais il n'y a pas la fille AUX GROSSES FESSES BASSES ET PLATES ET A LA CULOTTE DE CHEVAL... Du coup, la ronde est perdue: en cas de fesses basses, il faut porter des robes droites. Mais si culotte de cheval il y a - et oui, il y a - surtout pas malheureuse! Idem pour le jean. En cas de gros cul, qualifié de "sexy" par la facétieuse journaliste, "ni taille haute, ni taille basse, le jean doit enrober la hanche et souligner la naissance de la taille" (heu... ????). En revanche, en cas de cellulite, il faut choisir une taille semi-haute (re-heu... ?). Mais si votre pétard en plus d'être bas est également plat - si si, c'est possible - c'est fichu. Pour un cul raplapla, rien ne vaut en effet une taille basse. Totalement proscrite par contre en cas de petites jambes et donc de cul bas. Ah, parce que oui, j'oubliais, "Elle" nous révèle un truc complètement dingue: quand votre postérieur semble trainer sa misère, "ce qui pêche, ce n'est pas vos fesses, ce sont vos jambes"... Vous pensiez n'avoir qu'un problème de postérieur ? Raté, vos jambes aussi sont bonnes à jeter.
Bref, la ronde finit par refermer rageusement le magasine, constatant une fois de plus qu'elle n'entre dans aucune des catégories proposées. Elle continuera donc de s'habiller tant bien que mal et de tourner dignement le dos à son cul. Après tout, il ne mérite que ça.
13 juin 2006
Ces petits riens...
Point n'est besoin ce matin de monter sur la balance. Tous les indicateurs du kilo repris ont viré au rouge:
Petite culotte: semble décidée à se coincer dans mes fesses. Disgracieux et désagréable
Pantalon: a rétréci de deux ou trois centimères. Impression "feu au plancher" des plus élégantes
Tunique: les coutures des manches sont entortillées autour de mes bras. Je ressemble à un saucisson
Seins: veulent à tout prix s'échapper de mon soutien-gorge. On pourrait croire que j'en ai quatre
Pieds: sciés. Rebondissent de mes chaussures
Ventre: en boudin.
05 juin 2006
Bad monday
Impression de peser 100 kilos. Envie de me vomir.
30 mai 2006
Le comble d'une ronde
La ronde est tellement hypocondriaque qu'au moindre kilo perdu sans effort, elle se croit atteinte d'une maladie incurable...
Ou comment être sûre de n'être jamais sereine...
09 mai 2006
Rue hostile
Marcher dans la rue, bomber le torse et regarder droit devant soi. Croiser un groupe de garçons et ne pas flancher. Continuer son chemin, ne pas soutenir leur regard, ne pas baisser les yeux. Serrer très fort les poings dans ses poches et prier pour qu'ils ne la voient pas. Passer tout près d'eux, en tremblant. Sentir son coeur taper plus fort. Frôler un des garçons qui s'est ostensiblement mis en travers de sa route, sans accélérer le pas. S'éloigner et retrouver peu à peu son calme, au fur et à mesure qu'elle prend de la distance.
Entendre, alors qu'elle ne s'y attendait plus, la rumeur des rires mauvais. Recevoir finalement en plein coeur l'invective hostile, plus affutée que la lame d'une épée: "Hé, la grosse !".
01 mai 2006
"42, voire 44"
Il y a deux jours, la ronde a pris son courage à deux mains. Elle est entrée dans un grand magasin avec la ferme intention de trouver un ou deux vêtements, histoire de ne pas entamer la belle saison sans quelque chose de nouveau. Le premier espace était celui d'une marque célèbre pour ses publicités mettant en scène des mères et des filles, sans qu'on sache parfois laquelle est qui...
Sans aucun espoir de trouver quoi que ce soit à sa taille, la marque étant également réputée pour ne pas vraiment s'intéresser aux filles pulpeuses, elle prit malgré tout le temps de caresser les étoffes fragiles, d'admirer les tuniques soyeuses et étroites, et de contempler les robes immaculées et brodées, dans lesquelles même un seul de ses seins n'aurait pu entrer. Alors qu'elle levait les yeux pour attraper un tee-shirt - seul article susceptible de lui aller - elle vit ce petit mot collé en haut d'un rayon:
"Nous informons nos aimables clientes que nous n'exposons que les tailles 36, 38 et 40. Pour le 42 voire le 44, nous vous conseillons de vous adresser à nos hotesses"
Comme on a pu déjà le constater, la ronde peut vite avoir la moutarde au nez et rapidement sentir l'énervement monter. "42, voire 44...". Ce qui la heurtait le plus, à bien y réfléchir, c'était ce "voire", l'expression d'une probabilité si faible et d'une éventualité si peu imaginable qu'il n'était presque pas utile de la mentionner. Le "voire" signifiait non seulement que la possibilité qu'une cliente réclame une telle taille était quasi nulle mais également qu'il n'y avait que très peu de chances que le magasin ait en l'occurence un tel modèle en réserve.
Si la ronde fulminait, alors qu'elle n'avait de toutes façons pas l'intention d'acheter quoi que ce soit, c'est qu'elle réalisait qu'elle était ce "voire", cette monstruosité, ce cas particulier.
Alors elle s'en alla, tournant le dos aux exquis habits qui de toute évidence n'avaient pas été façonnés pour elle. Elle pensa qu'elle ne devait pas être la première à se sentir ainsi poussée dehors par cette affichette. Les rondes dépensent en effet une telle énergie à passer inaperçues dans les rayons, que jamais au grand jamais elles n'auraient le courage d'aller réclamer du 42, voire du 44... Et le pire, se dit la ronde, c'est que les responsables du magasin le savaient bien...
06 avril 2006
Cadeaux empoisonnés
Savoir recevoir un cadeau et surtout faire bonne figure lorsque le dit présent ne plait pas, n'est pas chose aisée. Mais pour la ronde, en ces temps d'anniversaire, l'exercice est encore plus angoissant.
Sa grande peur, dans ces circonstances, est de se voir offrir un vêtement. Elle n'a d'ailleurs jamais bien compris comment il était possible qu'on persiste encore à lui acheter chemise, tee-shirt, pull ou même jupe, tant il lui semble évident que dénicher quelque chose qui lui ira vraiment est un pari improbable.
Pourtant, régulièrement, on lui remet un paquet qui, dès la palpation, ne laisse aucun doute. Une fringue. L'intention est toujours si bonne qu'elle ne voudrait pas avoir l'air ingrate: elle est sincèrement touchée. Seulement voilà. Les âmes amies ne se contentent en général pas d'un "merci c'est adorable et super joli". Dès le papier arraché et le vêtement déplié, la ronde entend l'inévitable et redouté "va l'essayer, si ça ne va pas on peut changer".
Difficile de décrire là les affres auxquels elle est alors confrontée. Refuser d'optempérer risque de vexer celui qui vient, fébrile, de lui offrir le présent. Mais accepter, c'est s'exposer aux regards déçus et gênés de ce dernier. Parce que bien sûr, neuf fois sur dix, ça ne lui va pas. Il y a d'ailleurs une explication très simple à cela. Les gens qui aiment la ronde ne la "voient" pas. Cela ne leur viendrait donc pas à l'esprit d'acheter une jupe en 44 ou un petit haut en taille 4. Ils ne réalisent pas non plus forcément que cet adorable cache-coeur en maille couvrira à peine la moitié de ses seins.
La ronde parvient régulièrment à esquiver le défilé de mode post-gateau d'anniversaire, mais parfois, elle s'y colle, empruntée. Elle sort de sa chambre le ventre rentré et se dandine maladroitement, tirant nerveusement sur le petit - très petit - pull, du coup déjà foutu pour un éventuel échange, tout en faisant mine d'adorer cette nouvelle tenue. Elle joue si bien la comédie que tout le monde est ravi, mais toutefois soulagé lorsqu'elle prétexte une température trop ou pas assez élevée pour rester ainsi et qu'elle repart se changer.
Au fil des années, les uns et les autres ont compris qu'après tout, les livres et autres nourritures spirituelles étaient des cadeaux moins risqués.
Surtout, l'homme est arrivé. Il a lui décidé que la ronde porterait vraiment des mini cache-coeur, des soutiens-gorge pigeonnants et autres débardeurs aux décolletés provoquants. Et petit à petit, la ronde s'est prise au jeu de défilés olé olé, très vite déshabillés...
04 avril 2006
Humiliation sur la chaussée
La ronde a un sale caractère, faut pas croire. On dit que les ronds sont bonhommes... bof, pas tous. Le problème, c'est qu'on ne la loupe pas. Et qu'à un moment où à un autre, on lui fait payer son irrascibilité passagère en rappelant à son bon souvenir ses kilos qu'elle n'avait pourtant pas oubliés.
Petit exemple anodin mais toutefois douloureux...
La ronde est excédée lorsqu'elle doit traverser un boulevard à l'endroit du passage piéton, de voir les voitures débouler et frôler ses orteils sans freiner. Alors fréquemment, elle brave courageusement le danger et s'engage sur les lignes blanches, alors même qu'un bolide approche. Elle prend alors un malin plaisir à ralentir le pas, histoire que le conducteur soit contraint de ralentir, puis de s'arrêter, ce qui le met bien sûr en rage. La dernière fois, elle s'est livrée à ce petit exercice alors qu'elle était accompagnée de ses collègues. Et là, le fou du volant, furieux de voir la ronde marcher ostensiblement au rythme d'un escargot, a sorti son visage rougi par la fenêtre et éructé assez fort pour être entendu dans un périmètre d'une centaine de mètres: "c'est bon, on t'a vue, ça, on risque pas de te louper, ne t'inquiète pas, connasse !".
Se faire insulter n'est jamais agréable. Devant témoin, encore moins. Mais plus que le "connasse", ce qui transperça le coeur de la ronde, ce fut l'insinuation à peine voilée selon laquelle son gabarit était assez imposant pour qu'on la repère de loin. Le silence gêné et le malaise palpable de ses collègues finirent de la glacer.
Braver la bêtise et la vulgarité de certains individus a souvent un prix. Pour la ronde, ce prix à payer est souvent assez cher, c'est celui de la fierté.
