10 octobre 2006
La grossesse c'est trop fashion, suite
Après vous avoir lues hier et avoir à mon tour pouffé de rire, je me suis dit que je n'avais finalement pas tout dit sur ce sujet inépuisable.
Je vais être cette fois-ci plus sérieuse. Parce que bon, c'est bon de rire parfois, certes, mais il faut aussi savoir raison garder. De temps en temps. Si. C'est comme ça, je suis navrée, ce n'est pas négociable, vous ne m'entrainerez pas sur les pentes glissantes des blagues graveleuses. Je suis tout à fait et absolument capable d'écrire un post sans parler ni de sexe, ni de caca ni de ventre mou. La preuve.
Bref, ce que je voulais préciser, par rapport à mon billet d'hier, c'est que bien sûr certaines femmes sont VRAIMENT comme ça et perdent en effet leurs cinq kilos pris pendant la grossesse à grand renfort de cochonneries ingurgitées en dépit du bon sens. Alors que pendant ce temps là vous et moi on garde à l'esprit les cinq portions de fruits et légumes INDISPENSABLES au bon développement du foetus et on n'arrête pas de se répéter que non non non on ne mange pas pour deux - ou trois. Pour finir comme ça. Oui, comme ça, là, en haut à gauche.
Et vous savez quoi ? Je n'ai pas plus d'aigreur que ça. Non, mais je le jure ! C'est passé, je suis grande maintenant. Et je sais en plus qu'il y a tellement plus important que d'avoir un corps de rêve. Quoi par exemple ? Plein de choses. Y'en a tant d'ailleurs que je préfère ne pas me lancer dans une liste qui de toutes façons ne serait jamais exhaustive.
Sérieusement, ce que je conteste surtout, c'est l'image totalement faussée de la maternité qu'on nous brade tous les jours. Un truc idéalisé, aseptisé, peuplé de layette en cachemire, de sourires béats et de gazouillis benêts. Alors que faire un enfant, c'est presque bestial, c'est un acte charnel, qui donne du bonheur mais qui fait mal aussi. Une aventure pleine de bosses et de creux. Pleine de peur et d'extase. Et la réduire à quelques mois de ventre joliment bombé, c'est non seulement faux mais dangereux pour celles qui pourraient y croire. Et du coup ne pas comprendre pourquoi après avoir accouché elles sont à la fois si heureuses et si atrocement tristes.
Voilà, je ne suis pas plus savante qu'une autre, je n'ai pas de leçons à donner. C'est juste qu'être une femme ce n'est déjà pas toujours très évident. Que devenir mère c'est aussi tout une histoire. Alors si on pouvait juste ne pas nous culpabiliser dès les premiers mois pour cause de kilos récalcitrants ou de bonheur pas assez criant, ce serait, pour une fois, nous faciliter la tache.
Et si on pouvait au passage foutre la paix à celles que ça tente moyen ou pas du tout, là, franchement, ce serait top moumoutte.
Merci. Et quand je dis merci c'est plus pour mes consoeurs que pour moi même parce que bon, la photo, là, qui est d'ailleurs une photo de photo, et bien c'est sans trucage. Et ça, on ne le vit qu'une fois, croyez moi.
25 février 2006
La vérité sort de la bouche des enfants
Mère et fille...
- Maman...
- Oui ma chérie ?
- Tu es belle.
- Merci mon ange.
- Maman...
- Oui trésor ?
- Tu est la plus gentille des mamans et je t'aime.
- Moi aussi mon amour.
- Maman...
- Oui mon chaton ?
- Tu es la plus jolie des princesses
- Et toi tu es ma petite reine, mon ange, allez, dors maintenant
- Maman ?
- Oui...
- Quand même... la maman de Léa est moins grosse que toi.
09 février 2006
Le creux d'un poignet...
Quand son petit garçon et sa petite fille sont nés, la ronde était endormie. On a ouvert son ventre et sorti ses bébés sans qu'elle ne ressente quoi que ce soit. Et quand elle s'est réveillée, le samu les emmenait dans un hôpital pour prématurés.
Elle ne les a pas vus. Elle a juste eu le temps de passer sa main par une fenêtre de la couveuse et d'effleurer le poignet de son fils. Il a frémi et tourné la tête vers elle. Ce fut tout. Voilà son seul souvenir de ce jour où ses enfants son nés. Son doigt caressant un poignet de soie. De sa fille, rien. Juste un polaroïd flou qu'un infirmier eut la bonté de lui donner.
C'était il y a six ans et ce soir là est à jamais une page blanche de sa vie.
08 février 2006
Lacher prise
Et puis un jour, son corps qui avait été si vaillant, vacilla. Etait-ce son ventre qui ne parvenait plus à les porter ou étaient-ce ses petits qui avaient décider de le quitter ? On ne peut pas savoir ces choses là, c'est un secret à jamais gardé.
Toujours est-il qu'il était trop tôt, et qu'une autre manche allait se jouer pour eux, loin de l'abri maternel.
La ronde venait d'apprendre qu'être mère, c'était accepter de lacher prise...
La couvade
La ronde passa des mois allongée, à couver. Autour d'elle, on louait son calme et sa patience. Ce que ses proches n'avaient pas l'air de comprendre, c'est qu'elle n'aurait échangé sa place contre rien au monde. Elle savourait au contraire chaque seconde de cette parenthèse enchantée. Cette pause hors du temps ne lui coûtait aucun effort, tant son corps n'aspirait qu'à la survie de ses bébés. Plus elle grossissait, plus elle s'épanouissait. Elle était trois et ne faisait plus qu'un.
Lorsque l'homme posait sa main sur ce ventre mouvant, la ronde savait qu'elle touchait du doigt l'instant parfait.
06 février 2006
Fertile
Elle était pleine et belle. Elle était mère nourricière et terre d'asile, fertile. Pour la première fois, son ventre était objet de fierté. Elle se sentait grosse d'amour. Les regards des autres femmes étaient envieux comme ils ne l'avaient jamais été.
Double promesse
Et comme pour prouver que ses hanches n'étaient pas rondes pour rien, ce n'est pas un bébé qui commençait à grandir en elle, mais deux. Son ventre devenait une maison, et son corps se faisait accueillant. L'heure de la réconciliation avait sonné.
05 février 2006
Une promesse de vie
Une semaine, deux semaines, trois semaines, et puis quatre, cinq... La ronde ne répondant pas aussi bien que prévu à la diète, monsieur Protéines n'en finissait pas de prolonger la cure. La ronde ne pensait plus qu'à une chose: manger. Ce qu'elle avait mangé, ce qu'elle mangerait, ce qu'elle rêvait de manger. Et cette obsession semblait l'empêcher de maigrir autant qu'elle aurait dû. Elle pesait inlassablement les rares aliments que le médecin réintroduisait petit à petit dans son alimentation. Elle dégustait le plus longtemps possible les miettes de pain autorisées. Et n'en finissait pas de cuisiner pour l'homme et ses amis, se nourrissant par procuration.
Cinq mois passèrent. Elle était amincie mais se sentait sur un fil. Tentée de ne plus jamais rien avaler, ou, au contraire, de dévaliser les placards et d'ingurgiter tout ce qui passerait sous son nez.
Finalement, le salut vint de l'amour. Son ventre haï décida en effet de prendre vie. A moins que ce ne fût la vie qui s'empara de son ventre. Toujours est-il qu'il allait bien falloir accepter de faire confiance à son corps, puisqu'il abritait désormais une promesse d'enfant...
