21 novembre 2006
Tu veux ou tu veux pas ?
La scène se passe encore et toujours dans un lit parce que comme l'explique si bien Sally à Harry, "le carrelage de la cuisine c'est trop froid"...
Lui: Mmmm, j'ai envie de toi, viens là...
Elle: Rohh, qu'est-ce que t'es pressé...
Lui: Oui je suis pressé, j'ai envie depuis tout à l'heure, au restaurant. Viens... (il se jette sur elle)
Elle: Mais, attends, j'ai pas envie comme ça moi, doucement un peu...
Lui: T'inquiète pas, je vais m'occuper de toi, on va prendre tout notre temps. (Il la caresse et l'embrasse)
Elle: Non, mais c'est pas ça, c'est juste que tu ne me donnes même pas le temps d'avoir envie. Je sais pas moi, c'est bon aussi de sentir qu'on doit séduire l'autre. J'ai envie de te conquérir, tu vois ? Là à peine la lumière s'éteint que tu es au garde à vous. Tu parles d'un suspense...
Lui: Ben quoi, tu devrais être contente, non ? Et puis c'est bon, je suis conquis, depuis le temps. Tu sais bien comment je suis. J'ai des gros besoins, moi.
Elle: Et jouer un peu la comédie, c'est pas possible ? Faire genre que tu n'es pas sûr, que tu ne sais pas, que tu préfères attendre un peu... Regarde, moi, quand je te fais mariner, t'aimes ça, non ?
Lui: Bof... Je n'ai pas trop le choix surtout. Bon, d'accord, je te laisse venir. J'attends.
Dix secondes après
Lui: A y'est ? T'as vachement attendu, non ? Tu dois être super excitée, là, à mon avis...
Elle: T'arrêtes un peu ! ça fait à peine dix secondes.
Lui (bougon): Oh... moi j'en ai assez. Puisque c'est ça, bonne nuit. (Il se tourne)
Cinq minutes après
Elle: Hé...
Lui: Gprpprpmppfff...
Elle: Tu dors ?
Lui: Mmmmmoui...
Elle: T'es sûr ?
Lui: Mmmmm... j'ai sommeil, là, je suis en train de m'endormir...
Elle: Tu veux plus ?
Lui: Ben non, j'ai trop sommeil, tant pis.
Elle: T'as plus envie de moi, j'ai compris.
Lui: Mrgmrgrmrpffff...
Elle: C'est parce que j'ai grossi ? J'en suis sûre. Tu me trouves énorme, c'est ça. Du coup t'as plus envie de moi.
07 novembre 2006
Quand est-ce qu'on sait ?
La scène se déroule dans un lit, parce que c'est toujours au lit qu'ont lieu les conversations les plus importantes. Les plus intimes aussi. Il et Elle chuchotent, serrés l'un contre l'autre.
Lui: Ils grandissent, hein, nos petits...
Elle: Et oui... Ce ne sont vraiment plus des bébés. Bientôt ils ne voudront plus qu'on les embrasse. Tu te rends compte ? Plus de calins...
Lui: Je ne veux pas qu'ils grandissent comme ça moi. C'est trop tôt, je n'ai pas eu mon compte. Il ne nous reste plus qu'à en faire un autre !
Elle: N'importe quoi ! Je croyais qu'on était d'accord, que c'était terminé ? Tu sais bien, ce serait compliqué avec trois enfants. On n'a pas la place. Avec mon travail, ça ne serait pas possible. Et puis on vient d'en sortir. Non, vraiment, c'est terminé.
Lui: Oui, tu as raison.
Après quelques minutes...
Elle: Tu étais sérieux ?
Lui: Non, je plaisantais, c'est juste que je suis nostalgique, mais au fond de moi je sais que c'est terminé.
Elle: Ah...
Elle se retourne dans le lit en s'éloignant ostensiblement de lui
Lui: ça va ?
Elle: Oui, ça va.
Lui: Ben non, ça n'a pas l'air. Qu'est-ce que tu as ?
Elle: Non, rien.
Lui: Allez, dis-moi.
Elle: Y'a que tu ne veux plus d'enfants. Y'a que c'est comme si j'étais ménopausée. D'un coup. Y'a que je vais avoir cinquante ans.
Lui: Dans quinze ans. Tu vas avoir cinquante ans dans quinze ans.
Elle: Oui et bien ça pourrait être demain puisque de toutes façons je suis hors service maintenant.
Lui: Mais enfin, tu es la première à dire que ce ne serait pas possible ? On était d'accord, non ?
Elle: Tu comprends rien ! C'est pas pareil si c'est moi qui le dit. Et puis là tu as réveillé mon instinct maternel. Du coup là, j'ai mal. Tu as fait joujou avec mon utérus. Tu lui as fait croire pendant deux secondes qu'il pouvait encore servir. Et ensuite tu lui as claqué la porte au nez. Sans aucun ménagement. Tu sais quoi ? C'est moche ce que tu as fait, c'est très moche.
Après un temps...
Lui: Tu es sérieuse ? Tu veux un autre enfant ?
Elle: Non, je ne crois pas. Mais je ne veux pas que tu n'en veuilles plus. Je veux que ça reste possible, je ne peux pas écrire le mot fin.
06 novembre 2006
"Même jour même heure, même pomme"
Dans une soirée, la ronde a retrouvé un ami de lycée, un de ceux qui à l'époque lui avait fait verser des larmes amères. Trop grosse pour lui, s'était-elle dit, trop moche, trop nulle, personne ne m'aimera jamais... Il avait en effet préféré qu'ils restent amis. Pendant des mois elle avait fantasmé sur le jour où elle lui en mettrait plein la vue. Ce jour chéri où il ramperait à ses pieds en pleurant qu'il s'était trompé.
Que la première qui ne s'est jamais fait ce genre de scénario me jette la première pierre. Sauf qu'en vrai, je ne sais plus où j'ai lu ça, quand on retombe sur ce mec qu'on souhaite scotcher d'amour, on est encore plus moche que le jour du fameux rateau douloureux. On regrette alors amèrement d'avoir rêvé de le rencontrer par hasard et de n'avoir donc pas eu le temps ou l'occasion de faire en sorte d'être au top.
En l'occurence, dans cette soirée de la vraie vie, dix ans après, il ne s'est pas passé grand chose, mis à part ces quelques mots échangés...
- "Alors comme ça, tu ne fumes plus ?"
- "Non, je ne fume plus. Je ne fais plus de régimes non plus. Tu vois, en dix ans, j'ai finalement réussi à changer. Un peu".
- "Tu sais quoi ? Ne change plus rien maintenant. Parce que ça te va bien de ne plus faire de régimes. Tu es... tu es bien".
Il y a des soirs, comme ça, où on se dit que vieillir ce n'est pas si mal. Il y a des soirs où l'on a l'impression très nette qu'il est temps de dire adieu à cette fille que l'on détestait tant. Il y a des soirs où par le hasard de retrouvailles, on mesure le chemin parcouru et où l'on se rend compte que l'heure de la réconciliation avec soi même a sonné.
Après ce compliment anodin, je l'ai regardé et je n'ai évidemment rien retrouvé de ce qui m'avait fait craquer en 1ère B...
Alors mes yeux se sont posés sur l'homme, le mien, avec ravissement et reconnaissance pour ce qu'il a su voir et comprendre. Et avec un peu d'étonnement qu'il parvienne à me supporter.
30 octobre 2006
Ma liberté commence là où s'arrête la tienne.
La scène se déroule un soir, après le boulot.
- Elle: Au fait, jeudi je sors avec mes collègues. ça ne te pose pas de problème ?
- Lui: Quels collègues ?
- Elle: Ben toujours les mêmes, Laurent, Pascale et Stéphane, pourquoi ?
- Lui: Tu l'aimes bien hein, ce Laurent ?
- Elle: Oui je l'aime bien, il est hyper drôle. Mais c'est juste un copain, tu le sais très bien. C'est même un collègue.
- Lui: N'empêche que tu l'aimes bien.
- Elle: Arrête.
- Lui: Non mais c'est juste que t'es déjà sortie la semaine dernière, alors je me dis que tu l'aimes bien.
- Elle: Ecoute, il faut que tu comprennes que moi j'ai besoin de voir du monde. C'est comme ça, je ne suis pas qu'une mère et une épouse. Je suis aussi une femme, tu vois ? Ce n'est pas bon d'être enfermée dans son couple. C'est pour nous que je sors aussi, tu comprends ? Pour qu'on ne se sclérose pas.
- Lui (narquois): Ouais c'est surtout pour aller picoler avec tes copains.
- Elle : Heu... Je... Non, pas seulement. Et quand bien même, j'ai le droit. Je suis libre que je sache, non ? On n'est plus au 19ème siècle. Je te rappelle qu'on a le droit de vote depuis un demi-siècle. Va falloir que tu sois un peu moins exclusif mon chéri. J'ai besoin de mon indépendance. Ce n'est pas contre toi c'est une question d'épanouissement personnel. D'ailleurs tu devrais faire pareil. Crois-moi jamais je ne t'empêcherai de sortir avec des copains. Je serai même RA-VIE que tu le fasses. Parce moi, que ce qui te fait plaisir me fait plaisir.
- Lui: C'est bon, c'est bon, Yvette Roudy. Sors avec tes copains mais le Laurent, là, il n'a pas intérêt à regarder tes seins.
- Elle (caline): T'es bête toi... Non mais tu sais, c'est important pour moi de bien m'entendre avec mes collègues. ça permet de décompresser, et puis ça rend le boulot plus humain, tu vois ?
- Lui: Je comprends, je comprends... Tiens, en parlant de collègues, tu sais, Patricia, et bien elle court avec Pierre et moi maintenant, le mercredi à midi. Et elle a été IMPRESSIONNEE par ma foulée.
- Elle (après un temps d'arrêt): Ah oui ? Et elle a rien d'autre à foutre que te regarder, cette garce ? Tu sais quoi ? Je t'interdis d'aller courir à partir de maintenant. Quelle salope tout de même. Elle sait que tu as des enfants ? Y'en a qui reculent devant rien, c'est incroyable. Et toi bien sûr, tu roucoules, hein ? Tu devrais avoir honte. Oui, honte, parfaitement. Tu n'as qu'à le dire si je ne te suffis plus. Tu sais quoi pour jeudi ? Et bien je vais mettre un grand décolleté.
25 octobre 2006
Un matin, au lit
La scène se déroule dans un lit, un matin, après un réveil crapuleux...
(L'image n'a pas grand chose à voir avec la suite mais ça fait partie de mes incontournables...)
- Elle: J'ai grossi. Au moins deux kilos.
- Lui: mrpfffffhhpfff...
- Elle: C'est cette nouvelle pilule. Je ne vois que ça. Parce que sinon, on ne peut pas dire non plus que je me gave. C'est simple je ne mange rien.
- Lui: mmmmmmm...
- Elle: Non mais je te jure, cette saloperie me donne ENVIE de manger du sucré. Je résiste je résiste, mais bon, parfois, je craque. Je vais apeler ma gynéco. J'ai déjà un terrain favorable, si les hormones s'y mettent moi je déclare forfait.
- Lui: mmmmmmmmm...
- Elle: ça te dérange ?
- Lui: Quoi ?
- Elle: Que j'ai grossi. ça te dérange ?
- Lui : Mais non...
- Elle: AH !
- Lui (sentant qu'il vient de faire une GROSSE boulette, sans vraiment parvenir à savoir laquelle): Quoi, "AH !" ?
- Elle: J'ai bien grossi, tu viens de le dire très clairement. Merci, c'est vraiment le moment approprié. Un vrai gentleman.
- Lui: Non mais t'es dingue, j'ai RIEN dit !
- Elle: Je te demande si ça te dérange et tu me dis non. Donc IMPLICITEMENT tu admets que j'ai grossi.
- Lui: (gros, gros, très gros soupir)
- Elle: Je te donne un exemple. Si tu me dis: "je perds mes cheveux. ça te dérange, que je perde mes cheveux ?", et que je te réponds: "Non, pas du tout". Tu comprends quoi ? Que tu perds tes cheveux, mais que ça ne me dérange pas. Alors que si je te réponds: "non mon amour, tes cheveux sont magnifiques, ils sont tous là", c'est différent.
- Lui, affolé: Je perds mes cheveux ?
- Elle: Ne t'inquiète pas mon chéri, de toutes façons ça ne me dérange pas...
20 juillet 2006
Premières étreintes, un autre point de vue
Les premières étreintes, vues du point de vue de l'homme, enfin, de ce que j'imagine être son point de vue... Pour saisir toute l'extrème subtilité ;-) du propos, je conseille de lire au préalable ce billet, là
"Allez, je me lance, je l'embrasse. Le cou, d'abord. En général, ça marche, le cou, non ? Ah, oui , ça a l'air de marcher. Oh là là, ses seins... Quelle poitrine ! Un peu lourde, comme j'aime. Une poitrine réconfortante, de femme. J'étais sûr que sa peau serait douce. Merde, je la sens qui se raidit. Je vais trop vite, je n'aurais pas dû arracher les boutons de son chemisier. Calme toi mon grand, calme toi, tu vas tout gâcher. En même temps, sa peau est si douce que j'ai envie de la caresser de partout. Allez, tu as raison ma belle, allonge-toi, on sera mieux. Pas moyen d'aller plus bas, merde. Si ça se trouve je ne lui plais pas. Mes poils. J'ai trop de poils, à tous les coups c'est ça qui la bloque. C'est bien ma veine, je tombe sur une fille qui n'aime pas les hommes velus. Pourtant je n'en ai pas beaucoup en même temps. C'est peut-être ça, en fait je n'en ai pas assez. Manque de virilité. A tous les coups.
Voilà qu'elle me demande à boire. Vite, vite, pourvu que cette pause ne me fasse pas perdre mes moyens. La cata. Le mec qui se ratatine le premier soir. Sûr que là, je ne la reverrai pas. Allez, hop hop hop, je remonte. Ouah, elle est nue sous les draps. Pfiou... Pas de risque que je me ramollise. Ses épaules sont rondes, je les croquerais.
J'y crois pas, elle a à peine bu. Bon, n'y pense pas, reste concentré. Ah bon, pas sur moi ? Dommage, j'aurais pu la regarder en même temps, ne pas en perdre une miette.
Je pourrais au moins enlever ce drap, non ? Non ? Ah, pas de chance, je suis tombé sur une frileuse. En même temps, elle n'a pas froid aux yeux... Bon, allez, je prends les choses en main. Baisse la garde chérie, laisse moi venir.
Un jour, je lui dirai que sous les draps je les vois aussi ses bourrelets. Un jour, je lui dirai que je les aime aussi. Un jour, j'espère.
17 juillet 2006
Premiers calins...
Bon, grosse grosse journée au boulot, pas le temps pour ce billet passionnant que je comptais vous écrire sur... ah, je ne le dis pas, vous verrez bien demain... ;-) Qui a dit que je n'avais pas d'idée ? Hein ? QUI ???
Donc je vous inflige à nouveau une petite rediff, de saison je pense. Bah oui, l'été, c'est la saison des amours, non ?
Premières étreintes
Là, il m'embrasse, c'est bon. Le visage, pas de problème. Embrasse moi tant que tu voudras. Ses mains descendent, aïe. Le cou, c'est parfait, c'est bon le cou, j'adore ça. Ah... les seins. Oui, d'accord, les seins je veux bien, il sont gros, tu vas avoir de quoi faire, ça devrait t'occuper un moment. Pendant ce temps là, tu n'iras pas ailleurs. Oh là là, il ouvre mon chemisier. Non, ça ne va pas être possible, ça, en pleine lumière, comme ça, assise et torse nu, même pas en rêve, mon chéri. Mon ventre rebondit sur mon pantalon et mes seins débordent du soutien gorge. Attends, deux secondes, je m'allonge.
Ah, voilà, sur le dos, c'est mieux. Là, à la rigueur, tu peux regarder, tu peux même faire courir ta main sous ma poitrine. Heu...non, le ventre, tout de même, si tu pouvais éviter, ça m'arrangerait. Même sur le dos, il est gros. Mon dieu, s'il réalise à quel point il est gros, il va s'arrêter net, c'est sûr. Il faut que je trouve un moyen de me mettre sous les draps. Mais je ne peux pas le faire avec mes vêtements, je vais avoir l'air ridicule. Et me déshabiller devant lui, plutôt mourir.
"J'ai très soif, tu peux aller me chercher un verre d'eau ? merci, tu es gentil".
Allez, hop hop hop, on enlève tout ça, le jean, les collants ventre plat sous le pantalon, la culotte géante de Bridget, le soutien gorge, vite vite vite, sous les draps, il remonte. C'est incroyable, il a mis à peine deux secondes. A croire qu'il est pressé. En soi c'est plutôt bon signe, ce qu'il a aperçu ne l'a pas effrayé. Bon, maintenant va falloir boire ce stupide verre d'eau. Ce qui signifie qu'il faut que je me redresse, alors que je suis NUE. Quelle idiote. Je n'ai même pas soif. Le drap, je tiens le drap et de l'autre le verre. Ouf, c'est bon. Allez, viens, je suis prête. Sous la couette, dans le noir, je me sens presque bien.
"Sur toi ? Ah, non, je... je n'aime pas trop, je préfère que tu restes comme ça, la première fois, je préfère, je sais, c'est idiot..."
Sur lui ! Inimaginable. Autant lui dire tout de suite de s'en aller. D'abord, je vais l'écraser. C'est sûr. Ensuite, s'il en réchappe, il verra mes seins sans soutien-gorge. Qui tombent sur mon ventre. Et mes cuisses. Bien écrasées. Enormes. Non, sur toi, sans façons. Bon, il m'a l'air compréhensif. Et... mmmm... assez doué. Allez, j'arrête de penser à quoi que ce soit. ça va aller, oui, ça va...
Heu... non, le drap, s'il te plait, laisse-le, on a beau être en juillet... j'ai un peu froid.
26 juin 2006
Logique...
- J'en ai ras-le-bol, j'ai encore pris un kilo.
- Tu sais, si depuis dix ans, tu avais REELLEMENT pris un kilo tous les lundis, tu passerais plus les portes.
- C'est parce qu'après, je les reperds.
- Et pourquoi tu ne me le dis jamais, que tu as perdu un kilo?
- Parce que je sais que de toutes façons, je vais le reprendre.
- Alors tu ne devrais pas non plus me dire que tu as pris du poids puisque tu sais que tu le reperds systématiquement...
- ...
Oui, je sais, je sais...
22 juin 2006
Dix ans
Aujourd'hui, c'est son anniversaire. C'est aussi celui de notre histoire. Dix ans. Dix ans qu'on ne se lasse pas de se demander qui prendra le pain ce soir, qui appelle la baby-sitter pour samedi ou quel film on prend au vidéo. Dix ans que le vendredi est un jour qui sourit parce que les deux matins qui suivront seront doux. Dix ans de "J'ai grossi, non ?", dix ans de "Non, pas du tout".
Dix ans à deux dont six à quatre. Dix ans que sur cette place des Abesses, un soir de lendemain de fête de la musique, après quelques jours de valse hésitation, on s'est serrés fort. Ce soir là, on s'est dit qu'on ne voulait pas que ça s'arrête. Alors on a continué.
Dix ans, et maintenant ? "Maintenant", comme le dit la Maman souris de Claude Ponti, "on voyage..."
Bon anniversaire.
16 juin 2006
J'ai grossi, non ?
- Si on allait au ciné ce soir ?
- Oui... si tu veux...
- Ben non, si ça te dit pas trop, on n'y va pas.
- Si si, c'est juste que j'ai vachement grossi, non ?
- Alors on va voir quoi ? Tu voulais pas voir Volver ?
- ça se voit, hein ? Je suis sûre que tu trouves que ça se voit.
- On pourrait aller à la séance de 20h, comme ça on rentre pas trop tard ? Attends, je vérifie sur Internet si ça passe au MK2.
- De toutes façon, c'est obligé que tu t'en sois rendu compte, j'explose dans mon jean. J'en ai ras-le-bol, je ne mange rien et je perds pas un gramme. Je sais pas comment tu fais pour te montrer avec moi.
- C'est bon, y'a une séance à 19h50. J'appelle la baby-sitter.
- Non mais c'est vrai, moi à ta place j'aurais honte.
- File moi son numéro, je le trouve plus.
Puis, après un silence
- Hey...
- Oui ?
- Arrête.





