22 décembre 2006
Une pause
Je vais faire une pause. La trève des confiseurs, un tout petit peu avant l'heure. Vos mots m'ont touchée, m'ont bercée. J'ai senti ces mains légères sur mes épaules et le souffle de vos pensées.
Demain il sera temps de lui dire adieu, demain il sera temps de pleurer.
Et puis le lendemain, ce sera le réveillon, ô combien dérisoire... quoique finalement peut-être pas.
Je vous souhaite de belles soirées, un bon Noël pour celles et ceux qui l'aiment, juste un beau et long week-end pour les autres.
Cette année se termine bientôt. Avec elle s'achève un an de pensées rondes, loufoques et énervées. Un an de rencontres virtuelles ou non. Un an à lire vos commentaires, un an à les guetter, un an à me réjouir de vous avoir parfois fait rire.
Je vous dis merci, merci d'avoir souri, merci d'avoir aussi de temps en temps pleuré, merci d'avoir poussé avec moi des grands cris...
Je ne sais pas encore de quoi 2007 sera fait, j'y réfléchis, il y a des projets, pas tous aboutis, certains en préparation, d'autres en cours de finalisation, d'autres encore en rêve. Je ne vous annoncerai pas de transformation de ce blog, pas de publicité, pas de nouveautés en tous genre, mais malgré tout, des changements il y en aura.
Je reviens vite, une fois que le chagrin sera passé, une fois que ces drôles de fêtes se seront envolées.
A bientôt, amies et amis de la ronde...
PS: La photo n'a pas grand chose à voir avec tout ça, si ce n'est que j'aime l'idée d'accrocher des colliers de perle à des arbres et qu'après tout, un olivier bijouté, c'est un peu comme un sapin enguirlandé, non ? Et puis c'était l'été et j'aime bien, l'été...
Edit 23/12 à 23h46: Baisers tout particuliers à toi, miss M. Et puis aussi à Francette. Savoir que tu passes par ici, je ne sais comment te dire... ça me fait chaud. Et dieu sait que ce soir il fait froid...
12 décembre 2006
The bad guy
Après avoir lu vos commentaires sur mon petit déjeuner avec Jean-Louis et après avoir vu - encore - un épisode de cette horriblement addictive série américaine qu'est Greys anatomy, je me pose cette question: pour quoi les "bad guys" nous font-ils craquer ?
Non parce que bon, vous êtes unanimes, Jean-Louis M est un sale type arrogant, imbuvable, rustre et probablement extrèmement infidèle. Mais vous êtes également unanimes, il est à tomber, avec ses yeux lagon, sa voix qui sent le sexe et ses cheveux sales.
Pourquoi ? Pourquoi c'est toujours la même histoire ?
Pourquoi le Docteur Shepperd - désolée pour ceusses et celles qui ne savent toujours pas qui est Mc Dreamy alias Docteur Mamour, je ne peux rien pour vous ou plutôt si, allez à la Fnac, la première saison est en vente - nous plait-il autant alors qu'il est évident que c'est lui aussi un sale type ? Pas comme l'autre Auvergnat, non, piiiiiiire, même. Oui, pire parce qu'il a la perversité d'avoir l'air gentil !
Pourquoi faut-il atteindre un âge canonique pour enfin admettre qu'il est possible d'aimer sans souffrir ?
Pourquoi même cette cruche de Candy hésite entre the dark Terry et le doux Antony ?
Enfin, en même temps, il faut reconnaitre qu'Antony était sacrément chiant, non ? En plus, il n'était jamais là, toujours en haut de sa colline, à jouer du bignou pendant que cette pauvre Candy n'en finissait par d'avoir des malheurs... Finalement, de Terry ou d'Anthony, je me demande lequel était le vrai bad guy.
Quand on y pense, c'est toujours la même histoire. Prenez Rhett Buttler. Ce soit-disant grand salaud devant l'éternel n'hésite pas une seconde à épouser Scarlett. Pendant ce temps là, en revanche, l'autre chiffe molle d'Ashley - officiellement le good guy - qui est infichu de réaliser que c'est Amy qu'il aime et pas cette peste de Scarlett, laisse cette dernière se consummer d'amour pour lui. Preuve qu'il faut faire très attention, le méchant n'est pas toujours celui qu'on croit. Parfois il a des habits de gentil. On en revient à ce cher docteur Shepperd et la boucle est bouclée...
Bref, je suis un peu confuse, là. En fait la question, pour résumer, c'est celle-ci: pourquoi a-t-on tant de mal à distinguer les vrais bad guys des faux bad guys ? Pourquoi de surcroit notre soit disant instinct féminin nous fait-il immanquablement pencher pour le mauvais, celui qui nous fera VRAIMENT du mal ?
Je dis ça, moi, je dis rien en fait. Parce qu'il se trouve qu'il y a dix ans, après avoir additionné les pires mauvais choix - même que s'il y avait eu un concours du mauvais choix j'aurais raflé toutes les médailles - , j'ai fini par tomber raide du vrai good guy. Le genre de good guy qui n'a même jamais essayé d'avoir l'air bad histoire de paraitre sexy. Et vous savez quoi ? Je m'en félicite encore.
Alors si maman caro peut donner un conseil aux jeunes âmes égarées qui passent par là, c'est bien celui-ci: laissez tomber celui ou celle qui vous fait mal, vous ne vous en porterez que mieux...
Et sinon, vous, plutôt Terry ou plutôt Anthony ?...
EDIT: Je prie toutes celles qui sont trop jeunes pour avoir regardé un jour Candy de quitter immédiatement ces lieux, je viens de me prendre un gros gros gros coup de vieux d'un coup, là... Bon, non, je rigole, je vous aime, les jeunes. C'est juste que bon, Candy, merde, ça remonte pas si loin... si ? Si, en effet, quand j'y pense, ça remonte à... ahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh.
A part ça, Lodie, tu as raison, honte sur moi, c'est pas Amy, mais Mellie. Shame shame shame...
07 décembre 2006
Bruxelles...
Aujourd'hui je suis à Bruxelles. J'y aime les frites, la bière, la Grand-place, la façon d'appuyer sur les "R", la lumière, le rouge brique de certaines facades qui me rappelle que je suis au nord même si ce nord n'est qu'à une heure et demi de Paris.
J'y aime aussi son quartier des Marolles truffé d'antiquaires, ce café au coin de la place du marché au carreau où l'on chante des chansons de Jacques Brel en mangeant une soupe au potiron fumante. J'y aime encore tous les estaminets qui proposent des bières d'abbaye qui vous font oublier l'envie pour longtemps de boire une Kro...
J'aime Bruxelles parce que la première fois c'était avec l'homme. Et que la deuxième, j'étais trois depuis deux mois. Ce soir là on avait écouté Jeanne Moreau chanter et on s'était dit que si l'un des deux était une fille on l'appellerait Jeanne.
L'un des deux était une fille et on ne l'a pas appelée Jeanne... Comme quoi parfois on se dit des choses qu'on ne fait pas...
Allez à Bruxelles, c'est à une heure et demi de Paris et c'est encore bien plus que tout ça. Vraiment. Allez-y c'est un ordre. Mon ordre du vendredi.
01 décembre 2006
La vraie vie, vraiment, ça craint
Je réfléchissais hier à cette histoire de la vraie vie. Et je continue à penser que la vraie vie, ça craint. Non, c'est vrai, quoi. Si j'étais une héroine de série américaine - je vous arrête tout de suite, je n'ai rien contre la France, même que je fantasme depuis peu sur Jacques Chirac, mais Julie Lescaut, non, je suis navrée, je ne m'identifie pas - genre Carrie Bradshaw, la chroniqueuse de Sex and the City - ben oui, quoi, je vais pas non plus choisir Catherine Chancelor, tant qu'à rêver, autant rêver grand, c'est ma devise - bref, disais-je, si j'étais Carrie, ou une de ses semblables, et bien dans la série dont je serais l'héroïne, je finirais, au fur et à mesure de l'écriture de mon blog, par me transfigurer.
Je m'explique: le fait de sortir de moi toutes ces choses qui étaient jusque là rentrées au plus profond de mes capitons me ferait maigrir, petit à petit. Je me révèlerais alors à moi même, et la vraie Caroline, la bombasse qui se planquait depuis des années à l'intérieur de mon corps exploserait au grand jour. Entre temps, Marc Lavoine serait tombé par hasard sur mon blog et aurait succombé avant même de me rencontrer, tout en luttant contre ce sentiment trop fort pour lui. Je ne vous dis pas sa surprise quand il finirait par comprendre que cette fille à moitié nue s'affichant sur les bus de la capitale et la bloggueuse soit-disant ronde adulée en secret n'étaient qu'une et même personne...
Je ne sais pas encore si la Caroline Bradshaw, de gauche et donc anti-conformiste, abandonnerait son adorable famille pour se vautrer dans la luxure du show-bizz ou finirait plutôt par jeter ce pauvre Marc, comprenant qu'il n'y aurait jamais un autre que "l'homme" dans sa vie. Toujours est-il qu'il serait question de de transformation, d'évolution et de plein d'autres mots en ion qui ne me viennent pas à l'esprit tout de suite.
Sauf... Sauf qu'on est dans la vraie vie.
Et que le conscient de mon corps à moi se fiche comme d'une guigne que mon inconscient se soit livré à une sorte de psychanalyse bloguesque. Et que mon salopard de métabolisme n'a pas du tout l'intention d'oublier qu'il a été génétiquement conçu pour stocker les graisses. Et qu'il se moque pas mal de savoir que ces derniers temps je mange de tout sans complexes parce que j'ai décidé de m'accepter. Tout ce qu'il voit, cet enfoiré de métabolisme, c'est qu'en attendant pour lui c'est Noël. Et je peux vous dire qu'il en profite à fond.
Résultat, dans la vraie vie, j'ai grossi... Et pas l'ombre d'un Marc Lavoine à l'horizon.
Nan, je vous dis, moi. la vraie vie, ça craint.
23 novembre 2006
La Sydney Bristow du pauvre
Dans le cadre de mon métier très dangereux j'ai été à nouveau envoyée dans une contrée éloignée et ô combien exotique: l'Allemagne. C'est comme ça, il y en a qui partent en mission à Accapulco, à Moscou ou à Rio, moi c'est plutôt Turin ou Munich. En même temps ça vaut mieux parce si je devais traverser les océans et me taper des dizaines d'heures d'avion je finirais réellement obèse et droguée. Obèse à cause du Tobleronne et droguée... à cause du Tobleronne. Et accessoirement de ces petites pilules qui me transforment en guimauve neurasthénique.
Bref, pour en revenir à la vraie vie qui craint, entre Sydney Bristow et moi, il y a un gouffre qui s'appelle la réalité...
Voilà, si mes activités périlleuses et allemandes me laissent un peu de temps je reviens plus longuement.
27 octobre 2006
Le questionnaire qui tue sa race
The questionnaire...
Après avoir été harcelée par Hélène, j'emboite le pas à Pomme, Julie et Laure et je vous livre mes réponses affligeantes à ce questionnaire au demeurant amusant...
1) Attrapez le livre le plus proche, allez à la page 18 et écrivez la 4ème ligne :
Ananas, [nm], pinapple. C'est mon mini Larousse Français/Anglais. Ben oui, je suis au boulot.
2) Sans vérifier, quelle heure est-il ?
Mmmmm... pas loin de 18h30, je vais pouvoir rentrer à ma maison d'ici peu.
3) Vérifiez :
16h12.
C'est absolument impossible il y a une heure il était 15h55.
Donnez moi une corde.
4) Que portez-vous ?
La poisse, souvent. Du coup je porte Chance, de Chanel. Pour compenser.
5) Avant de répondre à ce questionnaire, que regardiez-vous ?
La bande annonce de la sixième saison de 24h. Désolée pour ceusses et celles qui n'aiment pas Jack Bauer mais là présentement je dois le confesser j'ai mouillé ma culotte.
Pardon, j'ai tellement envie d'être plus drôle qu'Hélène, Pomme, Julie et Laure que je viens d'aller trop loin, je m'en rends compte. J'ai dérapé.
Et en plus je vais, comme Julie, me faire licencier.
6) Quel bruit entendez-vous à part celui de l'ordinateur ?
Le raclement de gorge caractéristique et EXTREMEMENT irritant de mon collègue d'en face.
Egalement le grincement de ma chaise, qui semble ne faire ce bruit atroce que sous le poids de mes fesses à moi. Les objets me détestent, surtout ma chaise de bureau.
7) Quand êtes-vous sortie la dernière fois, qu'avez-vous fait ?
Je préfère ne pas répondre à cette question, c'est ma vie privée.
Tout ce que je peux dire c'est qu'il ressemblait à Georges Clooney.
Je déconne.
8) Avez-vous rêvé cette nuit ?
Oui. Un horrible cauchemard. Mon homme me hurlait dessus au téléphone et finissait par se foutre de moi avec une méchanceté que je ne lui soupçonnais pas. Depuis, je lui en veux terriblement, parce que ça ne se fait pas de crier aussi fort alors que je suis en galère, complètement nue dans une gare surbondée et qu'on vient de me piquer mon sac avec toutes mes affaires dedans.
9) Quand avez-vous ri la dernière fois ?
Là tout de suite, parce que c'est terrible mais je me trouve hilarante.
10) Qu'y a t'il sur les murs de la pièce où vous êtes ?
Des affiches pourries qu'on a collées pour rendre la pièce délabrée qui nous sert de bureau un peu moins glauque, une carte de Paris à ma gauche et derrière moi une carte du monde. En dessous, une photo de mes deux lascars prise à Saint Tropez en aout 2005. Et là du coup je viens de les regarder et je me dis que c'est tout de même étonnant qu'une fille qui peut avoir la vulgarité de se vanter de mouiller sa culotte devant Jack Bauer ait pu donner naissance à deux anges pareils.
11) Si vous deveniez multimillionnaire dans la nuit, quelle est la première chose que vous achèteriez ?
Une maison dans Paris, très exactement celle qui fait l'angle avec le pont Sully et la rue Saint Louis en l'Ile et qui parait-il a été habitée par Jeanne Moreau. Si. C'est le monsieur des bateaux mouche qui l'a dit. Et même si c'est Michèle Torr qui l'a habitée, elle me va quand même.
12) Quel est le dernier film que vous ayez vu ?
"Dans Paris". Romain Duris, je tiens d'ailleurs à te féliciter parce que tu t'améliores de film en film. Et dans cet espèce de caleçon en coton tout mou tout doux, tu es tout simplement... torride.
13) Avez-vous vu quelque chose d'étrange aujourd'hui ?
Oui, du crottin de cheval sur le trottoir de la rue monge. Après enquête il semble que la garde républicaine sorte ses chevaux dans le coin.
14) Que pensez-vous de ce questionnaire ?
Que c'est une torture, à force de vouloir être fine et drôle je réalise que je suis juste parvenue à être d'une grossièreté sans nom.
15) Dites-nous quelque chose de vous que ne savons pas encore :
J'ai été membre du fan club de Rose Laurens. Seules les filles qui avaient 13 ans aux alentours de 1984 peuvent comprendre la honte que j'éprouve aujourd'hui. "Africa, j'ai envie de danser... Comme toi... j'ai envie de chanter... AFRICAAAA"
16) Quel serait le prénom de votre enfant si c'était une fille ?
Je ne pourrai jamais faire mieux qu'Autoroute, Hélène je ne m'en remets pas.
Ma fille s'appelle L.
17) Quel serait le prénom de votre enfant si c'était un garçon ?
Pareil, pas mieux que Butagaz.
Mon fils s'appelle M.
18) Avez-vous déjà pensé à vivre à l'étranger ?
Oui, à Bruxelles. Si, bien sûr que c'est l'étranger.
19) Que voudriez-vous que Dieu vous dise lorsque vous franchirez les portes du paradis ?
M'en fiche de ce qu'il me dit, si quelqu'un me parle alors que je suis morte alors pour moi c'est que je ne suis pas morte. Et comme j'ai tout de même très peur de mourir, c'est en soi une bonne nouvelle.
20) Si vous pouviez changer quelque chose dans le monde en dehors de la culpabilité et la politique, que changeriez-vous ?
Non mais là, si je ne réponds pas la faim dans le monde je passe pour un monstre. Julie, laisse moi te dire d'ailleurs que le coup des apparts, c'est pas joli joli. Quand à toi Hélène, si tu crois que c'est par une boutade de la sorte qu'on se sort de ce genre de questions, et bien je ne te félicite pas. Non, je ferais comme Pomme, je changerais tout et je consacrerais ma vie à l'amour. D'ailleurs peut-être qu'on s'aimerait avec Pomme. Parce qu'avec Julie et Hélène ce ne serait pas possible, elles sont trop matérialistes.
21) Aimez-vous danser ?
Si se déhancher de manière obscène à contre-temps signifie danser, oui j'adore.
22) Georges Bush ?
Si on peut pas faire autrement, mieux vaut marcher dessus avec le pied gauche, parait que ça porte bonheur.
23) Quelle est la dernière chose que vous ayez regardée à la télévision ?
"Urgences". Abby fait un bébé avec Kovazc. ça n'a l'air de rien mais c'est une info énorme. On avait pas eu d'enfant au Cook County depuis que Weaver était tombée enceinte de sa copine pompier. Ou l'inverse.
24) Quelles sont les 4 personnes qui doivent prendre le relais sur leur blog ?
Je crois que là, j'ai définitivement mis la barre trop haut. Mais qui m'aime relève le défi...
05 octobre 2006
Môoooooossieur Gaultier
Je n'ai pas l'habitude de mettre en ligne plusieurs messages par jour, mais là, Shanti (merci !) m'a donné une trop belle raison de le faire. En fait, je ne vais pas en dire des tonnes parce qu'il y a des images qui parlent d'elle même. Juste pour celles qui ne topent pas trop bien l'anglais et qui ne pourraient pas tout comprendre de l'article du daily mail en lien, cette opulente et voluptueuse femme est ici habillée par Jean-Paul Gaultier. C'est la réponse de cet homme que j'admire et vénère au débat actuel sur les mannequins trop maigres. Au lieu de faire défiler une taille 0 (en gros du 32 je crois) il a pris une taille 20 (ça doit faire du 54, ou quelque chose comme ça, j'imagine).
Jean-Paul - oui, après tout, je dis "ma chérie" à Nathalie R., je peux bien appeler monsieur G. Jean-Paul - a toujours mis en avant des beautés diverses. On ne peut pas le soupçonner de manger au ratelier des rondeurs - d'ailleurs je ne suis pas vraiment sûre qu'il en retire un quelconque intérêt malheureusement - ce qui rend l'initiative encore plus noble. Oui, noble, je crois que c'est le mot qui convient pour définir ce créateur pas comme les autres, qui met des jupes aux hommes et dessine des seins pointus à la Ciccone. Dans le Elle de cette semaine il y a d'ailleurs un bel article sur lui - ah, vous voyez, parfois je mets en avant les bons côtés !
Allez, je me tais, j'avais dit que je serais brève mais décidément, je ne sais pas faire...
20 septembre 2006
Un noisetier dans Paris...ça n'existe pas !
Dans ma rue, il y a des noisetiers. Ils bordent un square et depuis quelques jours, ils perdent leurs fruits qui s'accumulent sur le trottoir, sans que personne ne songe à les rammasser. Manger des noisettes à Paris, ça ne vient pas à l'idée des hommes et des femmes pressés qui le soir se hâtent de regagner leur maison, en regardant leurs pieds.
Et puis hier, alors que je rentrais tard, à la nuit tombée, il y avait sous les noisetiers une famille. Le père, la mère, et trois ou quatre enfants. Ils venaient d'Inde ou du Pakistan, la mère aux cheveux longs était en sari. Le père avait le plus petit de ses fils sur ses épaules. Celui-ci, hilare, secouait les branches qu'il parvenait à saisir du bout des doigts. Les autres sautaient en criant de joie lorsqu'ils arrivaient à attraper quelques grappes. La mère ramassait en souriant le butin. Lorsque je suis passée, l'un des gamins m'a tendu une noisette, comme ça, en m'assurant qu'elles étaient drôlement bonnes ces cacahuètes...
C'était un moment de joie. Je me suis dit que c'était un instant dont ces enfants se souviendraient plus tard. Un peu comme moi je me rappelle un cerisier dans lequel on grimpait l'été. Oui, c'est ça, je crois. Hier soir, j'ai traversé le souvenir à venir d'enfants venus de loin. J'ai traversé le bonheur des seules personnes du quartier qui aient pris le temps de lever la tête et d'admirer ces braves noisetiers qui d'année en année essaient d'attirer en vain l'attention des passants pressés.
19 juillet 2006
Chez ma gynéco
Hier, rendez-vous chez ma gynéco. Avez vous remarqué que l'on dit toujours "ma" gynéco ? On va chez le coiffeur, chez le médecin, chez l'esthéticienne. Mais on a rendez-vous avec "sa" gynéco...
Bref, ces rendez-vous annuels sont toujours l'occasion de faire le point, me disais-je. Le point sur les règles déjà. Avec cette inévitable question qui me laisse toujours sans voix: "A quand remontent vos dernières règles ?". Là, je me retrouve immanquablement comme une adolescente à peine pubère à chercher dans ma mémoire défaillante. Je n'ai aucune excuse, réglée comme une horloge je devrais connaître sur le bout des doigts la date. Et bien non. Impossible de donner un jour précis. Il y a deux sortes de femmes, je crois. Celles qui consciencieusement cochent chaque mois dans leur agenda le jour fatidique, histoire de ne pas se laisser surprendre le mois prochain, et les autres, qui jusqu'à la ménopause se retrouvent systématiquement en galère, si possible habillée ce jour là d'un pantalon blanc ou étrennant de nouveaux dessous qui ne passent pas en machine. Je vous laisse deviner à quelle catégorie j'appartiens...
Donc, mise au point sur les règles, mais aussi sur les petites douleurs, pendant les "rapports", "quelle fréquence les rapports?", heu, oui, c'est vrai ça, quelle fréquence ? Sur les cycles, les migraines pré-menstruelles. Vient ensuite la contraception, cette pilule vous convient-elle, les préservatifs, vous y pensez ? "Non, en ce moment, pas de rapports", et le test HIV, à quand remonte le dernier, et ce bébé, alors, vous hésitez toujours ? Et un petit troisième, non ? etc, etc...
Quelle que soit votre situation, ce jour là se posent les vraies questions, celles qu'on repousse au lendemain, celles qui nous empoisonnent, celles qu'on n'osait se poser seule. Celles qu'on abordera peut-être le soir même avec l'homme, celles qui font peur parce qu'au fond de soi on connait la réponse.
Normal, finalement, qu'on dise "ma" gynéco, comme on dit aussi "mon" psy...
Les femmes le savent. D'ailleurs, en général, après ce rendez-vous, il n'est pas rare qu'on glisse à sa meilleure amie: "la semaine dernière, j'étais chez ma gynéco". Point besoin d'en dire plus. Les regards entendus se croisent. Elle sait. Elle sait la nudité embarrassante, les pieds dans les étriers glacés. Elle sait "les fesses bien bas mademoiselle", elle sait la morsure du spéculum. Elle sait les doigts gantés qui s'immiscent. Elle sait surtout ce temps suspendu, pendant lequel les mains palpent silencieusement les seins. Elle sait la respiration retenue, cette sourde angoisse que le geste se fasse subitement plus insistant, que les mains reviennent au même endroit, que les sourcils se froncent. Elle sait ce poids qui soudain s'envole et libère le ventre noué quand la gynéco s'arrête et murmure un "tout va bien, vos seins sont parfaits".
03 juillet 2006
Lacher du lest
"En fait, il ne faut pas y penser". Que cette phrase est exaspérante lorsqu'elle est prononcée par la bonne copine en couple depuis des années alors que vous êtes célibataire, désespérée à l'idée de ne jamais trouver l'homme de toute votre vie... Qu'elle est également insupportable à entendre, quand vous attendez fébrilement une réponse pour un entretien d'embauche... Oh combien énervante si elle vient d'une autre de vos bonnes copines, celle qui à 35 ans pèse le même poids qu'à 17, à savoir 22 kilos toute mouillée et dont les cuisses sont à peine plus larges que vos avant-bras et que vous vous escrimez à perdre le premier des quinze kilos nécessaires pour retrouver un poids utopique...
Oui, le "plus tu y penses, moins ça marche", ça a le don de mettre en rogne toute personne omnubilée par X ou Y objectif lui semblant inatteignable. Parce que ne pas penser à quelque chose qui vous obsède heure après heure et dont le manque - ou l'excès d'ailleurs - a une véritable incidence sur votre vie, relève tout simplement de l'impossible.
Et pourtant... oui, pourtant...
Qui n'a pas rencontré l'amour alors que son esprit était occupé par tout autre chose ? Qui n'a pas reçu LE coup de fil libératoire une fois parti en vacances, en pleine partie de pétanque à un moment où le mot travail avait disparu de son vocabulaire ?
Moi personnellement, pour la petite histoire, ce week-end, je n'ai, pour une fois, "pas pensé" à ce que je mangeais, avais mangé ou mangerais. J'ai fait n'importe quoi, grignotant devant le match, dévorant un petit déjeuner pantagruélique le lendemain et oubliant presque le soir qu'il fallait s'alimenter. Et ce matin, je me suis trouvée délestée de près de deux kilos, pris la semaine dernière alors que je surveillais scrupuleusement mon alimentation, tout en "y pensant" constamment.
Bref, lorsqu'on lache du lest, lorsqu'on autorise son conscient et son inconscient à vaquer à tout autre chose que ce à quoi on le contraint d'ordinaire, certaines choses se débloquent et s'en vont. Et d'autres arrivent.


