Pensées d'une ronde

Chroniques de la vie ordinaire d'une ronde. Les épreuves, les tracas, les visites chez le nutritionniste, etc

22 novembre 2006

La vraie vie ça craint

Docteur_mamourJe dois vous l'avouer, je suis une droguée. Une camée, une accro, une addictive. Ma dope ? Les séries américaines. Je ne suis pas bien originale, j'en conviens, on est tout de même très nombreux dans ce cas.

Quand je dis que je suis camée, c'est parce que m'enfiler cinq épisodes de 24H c'est aussi bon pour moi que fumer l'était lorsque j'étais nicotinomane. Et que je suis capable de traverser Paris à une heure tardive pour trouver le DVD de la saison 5. Je suis même prête à payer très cher. Que ceux qui n'ont jamais laché 10 euros dans un bar super glauque un dimanche soir pour un paquet de Marlboros et ce en éprouvant une joie presque charnelle me jettent la première pierre.

En gros, ce que je veux dire c'est que la perspective de regarder deux heures durant le Docteur Derek Sheperd de Greys Anatomy - un peu ce qu'on a fait de mieux tout de même depuis Doug Ross, désolée Georges, mais en bonne droguée je suis super infidèle - me rend heureuse. Oui, heureuse, autant que si j'étais conviée à une fête super hype de la jet set parisienne. Bon, ok, je ne suis pas vraiment friande des fêtes de la hype parisienne, d'autant que bizarrement, la hype parisienne ne me harcèle pas non plus tous les samedi soir.

N'empêche que même si c'était le cas, rien ne pourrait rivaliser avec la prochaine saison de L Word qui au passage a révélé à moi même la part homosexuelle qui se cachait à l'intérieur de moi. Alors les mecs du Baron ou du Paris Paris, c'est même pas la peine d'essayer de me faire venir dans vos boîtes où même Georges Clooney il vient peut-être, parce que là tout de suite maintenant je suis en train de vivre un truc de folie avec une nana super chaude. Et en plus l'homme qui regarde avec moi est juste comme un fou, sans vraiment que je sache si ce sont les ébats de ces filles qui l'excitent ou si c'est le fait que ça me fasse des trucs qui le rende dingue.

Je sais, c'est pathétique, rien ne devrait valoir la vraie vie. Sauf que dans la vraie vie, les Jack Bauer ne courent pas les rues. Dans la vraie vie les cafés dans des verres en polystyrène sont juste dégueulasses. Alors que je ne sais pas vous mais quand c'est Abby Lockhart qui boit le sien devant le Cook County ça me donne super envie d'être à sa place. Bon, d'accord c'est peut-être parce que je sais qu'après elle va s'envoyer en l'air avec Kovacz.

Dans la vraie vie quand on va aux urgences, on a juste le droit de pourrir dans une salle d'attente jusqu'à ce qu'il devienne évident qu'on va peut-être mourir. A ce moment là un interne absolument pas glamour - Carter, merde, t'es où ? - vous emmène prendre vos constantes en ne vous expliquant rien de rien. Et jamais, non jamais on entend les mots magiques qui pourtant nous rassureraient: "chimie ionno nfs et gaz du sang".

Dans la vraie vie, enfin, quand on est victime d'un complot ourdi par les RG, le KGB ou encore la CIA et que du coup on se retrouve injustement accusé d'avoir tué le frère de Jacques Chirac, il y a une très faible éventualité que cette bombasse de Mickael Scoffield vienne nous faire évader de Fleury Merogis.

Bref, voilà, la vraie vie, par rapport à celle des séries américaines, ça craint. Ok, en même temps c'est moins stressant. Parce que hier Georges et Alex, les deux mignons de Greys Anatomy, ont été obligés d'opérer à coeur ouvert un blessé par balle dans un ascenseur coincé entre deux étages. Et ils l'avaient jamais fait. Et ça, je ne suis pas tout à fait sûre que j'aurais pû y arriver.

Posté par Caroline71 à 11:09 - Plaisir des sens - Commentaires [53] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

03 octobre 2006

"Au feu, les pompiers..."

pompierseva_1_

Au chapître des petits bonheurs urbains, il en est un auquel je tiens tout particulièrement...

Parce que la vie est - parfois - bien faite, cela m'arrive souvent le lundi...

C'est le matin, je suis assise dans mon bus et je somnole tout en regardant par la fenêtre, mes écouteurs sur les oreilles. Souvent, c'est Marc - oui, bien sûr, Marc Lavoine. De quel autre pourrait-il s'agir, hein ? Un jour, promis, je vous parlerai de Marc, parce que je n'ai même pas honte de l'aimer - souvent, disais-je donc, c'est Marc qui me murmure des paroles sucrées. "Toi mon amour, est-ce que tu m'aimes toujours, mon amour..." Ben oui, moi il me faut ça pour me réconcilier avec la vie, le lundi.

Soudain, peu avant le croisement de la rue Monge et de la rue Cardinal Lemoine, je les aperçois. Ils arrivent en rang serré, le pas altier et l'allure vive. "Ils", ce sont les pompiers de la caserne d'à côté, qui toutes les semaines à 8h55 exactement, descendent sur les quais de Seine pour leur jogging matinal. Ils sont une dizaine, le short aussi court que leurs cheveux, le tee-shirt moulé sur leur torse puissant. A chacune de leurs foulées, les muscles de leurs cuisses se tendent et leurs fesses galbées tressautent. L'instant est fugace, le temps de les croiser et ils disparaissent déjà au coin de Jussieu. Parfois un feu opportunément rouge m'offre quelques secondes de plaisir supplémentaire.

Je sais, je ne vaux pas mieux qu'un gros dégoûtant, voire un routier pervers, qui fantasmerait sur un groupe d'infirmières court vêtues. Mais il faut le voir pour le croire, ces soldats du feu diffusent de telles quantités de testostérone que celles-ci traversent les vitres pourtant épaisses de l'autobus. Et puis moi je dis, c'est tout de même moins honteux que de baver devant des chippendales. Ces hommes, tout de même, sauvent des vies, dois-je vous le rappeler ? Ce n'est pas DU TOUT comme si je tremblais de désir devant des militaires en treillis ou une troupe de CRS énervés. Non, mon admiration n'est qu'une juste reconnaissance des services que rendent quotidiennement ces hommes à leurs semblables.

Oh, ça va, bien sûr que c'est surtout leur cul que je regarde.

Non mais sérieusement, je ne sais ce qui me met à ce point en émoi. Est-ce le prestige de l'uniforme - pourtant réduit ici à une simple inscription fluo au dos du tee-shirt noir, "Pompiers de Paris" -, un effet post-11 septembre, ou alors le fameux pic hormonal des 35 ans ? Je l'ignore. Mais le fait est qu'en les regardant, il me semble que le ciel s'éclaircit, que le lundi me sourit et que s'ils courent, c'est peut-être un peu pour moi.

D'ailleurs parfois, je le confesse, je me surprends à susurrer, tout doucement: "au feu, au feu, messieurs les pompiers..."

Allez, avouez, vous aussi vous en avez, des fantasmes de vieux routier, non ?

Au fait, le dessin est d'Eva l'Architecte (merci merci merci Eva, c'est super adorable) et je le trouve drôlement mieux que le pauv pompier chippendale que j'avais mis en premier. Pour celles qui ne l'auraient pas vu, tant pis, sachez juste qu'il était nu... ;-)

Posté par Caroline71 à 08:32 - Plaisir des sens - Commentaires [62] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

12 septembre 2006

Mon vibro, c'est un Sonia

P1000568Et voilà, ça y'est. ça devait arriver. Bien fait pour moi, ça m'apprendra à ranger mes affaires. "ça y'est quoi?", vous demandez-vous? Et bien ça y'est, mon fils, mon innocent et pur agneau vient d'arriver dans le salon, un petit objet oblong, violet et satiné à la main. L'air intrigué de celui qui se creuse les méninges depuis un bon moment, il m'a tendu sa trouvaille et demandé: "c'est quoi, ça, maman ?".

Raclement de gorge, sourire gêné. "Hum hum, ça ? Ce... ce n'est rien, mon chéri, rien du tout, une cochonnerie", lui ai-je répondu, m'emparant prestement de la cochonnerie en question... Cochonnerie d'ailleurs qu'il serait plus juste de qualifier de truc cochon, quoi. Parce que vous m'aurez comprise, bien sûr, cette chose étrange ayant attisé la curiosité de mon tendre rejeton, c'est un vibro. Ah, mais attention, pas n'importe quel vibro, hein ? Pas le truc énorme que l'on regardait avec perplexité, adolescentes, à la page 456 du catalogue de La Redoute et qu'une femme au sourire crispé tenait contre sa joue pour faire genre que ça servait à masser le visage. Non, pas ce concombre couleur chair lisse ou à picots qui avait tout d'un pénis géant et qui, plus grandes - bon ok, jusqu'à 25 ans environ j'ai VRAIMENT cru que c'était pour les joues -, nous faisait pouffer, toujours à la page 456 du même catalogue.

Non, mon vibro à moi, mesdames, ce n'est pas un objet pornographique qu'on pourrait aussi reluquer dans une vitrine de sex shop. Mon joujou à moi, mon joujou extra, il est surtout fashion. Oui, parfaitement. La preuve ? C'est un Sonia. Rykiel. Oui oui, Sonia Rykiel. Alors là, tout de suite, vous rigolez moins hein ? Plus question de me soupçonner de lubricité n'est-ce pas ?

Comment ça, c'est le même principe ?

Ok, c'est exactement le même principe. Sauf que c'est chic, de s'amuser en Sonia Rykiel, non ? Si.

Enfin je dois bien reconnaitre que le jour où je suis allée l'acheter, je n'ai pas fait ma maligne. Parce que croyez moi, on a beau vivre au 21ème siècle et être une femme très libérée, et bien demander à une vendeuse tirée à quatre épingles et ressemblant à Naomi Campbel de nous conseiller sur l'achat d'un vibromasseur, ce n'est pas facile facile... Surtout quand on est le genre de fille qui, jusqu'à 26 ans, a VRAIMENT cru que... enfin, vous me suivez, quoi.

Je vous raconte ? Demain, peut-être...

Posté par Caroline71 à 18:32 - Plaisir des sens - Commentaires [32] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

31 août 2006

Ciel bleu, avis de tempête

P1000384 Il y avait du vent ce jour là. Tellement de vent que la méditerranée avait l'air de se prendre pour l'atlantique. Des vagues à première vue inoffensives se cassaient tout près du bord avec une violence inattendue.

La baignade devenant dangereuse, on est remontés dans notre appartement "vue sur mer" à flanc de rocher. Après le déjeuner, les enfants ont gentiment été invités à jouer dans leur chambre, pendant que nous prenions le café.

Un peu lasse et sonnée par ce mistral fou, je me suis allongée sur le canapé du balcon. A travers la rambarde et les pins parasols affolés, je voyais les petites barques amarrées disparaitre régulièrement dans le creux des vagues. Au dessus de moi, le ciel restait d'un bleu insolent, semblant ignorer les rafales.

P1000377L'homme s'est assis à mes côtés avec son journal. J'ai posé une jambe sur ses genoux et je me suis assoupie. Plongée dans un exquis demi-sommeil, j'imaginais les frolements de sa main sur ma cuisse. Etaient-ce les effleurements du vent, les effluves de pins mêlés à son eau de toilette ou la sensation d'interdit renforcée par les éclats de voix enfantines qui parfois parvenaient jusqu'à moi, je ne sais pas. Mais l'envie s'est faite plus pressante. Pourtant, je ne bougeais pas d'un milimètre. Parce qu'à cet instant précis, si des mots étaient prononcés, la chaleur qui commençait à m'embraser s'évanouirait, j'en étais sûre.

Alors je me suis tue, jouant mon éventuel plaisir à pile ou face. Je l'ai regardé lire, paupières mi-closes derrière mes vers fumés et de le savoir à la fois si accessible et si ignorant de ma secrète excitation n'a fait que l'exacerber.

Et puis soudain, comme dans un songe, j'ai senti sa main me frôler et se frayer un chemin. J'ai lu l'amusement puis le trouble sur son visage au fur et à mesure de sa progression. Sa caresse s'est alors faite plus fébrile et sa respiration s'est accélérée. Au cours de ces minutes suspendues, nous nous sommes à peine regardés, faisant mine, lui de terminer son article et moi d'observer les bateaux à bascule.

Pas un mot, pas un murmure. Mes soupirs se sont mêlés au bruissement des pins.

P1000382

Après, je ne sais plus, tout s'est accéléré, tout s'est enchevêtré, les rires étouffés des enfants jouant dans leur chambre, les hurlements des goêlants et l'explosion des vagues. Il n'y avait plus que sa main, plus que cette chaleur. Plus que les bourrasques, plus que les crêtes mousseuses de la houle.

Il y avait du vent cet après-midi là. Quelques heures plus tôt, un homme s'était noyé.

Se souvenir, toujours, que le fil est fragile.

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17 juillet 2006

La puissance érotique du ventilateur

Je ne sais pas vous, mais moi, les ventilateurs, ça me met dans tous mes émois. Le bruit, déjà, me transporte directement dans un pays chaud et tropical. Il me rappelle des chambres d'hôtel thaïlandaises, ou de contrées encore plus éloignées dans lesquelles je ne suis jamais allée.

Ensuite, cet air chaud dont les pales du ventilo me caressent régulièrement le visage, me fait penser aux alysées de bord de mer.

Enfin, lorsque transpirante, je soulève un peu mon tee-shirt et que j'offre mon dos mouillé au souffle tiède de la machine, il me vient des idées pas catholiques du tout...

Je crois que ça y'est, je perds la tête. Je suis peut-être une des premières victimes de la canicule.

Posté par Caroline71 à 17:19 - Plaisir des sens - Commentaires [14] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

20 juin 2006

Des mains expertes

Elle en avait souvent eu envie, mais jusque là, elle n'avait jamais osé. Confier son corps à une inconnue et s'abandonner à ses mains expertes, c'était tentant mais au dessus de ses forces.

Pourtant, l'idée de se faire huiler et masser la séduisait. Ses amies qui allaient souvent au hammam ne tarissaient pas d'éloges sur les bienfaits de ces coutumes ancestrales.

Alors un jour, après ce fameux après midi à la mosquée de Paris, elle retourna au hammam. Et cette fois-ci, elle ne se contenta pas de suer. Timidement, après deux heures de transpiration, de shampoings et de gommages, elle s'allongea sur un matelas, enroulée dans une serviette, et dégustant un thé, elle attendit son tour. Les tables de massages trônaient au milieu de la salle de repos et quand elle réalisa que toutes les femmes qui se prélassaient à ses côtés pourraient la regarder nue et malaxée, elle décida de s'en aller. Le hasard voulut que la masseuse choisisse cet instant pour appeler son numéro. Prise au piège, elle se rendit de mauvaise grace.

La vieille marocaine la fit prendre place sur la table, lui enlevant d'autorité le drap qui la protégeait des regards. Guidée par la masseuse qui accompagnait ses gestes d'une douce mélopée en arabe, elle fit tomber ses bras le long de son corps et écarta légèrement les jambes. La femme fit couler sur son ventre une décoction d'argan et de thym. Les gouttes d'huile coulèrent dans les sillons de son abdomen. Les mains habiles commencèrent alors leur travail. Energiques et douces, elles empoignèrent chaque bourrelet, s'infiltrèrent d'autorité dans chaque repli, dans chaque commissure. Tout en laissant courir ses doigts, la masseuse fredonnait une chanson de chez elle et parfois s'interrompait pour lui demander de se retourner, de lever un bras ou de se mettre sur le côté. "Allez, la belle, viens, je vais te frotter le coude... donne ta main, ma fille, assis toi, la chérie..."

Il n'y avait plus personne autour d'elles. Elle obéissait en silence, la laissant masser ses reins, ses fesses et ses seins. Elle finit huilée jusqu'au bout des doigts et des orteils, le visage luisant lui aussi, a force d'être modelé.

Le massage avait duré trente minutes, il aurait pu s'éterniser des heures. Quand elle se leva, elle n'était plus tout à fait la même. Elle s'était réappropriée ce corps qu'elle refusait parfois même de regarder. Il avait fallu pour cela qu'elle laisse cette vieille magicienne s'en emparer.

Posté par Caroline71 à 11:52 - Plaisir des sens - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 mars 2006

Un jour, au hammam

La ronde rêvait d'aller au hammam. L'ambiance orientale, la chaleur, l'idée de s'occuper de son corps trop négligé, et puis aussi le thé à la menthe, l'odeur des huiles de massage... Mais à chaque invitation de ses amies, elle déclinait, invoquant les mêmes prétextes fallacieux que lorsqu'on lui proposait d'aller à la piscine. Parce que le hammam, bien sûr, impliquait de se dénuder et de se mouvoir ainsi en public. Sans même la perspective de s'immerger dans l'eau.

Et puis un jour, une amie de passage à Paris ne lui laissa pas le choix. C'était une fille différente, de celles à qui on ne dit pas qu'on peut pas se mettre nue devant elle, qu'on se sent trop grosse. Le style de fille qui n'aurait d'ailleurs jamais regardé les bourrelets de qui que ce soit et que ce genre de considérations futiles semblait dépasser. Non pas qu'elle fût indifférente, mais son chemin avait été et serait toujours semé d'embuches bien plus insurmontables que quelques kilos en trop.

Alors, un peu malgré elle, la ronde se laissa faire et accepta de l'accompagner. Dès qu'elle entra dans la mosquée, elle fut submergée par l'odeur de l'huile qui sentait à la fois l'amande, l'argan, le thym et la lavande. La vapeur aussi, lui fit presque peur, comme si l'air saturé d'humidité ne parvenait pas à l'oxygéner. Et puis, petit à petit, elle s'habitua. Première bonne surprise, il n'y avait pas que des jeunes femmes au corps parfait. Vieilles marocaines aux seins lourds, femmes à la maigreur maladive, futures mères et copines étudiantes formaient un groupe disparate et hétéroclite, au sein duquel la ronde pouvait presque trouver sa place.

Elle resta malgré tout un long moment entortillée dans son paréo devenu instantanément humide et collant. Son amie, elle, fut tout de suite nue, offrant le spectacle de son corps brut et sûr. Ses hanches pleines étaient rassurantes et ses longs cheveux noirs lui donnaient l'air d'une orientale. Il émanait d'elle une telle vérité, un aspect si terrien, que la ronde se sentait presque apaisée. Elles s'installèrent dans une alcôve, et commençèrent le rituel consistant à s'oindre de savon noir. Mais la ronde, toujours bridée par ses complexes, se contentait de s'enduire les bras, refusant l'idée de tomber le paréo. Alors son amie eut ce geste dont elle ne soupçonna probablement jamais les répercussion ni la portée.

D'un geste doux mais sans appel, elle ota le tissu trempé et commença à l'enduire de mélasse noire. Le dos, puis les bras, le ventre, les jambes. Elle la lava comme une mère l'aurait fait. La ronde en pleura d'émotion, ses larmes se mêlant aux gouttes de vapeur. Difficile de trouver les mots pour dire ce qu'elle ressentit. Entre ces mains énergiques et amicales, son corps devenait aimable et pouvait être touché. Elle qui avait si souvent eu l'impression d'inspirer le dégoût, devenait l'objet d'une attention inespérée. Il n'y avait pas d'ambiguité dans le geste de son amie. En la lavant elle faisait simplement d'elle son égale.

Le reste de l'après-midi, je ne m'en souviens pas. Je garde juste en mémoire ces quelques minutes de plénitude. Et regrette que cette amie, partie aujourd'hui, n'ait jamais su.

Posté par Caroline71 à 17:01 - Plaisir des sens - Commentaires [15] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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