La ronde est comme les autres filles, elle a un jean fétiche. Il est son baromètre, plus fiable encore que sa balance. Certains jours, il lui va comme un gant. Elle ne se lasse alors pas de passer sa main entre sa taille et le denim, se délectant de cette sensation si rare pour une ronde: flotter dans son pantalon. Elle se sent prête à conquérir le monde, et pourrait avoir toutes les audaces. Elle marche dans la rue d'un pas assuré, fière de son cul juste moulé. Le plus étonnant, c'est qu'il faut l'avouer, son potentiel de séduction est alors vraiment à son apogée...

Il ne suffit parfois que de quelques centaines de grammes pour que le jean fétiche devienne en revanche son ennemi juré. Ces jours là, il lui suffit presque de le regarder pour sentir instinctivement qu'elle ne pourra pas l'enfiler. Le passage à l'acte lui confirme que son intuition était la bonne. Certes, elle le ferme. Mais à quel prix... Elle est engoncée et boudinée. Le bouton semble subir des tensions telles qu'il menace de sauter. Assise, elle se rend à l'évidence, il lui faut se dégraffer si elle veut continuer à respirer. D'autant que le ventre serré depuis le matin se venge et paraît stocker tout l'air qu'elle inspire. Les ballonements douloureux rajoutent à l'impression de gonflement. L'oppression devient insupportable. Lorsqu'elle se déshabille le soir, la ronde roule son jean en boule et le jette sans regrets au fond du sac à linge sale.

De longues semaines s'écouleront avant une nouvelle tentative...