carrieJe réfléchissais hier à cette histoire de la vraie vie. Et je continue à penser que la vraie vie, ça craint. Non, c'est vrai, quoi. Si j'étais une héroine de série américaine - je vous arrête tout de suite, je n'ai rien contre la France, même que je fantasme depuis peu sur Jacques Chirac, mais Julie Lescaut, non, je suis navrée, je ne m'identifie pas - genre Carrie Bradshaw, la chroniqueuse de Sex and the City - ben oui, quoi, je vais pas non plus choisir Catherine Chancelor, tant qu'à rêver, autant rêver grand, c'est ma devise - bref, disais-je, si j'étais Carrie, ou une de ses semblables, et bien dans la série dont je serais l'héroïne, je finirais, au fur et à mesure de l'écriture de mon blog, par me transfigurer.

Je m'explique: le fait de sortir de moi toutes ces choses qui étaient jusque là rentrées au plus profond de mes capitons me ferait maigrir, petit à petit. Je me révèlerais alors à moi même, et la vraie Caroline, la bombasse qui se planquait depuis des années à l'intérieur de mon corps exploserait au grand jour. Entre temps, Marc Lavoine serait tombé par hasard sur mon blog et aurait succombé avant même de me rencontrer, tout en luttant contre ce sentiment trop fort pour lui. Je ne vous dis pas sa surprise quand il finirait par comprendre que cette fille à moitié nue s'affichant sur les bus de la capitale et la bloggueuse soit-disant ronde adulée en secret n'étaient qu'une et même personne...

Je ne sais pas encore si la Caroline Bradshaw, de gauche et donc anti-conformiste, abandonnerait son adorable famille pour se vautrer dans la luxure du show-bizz ou finirait plutôt par jeter ce pauvre Marc, comprenant qu'il n'y aurait jamais un autre que "l'homme" dans sa vie. Toujours est-il qu'il serait question de de transformation, d'évolution et de plein d'autres mots en ion qui ne me viennent pas à l'esprit tout de suite.

Sauf... Sauf qu'on est dans la vraie vie.

Et que le conscient de mon corps à moi se fiche comme d'une guigne que mon inconscient se soit livré à une sorte de psychanalyse bloguesque. Et que mon salopard de métabolisme n'a pas du tout l'intention d'oublier qu'il a été génétiquement conçu pour stocker les graisses. Et qu'il se moque pas mal de savoir que ces derniers temps je mange de tout sans complexes parce que j'ai décidé de m'accepter. Tout ce qu'il voit, cet enfoiré de métabolisme, c'est qu'en attendant pour lui c'est Noël. Et je peux vous dire qu'il en profite à fond.

Résultat, dans la vraie vie, j'ai grossi... Et pas l'ombre d'un Marc Lavoine à l'horizon.

Nan, je vous dis, moi. la vraie vie, ça craint.